La société humaine de Dunkerque

 

Les statuts sont déposés le 15 juillet 1834 par Charles Carlier (Négociant ou courtier maritime) et Benjamin Morel (1781 ) Député Chevalier de la Légion d’honneur.

 

Marqués par le naufrage du  trois-mâts anglais QUEEN ELIZABETH en 1810 ils décident de s'inspirer de la société humaine,existant à Boulogne-sur-Mer depuis 1825. (Voir  statuts de la société humaine )

 

5 avril 1834

 

Alphonse de Lamartine alors député du Nord, répond à Benjamin Morel,

et accepte de souscrire financièrement à la SH et d‘en devenir membre honoraire

 

 

La société est autorisée  par décrêt impérial le 16 mai 1834 elle a pour objet :

 

« Secourir les noyés et les naufragés dans le rayon le plus étendu que le permettaient les ressources de la société »

 

Les sociétaires donnent des cours de natation et assurent la protection des baigneurs des bains de mer. Ils recherchent et enseignent les nouvelles techniques de sauvetage pour les mettre en œuvre

 

Etaient membres de cette société toutes les personnes souscrivant pour une somme de 5 Francs au moins pendant trois ans.

Soutenue par la municipalité, la Chambre de commerce et le service du pilotage, cette nouvelle institution ouvre bientôt deux postes de secours : l’un à l’Est du port près de l’Estran et l’autre à l’Ouest, près du bassin de chasse.

 

Idéalement situé, le premier se voit confier l’unique canot de sauvetage alors disponible sur le littoral dunkerquois. Équipée de deux voiles bordant six avirons, cette embarcation de 9 mètres est également dotée de caissons à air d’insubmersibilité lui permettant de se redresser après un chavirage.

 

Conduite à la mer à l’aide d’un chariot, elle effectue sa première sortie le 29 novembre 1836. Commandée par le patron Caron, elle se porte au secours du voilier la « JEUNE MARIE CHARLOTTE » échoué à l’Est du port. Bravant tous les dangers et n’écoutant que leur courage, les sauveteurs parviennent à récupérer 22 des 23 membres d’équipage. Un joli succès qui sera malheureusement endeuillé par la disparition d’un des sauveteurs.

 

7 mai 1835

Le maire de la ville demande au ministre de la marine et des colonies de mettre à disposition de la SH un des bateaux de sauvetage construit par le gouvernement à Cherbourg. La demande est acceptée

 

10 Mars  1842


Dans sa séance dernière, la Société humaine de Dunkerque a décerné à Jean-Baptiste-François Bense, de Calais, âgé de  douze ans, une médaille en argent de grand modèle, en récompense du bel acte de dévouement par lequel cet enfant s'est distingué le 18 avril 1841, en sauvant, dans le bassin de la Marine, un autre enfant de 8 ans, de cette ville. Le jeune Maes, jouant dans le canot d'un navire commandé par le capitaine Bense, tomba dans le bassin. Aussitôt le fils de ce capitaine, malgré la température encore froide, se précipita, tout habillé, plongea et ramena sur l'eau le petit malheureux qui se noyait. Bense nagea vers son embarcation, mais celle-ci était trop haute de bordée pour qu'il pût mettre la main sur le plat-bord sans laisser échapper sou précieux fardeau. Bientôt il sent ses  forces s'épuiser par l'inutilité de ses efforts, et sa position devenait tellement critique, que tout autre à sa place eût cherché à se sauver d'abord, en abandonnant celui qu'il peut à peine soutenir; mais Bense, doué d'une énergie au-dessus de son âge, veut sauver l'enfant ou périr ou avec lui. Réunissant ses forces et redoublant d'efforts, il nage d'un bras, tenant toujours de l'autre Maes évanoui, et cherche à gagner une prochaine échelle. Ce fut alors que l'on put leur venir en aide et sauver l'un et l'autre

 

1869

La Société Humaine de Dunkerque s'est adressée à la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés et a réclamé son concours pour l'aider à organiser sur de nouvelles bases le service du sauvetage, qui jusqu'ici a laissé beaucoup à désirer. Il n'existe à Dunkerque qu'un bateau de sauvetage ancien, dépourvu des propriétés les plus essentielles et des moyens propres à assurer son fonctionnement. La première chose à faire sera de doter cette station d'un canot de sauvetage, le Comité se propose de donner cette affectation au canot primitivement destiné à L'Herbaudière. Le  Comité arrête que la demande d'annexion de la Société humaine de Dunkerque à la Société centrale de sauvetage est accueillie en principe, sous réserve de règlement ultérieur des conditions dans lesquelles cette annexion s'effectuera.

 

1870

La SCSN adresse un courrier à la Société Humaine dans laquelle elle accepte de l'intégrer au sein de son organisation. Un inspecteur envoyé sur place fait un état des lieux qui engagera des travaux qui seront financés par la SCSN (Maison  abri à l'Estran, rampe de lancement du canot...) 

 

30 novembre 1874

La station de Dunkerque a été annexée à la Société centrale en mettant à sa disposition son matériel et la somme de 14,000 francs, qu'elle avait en réserve. Son Comité a adhéré avec empressement au désir exprimé par Marc Dessurne président de la Société, et Plocq, ingénieur en chef des ponts et chaussées, son secrétaire..

L'associaiton est dissoute.

27 février 1875

Le titre de Bienfaiteur de la SCSN est attribué à la Société Humaine

Anecdote : Quand Benjamin Morel remettait une médaille à un matelot il l'embrassait, l'emmenait diner chez lui et l'invitait au théâtre. 

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Décret

impérial

Listes des

membres

Alphonse de Lamartine

sources :

La presse du 17 mars 1842

BNF Gallica Oeuvres Dunkerquoise

BNF Gallica Lamartine et la Flandre par Henri Cochin (1854 - 1926)

Archives de Dunkerque Centre de la Mémoire Urbaine