-Amélie Barenne épouse Bayart-

Marchande d’indienne

Sauveteuse
Membre de la Société Humaine

 

Etat civil

Naissance                    2 mai 1790 à Valencienne

Mariage avec Paul Dominique Joseph Bayart à Lille

Décès                          26 décembre 1862 à Dunkerque (Attaque d'apoplexie)

 

 

 

 

Dès les premiers temps de son arrivée dans notre ville, Madame Bayart préluda aux premiers actes de son dévouement pour les malades et de sa charité pour les pauvres ; bientôt ce sentiment devint une véritable passion.

 

Cette dame fit preuve d'un dévouement sans bornes vis-à-vis des pestiférés, et rendit des services éminents à une foule de personnes. Elle n'hésitait même pas à s'imposer des sacrifices personnels pour procurer aux malades les adoucissements que réclamait leur position malheureuse.

 

Madame Bayart s'empressa de souscrire avec son mari à la Société Humaine que M. Jean-Joseph Carlier fonda avec M. Benjamin Morel, à Dunkerque à la fin de 1833 et cei fut définitivement établi le 15 janvier suivant.

 

Elle témoigna du désir que le Comité acceptât ses services en toute circonstance de naufrages et de soins à donner aux asphyxiés.

 

L'on se souvint longtemps à Dunkerque de Madame Bayart, avec ses trois médailles suspendues à la poitrine, postée sur le seuil de son magasin (Place Jean-Bart, 29 et 31), ou s'acheminant d'un pas magistral, à l'aide de sa canne sur le flegard  de la place Jean-Bart et dans les rues de la ville.

 

 

Décorations

1834

2 juillet

Médaille d'or du conseil municipal de Dunkerque. Approuvée par le roi, cette médaille portait ces mots  "Courage civil. Choléra 1832. La ville de Dunkerque à la Dame Amélie Barenne, femme Bayart"

1837

21 décembre

Le secrétaire d'Etat lui décerna, par ordre du Roi, une médaille d'honneur en argent « afin de perpétuer dans sa famille et au milieu de ses concitoyens le souvenir de son honorable et courageuse conduite. »

1855

15 avril

M. Guérin de Tencin, président des Sauveteurs, remettait à la chevalière Bayart une médaille d'honneur par ordre de l'Empereur et de l'Impératrice.

Une vie au service des autres

Dès les premiers temps de son arrivée dans notre ville, Madame Bayart préluda aux premiers actes de son dévouement pour les malades et de sa charité pour les pauvres ; bientôt ce sentiment devint une véritable passion.

                                                                                                 1832

Mois de mai 1832, le choléra fait son apparition à Dunkerque.  Madame Bayart ne recula pas devant le péril. Elle s'offrit à toutes les familles qui pouvaient avoir besoin de ses services. Sa voix fut entendue et partout on l'accueillit comme une Providence. On la vit forte et courageuse, volant sans hésitation et sans partager la crainte générale, au secours de ceux atteints par le fléau, provoquant l'appel des gens de l'art, surveillant l'administration des remèdes qu'ils prescrivaient et secondant leurs soins. Elle eut le bonheur de sauver la vie de plusieurs cholériques et surtout d'indigents sans être rebutée par leur état et par celui de leurs réduits pestilentiels et nauséabonds, les assistant de sa bourse et cela pendant plus de deux mois.

1833

Madame Bayart s'empressa de souscrire avec son mari à la Société Humaine que M. Jean-Joseph Carlier fonda avec M. Benjamin Morel, à Dunkerque à la fin de 1833 et qui fut définitivement établie le 15 janvier suivant. Elle témoigna le désir que le Comité acceptât ses services en toute circonstance de naufrage et de soins à donner aux asphyxiés. Une copie de la délibération du Comité du 2 novembre 1834, se félicitant de sa participation et de son exemple, lui fut remise sous forme de tableau.

                                                                                                   1840

Cette dame fit preuve d'un dévouement sans bornes vis-à-vis des pestiférés, et rendit des services éminents à une foule de personnes. Elle n'hésitait même pas à s'imposer des sacrifices personnels pour procurer aux malades les adoucissements que réclamait leur position malheureuse.

  1854

la Société des Sauveteurs l'admit au nombre de ses membres. Le 12 avril suivant, elle se rendit à la séance solennelle de la Société à l'Hôtel de Ville à Paris et là, en présence d'une foule compacte de la haute société parisienne, un officier supérieur, M. Vermeil, qu'elle avait connu à Dunkerque 23 ans auparavant, lui demanda la permission de l'embrasser.

 

Données généalogiques

Mariage avec Paul Dominique Joseph Bayart à Lille

Extrait du petit journal du 19 juin 1865

 

Que MM. Léo Lespès et J. Cohen, veuillent bien prendre la peine de s'adresser à Dunkerque ( Nord ) à M Victor Derode père, et ils auront la bonne fortune de pouvoir apprendre, avec détails, à leurs lecteurs, toujours avides de découvrir les gloires ignorées, que ce n'est pas la première fois que la croix de la Légion d'Honneur a été accordée à une femme dans l'ordre civil.

 

II y a une dizaine d'années, à Dunkerque, la chevalière Bayard tenait un magasin de rouennerie à l'un des angles de la place Jean Bart.

 

Ce n'était pas sur le champ de bataille que Mme veuve Bayard avait conquis sa croix.

 

Notre héroïne, qui n'avait de la sœur de charité que l'habit en moins et les nécessités de la famille en plus, avait vaillamment exposé ses jours par les soins assidus et désintéressés qu'elle apporta aux cholériques. Courage civil qui vaut bien le courage militaire, s'il ne le surpasse point.

 

Aussi n'était-ce pas sans une émotion profonde, sans une sorte d'extase que, tout enfant, je voyais la chevalière Bayard se rendant au Te Deûm, les jours de grandes fêtes nationales, et prendre sa place réservée dans la nef de Saint-Eloi, au milieu des autorités civiles et militaires.

 

Elle était obèse tenait de la main gauche une canne, plutôt pour guider sa jambe un peu traînante que pour s'y appuyer car elle marchait très droite et le front haut ; il semblait que l'âge n'avait osé courber cette poitrine sur laquelle brillait l'étoile de l'honneur au milieu de médailles acquises au même titre.

 

Si j'étais sur les lieux, je me ferais un plaisir d'envoyer à Timothée Trimm tous les documents, avec dates précises, relatifs à l'héroïne dunkerquoise trop heureux de rendre, devant la France entière qui lit le Petit Journal un pieux hommage à cette gloire modeste qui est allée aujourd'hui dans le repos de la tombe en rejoindre de plus éclatantes.

 

NAPOLÉON CORNU,

Ex-rédacteur du Pilote dunkerquois.

 

Sources

Etat civil Archives départementales du Nord

Le Petit Journal du 19 juin 1865 **

BNF Gallica Société centrale de sauvetage des naufragés 1866 – 1939

Etat civil Archives départementales du Nord Acte 901- 1862

Le Petit Journal du 19 juin 1865 **

 

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