-Les lamaneurs et le sauvetage

 

 

 

Le lamanage est sans doute une des professions les moins connues des métiers de la mer.

Actuellement réunis en coopérative, ces marins en charge des mouvements de bateaux dans le port sont bien souvent les descendants de ceux qui affrontaient les vagues et le vent pour aller secourir leur prochain. Ils s’appellent Bossu, Taylor, Elleboode (par cousinage direct) etc...

 

Les lamaneurs au 19e siècle

 

Le nom LAMANEUR vient du vieux français LAMAN, lui-même issu du néerlandais LOOTSMAN, signifiant « l’homme de la sonde ».
A l’origine, c’était un marin local expérimenté qui montait à bord des navires pour les guider lors de leur entrée dans le port ; pour ce faire, il s’aidait d’une « sonde » pour déterminer les hauteurs d’eau sous le navire. Par la suite le métier a évolué vers l’assistance à l’amarrage des navires.

Au XVIIe siècle les lamaneurs et pilotes sont réunis dans une entité commune "les pilotes lamaneurs".

Toutefois chacun avait en charge des interventions différentes.

Les lamaneurs  étaient là pour aider aux manœuvres  de ces bâtiments (prise de remorque, amarrage etc.), voire récupérer des passagers à bord de navires ayant un trop fort tirant d'eau pour les amener à quai.

Le patron lamaneur était propriétaire de son canot et devait, afin de pouvoir opérer en qualité de canot lamaneur, avoir 3 autres lamaneurs avec lui.

Les canots lamaneurs partaient en « Drogue » (ou Drague?) pour trouver affaire avec des bateaux entrant au port.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est arrivé que des lamaneurs outrepassent leurs droits et tentent de rentrer un bateau en jouant au pilote mais cette pratique était sévèrement punie si elle était découverte.

Ces métiers n'étaient pas sans risques et il n'est pas une décennie sans que des lamaneurs n'aient payé un lourd tribut au service des bâtiments en perdition ou simplement pendant les manœuvres d'accostage à  quai.

Si on s’intéresse à la période 1850 1900,  et aux lamaneurs ayant eu un accident de navigation en position de lamanage, on trouve 12 décès et 8 sauvés.

Ces derniers sont bien souvent sauvés par leurs collègues.

Ainsi en 1896 le canot lamaneur CONFIANCE DE DIEU

dont le patron est Jules Vanhille heurte une épave et coule.

Un des lamaneurs, Joseph Petit ne sait pas nager.

Ses compagnons se relayeront en le prenant sur leur dos et arriveront tous exténués, mais sains et saufs, sur la plage face au casino.

Ce sauvetage est décliné ici

De nombreux lamaneurs étaient présents dans les équipages des canots de sauvetage dont certains étaient patrons ou sous-patrons du canot de sauvetage.

Dans les sauveteurs en plus des personnes précitées, je trouve 14 autres lamaneurs qui ont participé à des opérations de sauvetages.

Il y en a sûrement d’autres mais je n’ai, pour le moment, pas d’éléments pour connaître la qualité de toutes les personnes volontaires qui faisaient partie des armements des canots.

Les noms ci-dessous sont issus de la base de données sur la période 1850-1900 (à l‘exception de Louis Bossu)

Ont opéré en qualité de patron ou sous-patron du canot de sauvetage

Joseph Taylor  -    Arsène Bossu   - Emile Rees   et plus tard Louis Bossu

 

 

 

 

 

 

Ont participé à l’armement des canots de sauvetage :

Bouflot - Carette Gustave - Dessingué Louis François - Hanicotte Benoit Auguste - Sagard Léon Jules - Vanhille Jules (2) - Bailly Jean - Robert - Houvenaeghel Joseph - Dejonghe Joseph Frédéric - Couvreur - Richard - Pitou

Ont été sauvés suite à une fortune de mer en qualité de lamaneurs

Henri Bossut- Louis François Dessingué - Dumont - Eggerick - Joseph Petit - Pylouser- Warmes- Pierre Eggrickx

Ont péri en mer suite à une fortune de mer en qualité de lamaneurs

Charles Acarie- François Bossut - Gustave Carette- Debril - Nicolas Decanter - Victor Dewulfe - Jean Baptiste Houvenaghel - Léon Jules Sagard-Trouchaud - Benjamin Gasseux- Louis Bourgain - Eugène Lelostec-

 

 

 

 

 

 

 

 

Je ne peux conclure ce billet sans rappeler  qu’en 1992, mon cousin René Elleboode était victime d’une erreur de la chaîne de commandement du navire dont il s’occupait de l’amarrage, créant une rupture d’aussière qu'il reçu de plein fouet (Vitesse environ 200Km/h) ..Quelques années plus tard son neveu Gérald Elleboode, également lamaneur, au volant d’un véhicule de service tombait à l’eau et était retiré noyé .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En savoir plus sur le lamanage d'aujourd'hui : Visitez leur site 

 

Sources :

BNF Gallica Société centrale de sauvetage des naufragés   et sources diverses

Archives photographiques Famille Elleboode

 

 

 

 

 

Les canots lamaneurs à coté du canot de sauvetage

bachés à l'écluse dite de la Belle Inutile

gallery/lamaneur long
gallery/canot
gallery/lamaneur rené gérald

En hommage à René et  Gérald un canot a été baptisé à leur noms

Crédit photographique site du lamanage de Dunkerque 

Canot lamaneur N°4 Fin XIXe

Arsène Bossu
gallery/jiseph
gallery/jiseph
gallery/rees emile
gallery/louis
gallery/gerald

Gérald  1968 

René Elleboode

René 1939 -1992 

gallery/confiancez de dieu