3 juin 1991

Tentative échouée du sauvetage du REMY MATTHIEU 

5 hommes péris en mer

 

 

 

Une nouvelle tragédie vient d'endeuiller le monde de la pêche. Un trémailleur dunkerquois d'une douzaine de mètres de longueur, le REMY MATTHIEU s’est retourné une dizaine de kilomètres de la cote.

Selon les premiers éléments recueillis dans l'après-midi, le REMY MATTHIEU avec à son bord vraisemblablement cinq personnes, est sorti en mer dans la matinée poser des filets. II semblerait que ce soit vers 11 ou 12 h que la tragédie s'est jouée au large de Dunkerque. Le trémailleur qui est dépourvu de chalut utilise un trémail pour Ia pêche au filet s'est retourné sans que l'on en connaisse les circonstances exactes. Ce n'est qu'aux environs de 14 h qu'un autre bateau dunkerquois, le MEUCHK repérait la coque du navire flottant a la surface de l'eau et donnait I ‘alerte.

Aussitôt, un plan de secours coordonné par le Crossma Gris-Nez était déclenché. Dans un premier temps, un hélicoptère de la société Héli-Services base au Touquet décollait avec à son bord quatre personnes dont un plongeur et parvenait sur zone à 14h40. Le plongeur, Serge Bruchet, raconte :

Le filet entourait complètement le bateau. Il était impossible de pénétrer bord pour savoir s'il y avait des survivants... 

Serge Bruchet parviendra néanmoins à repérer le corps d'un des pêcheurs prisonniers des filets et à le hisser à bord d’hélicoptère. II s'agit de Christophe Hervé, 25 ans, demeurant rue de Ia Ferme à Petite-Synthe. Son corps a été transporté à la morgue du C.H.D.

Dans le même temps, deux autres hélicoptères, I‘un anglais et l'autre de Ia base de Coxyde (Belgique), commençaient à sillonner la zone du naufrage pour tenter de retrouver d'éventuels survivants. Vers 16h, l'un des deux Seaking repérait le canot de sauvetage du REMY MATTHIEU mais constata que celui-ci était vide d'occupants. Les recherche en mer se poursuivaient alors avec le renfort d'un hélicoptère, d'une vedette de la gendarmerie, de la vedette SNSM ,d’un bâtiment des phares et balises et de la vedette des Douanes.

Pendant ce temps 2 autres plongeurs de la gendarmerie de Calais tentèrent à leur tour de rentrer sans succès à l'intérieur de l'épave pour venir au secours d'éventuels survivants qui y auraient trouvé refuge. A plusieurs reprises les gendarmes frappèrent sur la coque espérant l'espoir d'un signal en retour, le signe d'une présence. Il semblerait alors que des entrailles du navire leur soit parvenu le bruit de coups donnés contre la coque, bruits identifiés comme étant ceux d'un ou de plusieurs rescapés

Une nouvelle étape dans les plans de secours était alors déclenchée.  Pendant que les hélicoptères continuaient leur ronde au-dessus de la mer agitée la décision était prise en fin d'après-midi de remorquer l'épave jusqu’à l'écluse Tixier pour tenter d'extraire du navire les pêcheur qui y seraient bloqués depuis plusieurs heures.  

Le plan de secours prévoyait qu'un trou soit percé dans la coque pour inspecter les cales

Un peu avant 20h le désespoir et l'amertume succédait à l'espoir

L’'épave qui venait d'être remorquée sur 3 milles nautiques sombrait malgré les dispositifs mis en place pour assurer la sécurité de remorquage.  À moins de 2 milles de l'écluse après que le câble de remorquage eut, semble-t-il,  cédé alors que, sur place un impressionnant dispositif avait été prévu pour répondre à toutes les éventualités.

Vers 20h15, alors qu’un poids pesait lourdement dans le cœur de beaucoup, les plongeurs tentaient encore d'atteindre l’épave dans l'ultime espoir qu'une poche d'air se soit formé dans la coque.

Vers 20h30 le dispositif de secours était levé

Encore une fois les pêcheurs ont donc payé un lourd tribut à la mer.
Déjà le père de Christophe Hervé, Émile avait disparu avec son navire le Virginie en 1987 au large de Calais. 

Etaient à bord du REMY MATTHIEU

Christophe Hervé 23 ans,armateur et patron du bateau Marié un enfant de 4 ans.

