Frédéric Henri Joseph SION

dit Mait'Sion

Marin, gendarme , sauveteur, maitre nageur
Créateur de la première piscine dunkerquoise

 

Il serait fastidieux d'énumérer tous les sauvetages opérés dans les bassins, dans les canaux par cet intrépide terre-neuve. Il semble que pour tous les infortunés, il est le dieu providence, toujours en éveil pour arracher à la mort tous les imprudents qui s'y précipitent. A n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, qu'il vienne de manger ou qu'il soit à jeun, insoucieux de ses propres instructions cependant si précises à ce sujet Maît'Sion se précipite à l'eau pour en retirer son semblable et toujours il réussit à ramener à l'existence les malheureux pour qui il s'est dévoué.

 

Etat civil

Naissance le 27 février 1801 à Dunkerque

 

Décédé le 11 octobre  1892 à Dunkerque

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Données généalogiques

 

Fils de Henri. marin, et d'Anne Barbe Blanchois.

Mariage 13 avril 1831 à Dunkerque, 59, Nord, FRANCE, avec Marie Françoise EECKE

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Descendance

Joseph et trois autres enfants

  

 

Décorations Récompenses

2 octobre 1830 Chevalier de la Légion d’Honneur

 

 

 

 

 

 

 

1834 Médaille d'or de Suède   par le Roi de Suède et de Norvège

                                                  Médaille à porter avec le ruban de l'Ordre de Wasor  et prime de 600 frs pris sur la caisse particulière du Roi.

                                                  Gratification de 150 francs suite à sa blessure Ministère de la Marine

1840 Médaille d'or - Sauvetage d'un enfant - Ministère de la Marine

1841 Témoignage de sympathie de là Société Générale des naufragés

1844 Témoignage de satisfaction de la Société humaine de Dunkerque

1873  Médaille en argent de seconde classe - Ministère de l'Intérieur

1879  diplôme d'honneur de la Société Centrale des Naufragés,

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Vie professionnelle

 

1825 Marine nationale -  Chef de Hune sur le Frégate Thétis

1833 Libéré des obligations militaire second du lougre le Grand Duquesne, du port de Dieppe.

1834 Témoignage de satisfaction pour le sauvetage de la LOUISA

          Membre de la Société Humaine de Dunkerque

1849 Garde maritime au Petit-FortPhilippe, poste qu'il occupe jusqu'en 18511

1853  Fonde l'école de natation "Carré Sion" qu'il dirige avec une maestria et un dévouement incessants.

Le « Carré Sion » est  installé dans les fossés des fortifications, après la porte de Lille, du côté chemin de fer. L'autori­sation est accordée par le ministre de la Guerre mais le terrain reste propriété de l'État. Seul lieu de natation organisé jusqu'en 1880, le carré Sion est fréquenté par des milliers de Dunkerquois. Frédéric Sion peut se diire avoir enseigné la natation aux trois quarts au moins de la population dunkerquoise.

1881 Il prend  sa retraite à 73 ans

 

 

Actions de sauvetage

 

1826

11 juillet  Sauvetage d'un marin

Embarqué sur la VESTALE Sion sauve un apprenti marin de la Vestale, nommé Despointes qui appartenait au 15e des équipages de ligne, tombé accidentellement à la mer. Sion se précipite du porte haubans dans la mer, y saisit Despointes, le retient sur l'eau et donne à une embarcation le temps de venir les prendre tous les deux.

1833

Octobre Sauvetage de deux marins

Le lougre Grand Duquesne aperçut un trois mâts américain qui se dirigeait à toutes voiles vers la France. M. Potel capitaine, et propriétaire du lougre pense que ce bâtiment étranger arrivait sur lui pour obtenir quelques renseignements . Mais celui ci continua son mouvement. Le Grand Duquesne coula presqu'au même instant, trois hommes furent jetés à la mer où ils disparurent. La chaloupe du lougre flottait la quille en l'air, Sion, que jamais le sang-froid n'abandonna dans les circonstances critiques, se cramponna à la chaloupe, y attacha le capitaine Potel et le mousse Cordier, encore vivants, mais hors d'eux mêmes. Il guida l'embarcation renversée sans d’autres moyens que les inspirations de son courage. Après 7 heures il rencontra le bateau de pêche n° 75 de Boulogne qui le reçut et conduisit à terre Sion et les deux autres naufragés qui furent ainsi redevables de la vie à sa présence d'esprit dans le danger.

1834

29 janvier   Sauvetage du brick suédois LOUISA

1840

 3 mars      Sauvetage d'un enfant

Un enfant de 5 ans, nommé Benjamin Huret, tomba dans le port où, il y avait deux mêtres d'eau, encore, distants de quatre mètres du bord du quai. La foule spectatrice de l'accident délibérait sur les moyens de porter secours. Sion s'approche, et, sans, hésitations, se ijette tout habillé dans le port, saisit avec ses dents les habits de l'enfant, puis s'attache aux cordes qui lui sont tendues d'en haut et remonte en s'en aidant jusque sur le quai où il dépose le jeune Huret qu'il vient d'arracher à la mort.

