19 novembre 1893

Sauvetage du sloop anglais HERO

5 hommes

 

Pilote dunkerquois : Flamein

Armement de la corvette N°2 

 

 

Dunkerque :

.A onze heures et demie du soir, alors que le temps était encore très beau, le pilote Flamein était transbordé du bateau pilote n° 2 pour monter à bord du sloop anglais Hero, de Jersey, capitaine Cardy, ayant cinq hommes d'équipage qu'il devait piloter à Dunkerque. A minuit et demi, la rafale emportait la voiture du sloop, trinquet te, foc, artimon, tout! On n'était plus maître du navire. Le capitaine propose alors de filer de l'huile, il en a un sac dans la chambre; mais celle-ci est pleine d'eau et c'est en vain que le second se dévoue pour aller chercher le sac.Et pourtant le sloop dérive à la côte, il faut prendre un parti. 

Le pilote Flamein, un de ces marins de bonne race, chez qui le sang-froid augmente avec la danger, d'accord avec le capitaine et l'équipage, décidé de recourir au moyen suprême. Il laisse porter vent arrière et à 4 heures 30 du matin, au moment où la marée montante centuple le péril  le navire est mis à la côte, entre Gravelines et Walden, à Woyes. petite station qui comporte une vingtaine de maisons.

Le pilote Flamein fait alors monter les hommes dans la mâture où ils s'attachent tant bien que mal. Après une heure et demie d'angoisses, ainsi passée entre la vie et la mort, l'équipage redescend sur le pont, dans quel état lamentable . Transis de froid, trempé jusqu'aux os par les paquets de mer qui n'ont cessé de déferler avec rage sur le slop. Pour se couvrir, on utilise tout ce que l'on put trouver de lambeaux de voile à voile et l'on attend. Et tous ces hommes qui semblent encore promis à la mort voient alors à la même côte se briser sous leurs yeux, sans qu'il soit possible de leur porter le moindre secours, combien d'embarcations dont l'équipage se noie ! Vingt bateaux de pêche dont la plupart sont de Gravelines. A 7 h. du matin, ils en distinguent un qui, prés d'eux, coule avec tous ses hommes. La vague passe sur le tout, plus rien.

Les malheureux étaient complètement épuisés quand à 12H30 il peut enfin débarquer et gagner un cabaret ou les soins les plus empressés leur sont prodigués.

 

 


 

Source

BNF Gallica Le grand écho du Nord de la France