Durée de la sortie

2H15

gallery/horloge
Prix Henri Durand

Prix Henri Durand  de 600 francs

chacun pour le sauvetage de l'AUGUSTA

Arsène Jules Bossu - Jules Michel  Charlemain

Joseph Alexandre Taylor 

Le comité de la SCSN décerne

le prix Chauchard

à la station  de Dunkerque

Le comité de la SCSN décerne

la médaille Salvaniac

à Charles Lauwick

22 novembre 1898

Sauvetage du trois-mâts suédois MARIE AUGUSTA

20 hommes sauvés

 

Patron du canot :

Charles Adolph Lauwick

Armement du Nouveau Dunkerque :

Armand Jules Bateman - Louis Joseph Arthur Bernaert -

Ernest Désiré Cornil Boone- Jacques Victor Boone -

Arsène Jules Bossu - Charles Louis Bouteille

Pierre Joseph Carru - Jules Michel Charlemain -

Emile Fernand Aimé Desselle - Joseph Gustave Dewulf

Célestin Gustave Dias  - Gabriel Laurent Huret

Hyppolite Leferme - Jules Alphonse Leroy -

Paul Emile Clément Mafran- Henri Louis Marteel

Jules André Talleux - Joseph Alexandre Taylor

Emile Albert Tourret - André Marie Louis Whiden

Patron du remorqueur :

Auguste Jean-Baptiste Everrard

Armement du Dunkerquois

 

Dunkerque

 

Le 22 novembre, vers 6 heures du matin, prévenu par le bureau du port qu’un navire se trouvait en détresse, j’armai immédiatement le canot le NOUVEAU DUNKERQUE, je me rendis jusqu’au remorqueur DUNKERQUOIS capitaine Everrard qui me remit sa remorque.

Nous fîmes route vers le lieu du sinistre. Il était alors 6 h45 et faisait encore nuit.

Le vent soufflait en tempête du nord-nord-est. mer grosse et brisante. Le trois-mâts se trouvait à la côte, le cap au sud-sud-ouest à environ 300 mètres de l’ouest de la jetée.

Arrivé au vent du navire je larguai la remorque et je me dirigeai sur lui à l’aviron, j’accostai le navire à bâbord et lançai le grappin qui nous permit d’étaler jusqu’au moment où l’on nous envoya du bord des bouts de grelin.

Seize hommes embarquèrent dans le canot avec beaucoup de difficultés. La mer était tellement mauvaise que le canot, le long du bord, se dressait à pic. A la secousse d’une lame de fond, toutes les amarres cassèrent et nous partîmes à la dérive.

Nous armâmes aussitôt les avirons, nous nous dirigeâmes une seconde fois sur le navire et nous prîmes les quatre derniers hommes, parmi lesquels se trouvaient le mousse et le capitaine. En quittant le navire, nous avons eu beaucoup de mal à nous retirer des brisants de la côte ; le canot était, surchargé avec les 12 hommes de l’équipage du canot et les 20 naufragés.

Arrivé au remorqueur je pris la remorque et nous fîmes route pour le port, où nous arrivâmes à la cale des pêcheurs à 8 h15 pour débarquer les naufragés qui étaient exténués de fatigue.

Dans cette opération je n’ai eu qu’à me louer du courage et de l’endurance de mes canotiers, ainsi que du capitaine Everrard du remorqueur DUNKERQUOIS qui nous a beaucoup aidés dans ce sauvetage.

Rapport de M. Everrard capitaine du remorqueur DUNKERQUOIS

Aujourd’hui 22 novembre 1898, vers 6 heures du matin, M Rohyn, maître de port, me prévint qu’un navire sur rade faisait des signaux de détresse et que le canot de sauvetage se préparait à lui porter secours.

Je me portai au-devant du canot dans l’avant-port et à 6 h30 je me dirigeai vers la sortie du port ayant le canot à la remorque. Il ventait en tempête du Nord, par grains très violents de grêle. Arrivé entre les jetées je dus modérer ma vitesse ; la mer était furieuse ; j’aperçus alors un grand trois-mâts-carré à la côte à l’Ouest des jetées à environ 250 mètres, ayant encore ses huniers au bas ris établis, le cap au sud.

Je doublai la jetée ouest me dirigeant vers le navire et présentai ainsi le travers à la mer.

J’étais à chaque instant couvert par les lames qui déferlaient sur mon remorqueur avec rage. Je m’approchai du navire aussi près que l’état de la mer le permettait ; le canot de sauvetage largua sa remorque près du navire et réussit à l’aborder à bâbord devant.

Ce trois-mâts, le MARY AUGUSTA, de Normaling, était constamment couvert par les lames. Je restai dans le voisinage du navire, me maintenant très difficilement entre la jetée d’ouest et le trois-mâts, le plus souvent en travers à la lame dans une position très critique, recevant d’énormes paquets de mer qui inondaient les chambres des machines.

Quand je vis le canot débordé du trois-mâts avec tout le monde je m’approchai plus près encore, mais au lieu de venir vers moi, celui-ci se dirigea vers la côte. Au moment d’y aborder la mer était comme un volcan. Il retourna vers le large heureusement ; je continuai à m’approcher en culant, débout à la lame, me maintenant très difficilement avec les deux machines.

Enfin, après de laborieux efforts de part et d’autre, je lui passai ma remorque. Il ne fallait pas songer à transborder l’équipage sur mon remorqueur, l’état de la mer et du vent ne le permettait pas. Je me dirigeai donc vers le port en filant une longue touée de remorque et pus heureusement arriver au fond du port avec le canot et tout son monde sain et sauf.

Le Président du Comité de Dunkerque se fait un devoir de signaler à la bienveillante attention de M. l’Amiral président de la Société Centrale de sauvetage des naufragés la conduite du patron Charles Lauwick qui, avec persévérance et des efforts énergiques et l’assistance du capitaine Everrard du remorqueur DUNKERQUOIS a réussi à sauver les vingt hommes composant l’équipage du trois-mâts suédois MARY AUGUSTA et à les ramener tous à terre sains et saufs, à part 4 hommes contusionnés mis à l’hôpital et ce, par un temps et une mer épouvantables.

 

 

 

Source

BNF Gallica Annales de la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés