7 février 1897

Sauvetage du trois-mâts norvégien MANITOBA

Equipage sauvé

 

 

Patron du canot  :

Charles Lauwick

Sous-patron :

Arsène Bossu

Armement du canot  : 

Adrien Clou - Alfred Auguste Eugène Delpierre -

Emile Dewulf – Louis Kindt - - Armand Pansel -

Aristide Pansel- Charles Porreau  - 

Louis Gaston Taylor /..

Armement  du remorqueur Progrès

Canot des douanes :

Laurent Antoine Andoche Leprêtre -

Auguste Eugène Gambillon

 

 

Dunkerque :

 

Le 7 février, vers 4 heures du matin, le sémaphore tire deux coups de canon pour appeler les sauveteurs au canot de sauvetage.

Un navire dans l’Ouest du port faisait des signaux de détresse. Il ventait en tempête du nord-nord-ouest. La mer très grosse. J’armai immédiatement le canot avec les hommes qui se trouvaient sur les lieux, et me dirigeai à l’aviron à la rencontre du remorqueur PROGRES qui était sorti pour se rendre compte de la situation du navire.

A 5 heures, je rencontrai le remorqueur dans les jetées et je pris sa remorque pour me rendre sur les lieux du sinistre.

A 5 heures 30 nous étions en travers du navire à la côte. Le remorqueur siffla et du navire on nous répondit par des feux de flambeaux. La nuit était sombre et le froid très vif. Je quittai le remorqueur et j’essayai d’approcher du navire, mais en approchant de la côte, la mer était tellement mauvaise, que je jugeai prudent de mettre le cap au large.

Je repris la remorque du PROGRES jusqu’au petit jour, je quittai le remorqueur de nouveau et je m’approchai une seconde fois du navire. Arrivé dans les brisants de la côte ayant très peu d’eau sous la quille, et le canot menaçant de s’échouer, je repris le large, après m’être assuré que le navire était presque à sec, et qu’il n’y avait plus personne à bord, l’équipage ayant quitté le navire.

Je pris dès lors la résolution de retourner au port, où j’arrivai à 7 heures 30 sans accident. L’étrave du canot a été brisée en accostant le remorqueur pour lui prendre la remorque.

L’équipage de ce navire qui était un trois-mâts norvégien, le MANITOBA, avait pu prendre terre grâce à l’appui que lui avaient donné les agents de la brigade des Douanes accourus sur les lieux.

Ces braves sauveteurs se sont particulièrement distingués en cette circonstance, et les préposés Gambillon et Leprêtre ont, entre autres, fait preuve du plus courageux dévouement en venant à plusieurs reprises jusque sous les flancs du bâtiment malgré les coups de mer qui les couvraient.

L’équipage de Fort-Mardyck s’était également préparé pour porter secours au MANITOBA

Note de M. Bonfils de Lafaurie chef du service de la Marine à Dunkerque :

Il résulte de mon enquête que les matelots des douanes Laurent Antoine Leprêtre et Auguste Eugène Gambillon, méritent les plus grands éloges pour les secours qu’ils ont apporté à l’équipage du trois-mâts norvégien MANITOBA, venu à la côte le 7 février. Malgré l’état fort houleux de la mer, la violence du vent et la température glaciale, ces deux agents se sont avancés résolument dans la mer, au risque d’être frappés de syncope ou de tomber dans quelque trou dissimulé par l’eau, se sont dirigés aussi vite qu’ils ont pu vers le navire naufragé, distant d’un kilomètre environ, et là, toujours dans l’eau, pendant trois quarts d’heure environ, ils ont aidé l’équipage à mettre à flot le youyou, à s’y embarquer deux par deux et à le diriger jusqu’à un endroit propice pour débarquer. J’ai, en conséquence, l’honneur de vous faire savoir que je propose les matelots des douanes Laurent Antoine Leprêtre et Auguste Eugène Gambillon pour l’obtention d’un témoignage officiel de satisfaction de M. le Ministre de la marine.
 

 

Source

BNF Gallica Annales de la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés

 

 

 

La Société Centrale de Sauvetage des Naufragés attribue

Diplôme d'Honneur

Gambillon Auguste Eugène

Leprêtre Laurent Antoine Andoche