CLERMONT TONNERRE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Constructeur  Atelier Ferrut and Son -Londres

​Commandé en 1866

 

Type  Canot en bois à redressement,  sans caisses à air (ajoutée par la suite) 10 avirons

 

Dimensions Longueur 9.78 m - Largeur 2,20 m - 1.20m de creux

 

Commandé le 1966

 

Baptême  n c

 

Installation 1866

 

Fin de service 1906

Dans les nombreux sauvetages qu'il a opérés, il a éprouvé deux avaries graves.La première a exigé son transport dans les chantiers de M. Normand.Un de ses ouvriers, envoyé du Havre, a pu réparer la seconde sur place.

Le chariot sort aussi des ateliers de MM Ferrut and son. L'avant train avait été modifié dans les ateliers des messageries nationales, conformément au modèle tricycle adopté dans la plupart de nos stations. Mais la nécessité où on peut se trouver de conduire le canot à travers des plages sablonneuses pour être lancé près d'un navire échoué, a fait reprendre l'avant-train à deux roues.

Remplacé par le SAINTE SOPHIE

Sources :  

BNF Gallica Société centrale de sauvetage des naufragés 1866 – 1939

 

 

Bénédiction du canot de sauvetage de Gravelines. 14 avril 1867

La plupart des équipages de nos canots vont au-devant des intentions du Comité central, en lui demandant l'autorisation de faire bénir leur canot. Une cérémonie de cette nature a eu lieu au Grand-Fort-Philippe (Gravelines) le dimanche 14 avril.

Tout le pays était en fête; on se souvenait encore du triple sauvetage opéré, le 17 janvier, par ce même canot qu'il s'agissait de bénir. Les marins, les pêcheurs de la localité et des environs s'étaient réunis dans l'église. A trois heures de l'après-midi, le cortège en sortit processionnellement. En tête marchaient les patrons des bateaux de pêche, portant des bannières où étaient inscrits les numéros de leurs bateaux ; puis venait un groupe de jeunes filles vêtues de blanc, chantant des cantiques ; puis le conseil municipal de Gravelines et le comité local de la Société centrale de sauvetage des naufragés, précédé de M. Leroy-Angois, son président, maire de Gravelines. Le digne curé du Grand-Fort-Philippe, dont les prodiges de charité dans la cruelle épidémie qui a récemment frappé ce pays sont encore présents à tous les souvenirs, fermait la marche. La haie était formée par des marins de la localité portant leur tenue de service, mélange de laisser-aller et de crânerie qui leur sied si bien.

Le bateau de sauvetage, tout pavoisé, avait été traîné sur son chariot au bord de la mer; son vaillant équipage le montait. Le patron Leprêtre tenait la barre; chaque homme avait son aviron armé, comme au moment du lancement.

Le cortège s'avançait lentement; le ciel, couvert toute la matinée, présentait depuis quelques heures tous les symptômes d'une tempête prochaine. La tempête éclata dans toute sa fureur au moment où le prêtre montait dans l'embarcation pour la bénir. Ces intrépides sauveteurs, le front découvert, étaient courbés sous les rafales de vent; à travers les mugissements de la mer et de la tempête, on entendait par intervalles les voix appelant la bénédiction de Dieu sur cette arche de salut; à quelques pas, la mer roulait sur la plage d'énormes vagues toutes blanches d'écume. Tout cela formait un spectacle grandiose, et produisait dans l’âme des assistants une émotion indicible.

La prière terminée, le maire adressa à l'équipage quelques paroles de félicitation, en lui remettant.la médaille d'honneur décernée par la Société centrale :

« Monsieur le maire et messieurs du comité, s'écria le patron, je remercie au nom de tous les marins S. Excellence M. l'amiral Rigault de Genouilly, président de la Société centrale de sauvetage des naufragés, et vous aussi, messieurs, pour la confiance que vous avez eue en nous choisissant comme sauveteurs. Nous voulons vous assurer de nouveau que toutes les fois qu'il y aura lieu à un acte de dévouement, nous saurons nous montrer dignes de cette confiance et accomplir notre devoir. Cette médaille qui est donnée au canot de sauvetage restera dans la maison-abri comme souvenir de notre campagne du 17 janvier; elle servira d'exemple à nos enfants et à nos successeurs; Vive l'Empereur! vive l'Impératrice! vive le Prince Impérial! Et hurrah! hurrah! » Tout l'équipage répéta ce cri, le canot en trembla sur son chariot, et un immense hurrah répondit de la plage.

Les autres médailles d'honneur décernées par la Société centrale furent ensuite remises aux titulaires, puis le cortège regagna l'église dans l'ordre où il était venu, et une prière d'actions de grâce termina cette émouvante cérémonie, dont les souvenirs resteront longtemps gravés dans tous les cœurs.