3 mars 1897

Sauvetage du brick goélette de Nantes LEONIE 'Ou LOUISE suivant les sources '

 

 

 

 

Patron du canot  : Charles Lauwick

 

Sous Patron : Arsène Bossu

 

Participants au sauvetage :  François Decanter -Emile Dewulf

Louis Duchenne - Félix Dumont - Louis Kindt - Désiré Lefebvre

Léon Loyer - Jean Luyck -Jules Taylor

 

Commandant du Progrès : Vanpouille

 

Armement du Progrès

 

 

 

Dunkerque :

 

Le mercredi, 3 mars courant, par grand vent d’Ouest, je fus prévenu vers midi par M. Léglise, membre du Comité de sauvetage, d’avoir à armer le NOUVEAU DUNKERQUE et à le tenir prêta toute éventualité.

. L’armement était à peine terminé, que le sémaphore signalait un navire anglais chassant sur ses ancres dans la rade. Je formai aussitôt mon équipage et je me rendis près du remorqueur PROGRES, capitaine Vanpouille, qui se tenait sous pression dans l’avant-port.

La remorque établie nous fîmes route vers la rade. Le navire anglais, signalé en détresse, avait filé sa chaîne et courait vent arrière sur Ostende, lorsque le capitaine du remorqueur aperçut dans l’est un brick-goélette portant deux pavillons superposés flottant au-dessus du bastingage.

Le remorqueur nous conduisit vers lui, mais le vent augmentant en furie rendit l’accostage difficile et la remorque n’ayant pu être coupée à temps le canot tomba en travers sur la chaîne du brick-goélette et le canotier Porreau saisissant la martingale se réfugia à bord du navire.

Le canot se dégagea assez rapidement et nous fîmes retenir un bout de filin jeté par le navire. J’offris mes services au capitaine, qui, après un moment d’hésitation et d’accord avec son équipage, refusa de débarquer.

Deux violents coups de mer successifs nous écartèrent du navire et le canot partit en dérive laissant le canotier Porreau à bord du brick goélette.

Le remorqueur vint nous reprendre et manœuvra pour nous ramener au navire. Un peu avant l’accostage une énorme lame nous couvrit entièrement démonta nt le brigadier et tous les canotiers du bord du vent. Le canot inclina fortement, les canotiers parvinrent à se remettre en place et au bout de deux longues minutes le canot se redressa.

Arrivés par le travers du navire, à la distance de 25 mètres environ, le canotier Porreau resté à bord nous fit signe de ne pas accoster et se jeta à la mer pour nous rejoindre. Je fis couper la remorque immédiatement et laissai porter sur notre canotier qui partait en dérive, je parvins à le recueillir après beaucoup d’efforts.

Porreau me fit connaître que le capitaine du brick-goélette la Léonie de Nantes, chargée de fonte à destination de Calais voyant que son navire ne faisait pas d’eau et tenait sur ses ancres, était résolu à rester à bord avec son équipage.

En conséquence je repris la remorque du PROGRES et en repassant près de la LEONIE je hélai le capitaine qui me fit signe de nous éloigner. Le remorqueur nous ramena au port où nous entrâmes à 4 h15. L’équipage, dont trois hommes étaient contusionnés, était fort fatigué et nous avions trois avirons brisés.

 

Source

BNF Gallica Annales de la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés

 

 

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