 

21 Avril      Sauvetage d'un enfant

Se promenant sur ce même quai du port de Dunkerque, théâtre de sa belle action récente, Sion, avant toute autre personne, s'aperçoit qu'un jeune garçon d'environ douze ans, d'un canot qu'il  dirigeait avec maladresse, est précipité dans le canal la marée était haute. Il franchit aussitôt, deux navires, puis deux bélandres et de la dernière s'élance, encore tout habillé, dans l'eau. Il parvient à retirer le jeune garçon qui allait se noyer et il est recueilli avec lui dans un bateau qui les remet tous deux à terre. L'enfant, fils d'un batelier nommé Grenu est reporté sain et sauf à son père qui apprend à la fois le danger où s'est trouvé son fils et le nom de celui qui l'en a retiré. Cette fois, Sion a eu les téguments de la jambe gauche déchirés par une patte d'ancre qu'il avait violemment heurtée sur le pont d'une des deux bélandres qu'il avait franchies avec précipitation.

1841

 21 Août     Sauvetage de  deux enfants

2 enfants de dix à douze ans d'un batelier de St-Orner, nommé Grave, étaient tombés accidentellement dans le bassin de la Marine, Sion se jeta à l'eau pour les sauver. Il y parvint mais non sans courir lui-même un grand danger, devant son propre salut  à la corde qui lui fut jetée du quai pour se soutenir à la surface de l'eau.

1843

25 Décembre Sauvetage d'un enfant

Il se précipite encore dans le port de Dunkerque, au risque de périr lui même par cette immersion dans une eau glacée, pour en retirer un enfant de dix ans, nommé Dejonghe donf il a saisi le gilet avec les dents au fond du port et qu'il a encore ramené sur le quai.

 

Article paru dans la Dunkerquoise le  22 décembre

Quatre heures et demie de l'après-midi, le jeune Dejonghe, âgé  de 9 ans, tombe dans le port, près du nouveau quai. Aucune des personnes  présentes n'allant au secours de cet enfant, il était sur Ie point de périr. Heureusement Ie sieur Sion, gendarme de la marine, se trouve au corps-de-garde du port. Prévenu du danger qui menace le jeune Dejonghe, ce brave militaire accourt sur les lieux, et se débarrassant seulement de son sabre, se précipite dans le port, plonge pour retrouver l’enfant, parvient à le saisir avec les dents par Ie collet de son gilet, lui maintient dans cet état la tête hors de I 'eau, et facilite aux spectateurs les moyens de l'en retirer. On n'a point oublié que le gendarme Sion, déjà connu par sa bravoure, et comme ayant planté le premier le pavillon français sur le sol algérien, s’est distingué dans une foule de circonstances par des traits de dévouement et d'humanité. Celui que nous venons de citer est le quatorzième de ceux qui l'honorent. La croix d'honneur dont il est décoré est bien le prix de sa bravoure comme marin de l'Etat ; mais l'intrépidité avec laquelle cet homme a accompli tant d'actes d'humanité no mérite-t-elle pas une récompense particulière et qui puisse se mesurer à l'étendue des services qu’il a rendu sous ce rapport. 

Nous croyons que c’est le cas pour l'administration municipale de notre ville de se faire remettre un état de sous les actes de dévouement qui distinguent si éminemment le brave Sion, et de le recommander vivement pour qu'il obtienne un des prix Monthyon. Une si belle vie donne droit à une telle récompense 

1851

Sauvetage d'une jeune fille  voulant se suicider dans le chenal de Gravelines

 

 

 

Sources

BNF Gallica Mémoires de la Société Dunkerquoise M AIT' SION par le Docteur a. DURIAU

DICTIONNAIRE BIBIOGRAPHIQUE DUNKERQUOIS Michel Tomasek Editeur SDHA

Le Nord Maritime du 2 juillet 1925

 

 


 

Frédéric Sion

Il vient de mourir à Dunkerque à l'âge respectable de 85 ans ,un vétéran de la marine française, nommé Frédéric Sion qui faisant partie de l'équipage du navire de guerre Thétis» planta le 11 juin 1830, le premier drapeau français sur le sol algérien.

Cet homme de mer mérite une mention dans le temple des célébrités des conquérants français sur la barbare et pirate régence d'Alger. Au moins son nom sera transmis à la postérité et dans ceci il est plus fortuné que le porte-étendard de Constantin le Grand qui portait le sacré labarum et qui, la nuit avant la victoire finale de Constantin sur Ancinius, planta son étendard en une certaine place et s'obstina à ne pas le mouvoir, répétant d'une façon bourrue: «ici nous avons meilleure demeure».

L'affirmation a traversé les âges, mais le nom du porte-drapeau a sombré dans l'oubli.

En qualité de chef de la grande hune sur la frégate la Thétis qui faisait partie de l'expédition d'Alger. Le 14 Juin, quand l'Amiral Duperré ordonna le débarquement de l'armée française sur des côtes d'Afrique sous le feu des batteries ennemies couronnant les hauteurs voisines et commandant la plage, Sion n'écoutant que sa bravoure, sauta à terre un des premiers, et s'élança dans le fort de Sidi-el-Ferruch, et arbora le pavillon de France ; l'Amiral Duperré ôta de sa propre poitrine la croix de la Légion d'honneur et l'attacha à celle de Sion. Le brevet qui ratifiait l'action de l'amiral fut délivré à Sion, le 14 octobre suivant, Sion porte encore aujourd'hui la croix toute froissée, toute bossuée de M. Duperré. La croix neuve expédiée de la Grande Chancellerie de la Légion d'Honneur est restée dans son armoire

Médaille d'Or de Suède