6e jour de l'opération  DYNAMO

Sauvetage du SCOTIA  par le ESK et autres navires

  1500 personnes sauvées?

 

 

Après avoir réparé ses avaries à Margate, causées le 29 mai par l'artillerie côtière allemande, et refait le plein de charbon, le paquebot SCOTIA repart vers Dunkerque, où il charge 2 000 soldats français au môle ouest. Il repart par la route Z, la plus courte, et atteint le bouée n° 6, lorsqu'il est attaqué, au large de Calais, par une douzaine d'avions allemands. Sérieusement endommagé à l'arrière, il coule par la poupe.  Le commandant Couch, qui commande le destroyer britannique ESK  capte le S.O.S. et, se trouvant dans les parages, arrive à toute vitesse à la rescousse et commence à recueillir des naufragés. Le "Scotia" n'a plus désormais que la cheminée et le mât qui dépassent de l'eau. Deux bombardiers allemands attaquent et mitraillent les naufragés et larguent des bombes. Le destroyer répond avec son artillerie et manœuvre habilement son navire autour du "Scotia" pour recueillir des rescapés avec l'aide de plusieurs chalutiers. Au final, vingt-huit hommes d'équipage sont portés disparus et deux autres décèderont de leurs blessures. Près de trois cents soldats français vont perdrent la vie au cours du naufrage.

 

 

*journée  1er Juin 1940

*Sauvetage du SCOTIA, HAVANT, BRIGHTON QUEEN et KEITH

2020 personnes sauvées*

 

Cette page relate des sauvetages de personnes réalisés dans le cadre de la bataille de Dunkerque.
Ces sauvetages appartiennent à l'histoire du dunkerquois mais restent en dehors du champ de l'étude ils ne sont pas comptabilisés comme tels..

Merci au site DK épaves dont est tiré l'essentiel des pages sur la bataille de Dunkerque

gallery/epaves

 Sauvetage du  HAVANT par le SALTASH et le NARCISSA

  120 personnes sauvées

A 09 h 06, le destroyer britannique HAVANT (L.V. Anthony Frank Burnell-Nugent, R.N., D.S.C.8 ) est touché par la Luftwaffe au large de Dunkerque, alors qu'il vient de transférer les soldats embarqués sur le destroyer IVANHOE, endommagé par deux bombes. Les bombes explosent dans la salle des machines et une tombe juste devant le navire. Il chavire et coule à 10 h 15 mais ne compte que huit tués et vingt blessés, les rescapés étant secourus par le dragueur de mines britannique SALTASH (L.V. T. R. Fowke, R.N.) et le vapeur de plaisance britannique NARCISSA

Sauvetage du BRIGHTON QUEEN  par le SALTASH

400  personnes sauvées

Après avoir effectué un voyage entre Bray-Dunes et Margate, le bateau à aubes britannique BRIGHTON QUEEN(E.V.1 A. Stubbs, R.N.R.), est attaqué, en compagnie du SCOTIA , par l'aviation allemande, à proximité du banc de sable Dyck.

Le dragueur de mines Britannique Saltash accoste le BRIGHTON QUEEN (E.V.1 A. Stubbs, R.N.R.) afin de récupérer les rescapés qui s'agrippent au mât. Pour la plupart Français, trois cent cinquante sont recueillis et le FALTASH (L.V. T. R. Fowke, R.N.) retourne à Margate malgré le mitraillage des hommes à la mer et les attaques aériennes.

Cinquante hommes vont encore être repêchés mais trois cent cinquante vont trouver la mort.

 Sauvetage du KEITH  par Drageur de mine 

Personnes sauvées

Commandé par le Capitaine Berthon alors qu'il se trouve devant Bray-Dunes, il est attaqué par trois Stukas. L'attaque a lieu à 8 heures. Touché par trois fois, le gouvernail coincé, il tourne en rond.

Le remorqueur ST ABBS lui porte secours à 8 heures 40. Quatre nouvelles attaques touchent plus gravement le KEITH et il coule à 9 h 15.

Les dragueurs de mines SALAMANDER  et  SKIPJACK viennent également au secours des rescapés. Le SKIPJACK fut coulé avant d'arriver sur les lieux. Il y eut 136 morts.

Le commandant du "Scotia", William Henry Hugues raconte :
Mon équipage a brillamment fait face à ses devoirs et a apporté le maximum d'assistance possible durant cette pénible épreuve. Mes trois officiers ont travaillé magnifiquement :
- le premier officier, E. R. Pritchard, dans sa prise en mains des troupes afin d'éviter la panique,
- le deuxième officier Campbell et le troisième officier Cowley ont travaillé énergiquement pour effectuer la mise à l'eau des canots,
- les quatre ingénieurs qui ont effectué un travail considérable dans la relation avec les canots et les radeaux,
- les deux opérateurs radio, J. Seed et G. Jones, qui sont restés présents à leurs postes pour adresser les messages de détresse, et détruire les documents confidentiels,
-les quatre quartiers-maîtres William, Jones (qui sera tué ultérieurement), Taylor et Rowlands, qui méritent les plus vifs éloges.
Je voudrais donner une mention particulière à W. Williams, pour son excellent travail avec les bateaux, les exceptionnels marins Riddel et Lewis ainsi que le steward Taylor.
Enfin, un grand merci au pilote, R. W. Roberts de Douvres, pour son aide enthousiaste lors de l'arrivée des rescapés et sa grande assistance.

gallery/scotia_4

Sources

Site Dunkerque Epaves

Crédit photo Dunkerque épaves

Données Llyods Ltd

 

 

Destroyer HAVANT
Mise en service 1939
 1 930 t

Longueur: 98.45m, largeur: 10.06m,
tirant d'eau: 4.04 m 
Vitesse 35 n

Equipage 145 hommes

gallery/havant1

Destroyer KEITH
Mise en service
1931
 1 990 t 
Longueur: 98.45m, largeur: 9.83m
tirant d'eau: 3.73m
Vitesse 35 noeuds
Equipage 171 hommes

gallery/keith

Le commandant du "Scotia", William Henry Hugues raconte :
Mon équipage a brillamment fait face à ses devoirs et à apporter le maximum d'assistance possible durant cette pénible épreuve. Mes trois officiers ont travaillé magnifiquement :
- le premier officier, E. R. Pritchard, dans sa prise en mains des troupes afin d'éviter la panique,
- le deuxième officier Campbell et le troisième officier Cowley ont travaillé énergiquement pour effectuer la mise à l'eau des canots,
- les quatre ingénieurs qui ont effectué un travail considérable dans la relation avec les canots et les radeaux,
- les deux opérateurs radio, J. Seed et G. Jones, qui sont restés présents à leurs postes pour adresser les messages de détresse, et détruire les documents confidentiels,
-les quatre quartiers-maîtres William, Jones (qui sera tué ultérieurement), Taylor et Rowlands, qui méritent les plus vifs éloges.
Je voudrais donner une mention particulière à W. Williams, pour son excellent travail avec les bateaux, les exceptionnels marins Riddel et Lewis ainsi que le steward Taylor.
Enfin, un grand merci au pilote, R. W. Roberts de Douvres, pour son aide enthousiaste lors de l'arrivée des rescapés et sa grande assistance.

Francis Bertaux, Soldat du train conducteur agé de 33 ans écrit à son épouse le 5 juin 1940 
Comme je t’écris je suis encore « fou et abruti, ni plus ni moins qu’un sauvage »…… retiens que je sors du fameux épisode de Dunkerque, cette armée du Nord, pendant 15 jours j’ai reçu bombes, obus et balles de mitrailleuses, impossible de sortir de cet enfer de feu, de sang et de morts. J’ai réussi enfin à attraper un bateau anglais sous une pluie d’acier et je suis parti sur la mer. Je me croyais sauvé, hélas en pleine mer, des avions boches sont venus couler le bateau, c’est là que j’ai vu le plus terrible des spectacles. En un rien de temps, le navire a sombré, je voyais tous mes camarades se noyer, je me cramponnais toujours au bateau qui se penchait petit à petit, j’ai dis mes prières à la Sainte Vierge et fait mon acte de contrition. J’ai crié « Adieu ma L… et mon petit P… » Le bateau se penchait toujours et je fus précipité à la mer. Dieu a voulu que j’en sorte et je fus recueilli par un bateau de guerre anglais et j’ai même encore sauvé trois de mes copains. Puis ce bateau m’a emmené en Angleterre. Voilà 5 jours que je voyage, je suis réduit mais n’ai pas la moindre égratignure….. Je suis ici « nu comme un rat » j’ai juste une culotte, un chandail, des pantoufles que les anglais m’ont donnés et c’est tout. Plus de linge ni de rasoir, rien, rien tout est à l’eau.

Plus tard, celui qui sera aussi résistant, racontera à sa petite fille  (mémoire orale) 

Il m'a juste dit qu'il avait failli mourir, comme il ne savait pas nager, il s'est agrippé à un bout de bois et y serait resté pendant 4 heures, le temps d'être repêché. il a dit avoir attrapé 3 copains pour les sauver parce que, quand le haut de la cheminée du bateau est entré dans l'eau, il a vu des dizaines de camarades y être aspirés et hurler "au secours" puis se noyer.

 

Ce document a failli être perdu à jamais si sa petite fille n'avait eu la bonne idée de fouiller intégralement la maison familiale  avant qu' elle ne soit revendue. 

 

gallery/Scotia berteaux
gallery/Croix_du_combattant_de_la_resistance_FRANCE
gallery/Croix_de_Guerre_39_45 (1)
gallery/marine dunerque