A 20 ans, Christophe faisait figure de capitaine courageux en se lançant dans l'aventure de la mer. Il  fait construire son propre bateau et travaille dur. Au moment où il commençait s'en sortir, à  raison de 18 h de travail quotidien, la tragédie a frappé.

Thierry Hervé 25 ans frère de Christophe, père de deux enfants 5 et 3 ans

Alain Sorel  36 ans père de 5 enfants de 2 à 16 ans

Daniel Tabeling 24 ans matelot  Son épouse attendait un enfant

Michel Leduc 42 ans célibataire

 

Trémaillage ou chalut?

 

La pêche au trémail (art dormant) est une particularité de la pêche Dunkerquoise.

 

Contrairement à la technique du chalutier (art trainant) où les filets sont tractés par le bateau, les trémailleurs vont poser leur maillage au large, les balisent puis les retirent 6 à 8h plus tard.

 

C’est ce que faisait hier le REMY MATTHIEU lors de l'accident.

Comme lui, ils sont une vingtaine de bâtiments d'une longueur de 12 mètres et d'une puissance de 200 chevaux en moyenne (relativement récents) à naviguer sous le pavillon dunkerquois.

Déclaration de Michel Delebarre maire de Dunkerque 

 

Je ne puis que faire part de mon émotion devant le drame qui est une nouvelle fois endeuille la Corporation des marins-pêcheurs. Comment ne pas s'incliner devant cette famille qui, en 1987 voyait déjà disparaître plusieurs de ses membres dans le naufrage du Virginie. A chacun je tiens adresser en tant que maire de Dunkerque mes condoléances attristées en souhaitant que nous puissions savoir dans quelle conditions ce naufrage a eu lieu afin d'en tirer toutes les conséquences.

Analyse de ce difficile sauvetage en mer

Fallait-il le remorquer vers Ia côte, le retourner en mer, ou tenter de pénétrer à son bord ? Trois options qui, à un moment ou à un autre, ont été envisagées. Mais il fallait tenir compte de paramètres difficiles à maitriser : la houle, le courant, des creux de 2 à 3 mètres.

C’est la dernière des solutions qui a été retenue, dans un premier temps du moins. Car les plongeurs ont bien tenté d'investir le bateau. En vain. L'état de la mer et les filets qui entouraient le tremailleur ne permettaient pas l'opération. Parallèlement, le chalutier le SAINT GEORGES  et la JEAN BART vedette dunkerquoise de la SNSM, les premiers à opérer, puis celle de Gravelines-Grand-Fort-Philippe, la PHILIPPOISE, suivaient le plan de secours dirigé par le Crossma Gris-Nez. On envisagea alors le remorquage.

Remorquage impossible

C’est à l'arrière du bateau, sur l'hélice, qu'un premier filin fut placé pour que le REMY MATTHIEU soit tracté par la JEAN BART – Mais bien vite sur place, ce fut le scepticisme. Les sauveteurs qui pensaient être en contact avec au moins un des passagers prisonniers de l’épave estimèrent I' opération trop dangereuse. Elle fut suspendue. En effet, durant plusieurs heures, les matelots du SAINT GEORGES  ont répondu à ce qu'ils croyaient être des appels en tapant sur la coque du REMY MATTHIEU: une manœuvre trop brusque, et Ia poche d'air pouvait se déplacer. L'assiette du bateau modifiée et c'était Ia fin de l'opération de sauvetage pour ces hommes qui avaient encore un espoir.

A flot

Pour donner une meilleure assise au trémailleur, on le brida au SAINT GEORGES . A partir du tangon du chalutier, une première élingue fut posée par les plongeurs, puis une seconde pour que l’épave reste à couple. Ainsi amarré, les sauveteurs augmentaient les chances de maintenir le REMY MATTHIEU à flot tout en le soulageant de la pression d'eau. Et très doucement la Jean-Bart pouvait remorquer Ie bateau de pêche qui avait dérivé vers l’est. Pendant des heures, alors que les secours tentaient différentes opérations, le trémailleur REMY MATTHIEU était retenu par un fil. Le poids du bateau rendait vulnérable les élingues ; une première céda d'ailleurs. II fallut la remplacer, car petit à petit le bateau s'enfonçait.

Ce n’est qu'à 17 h 45 que le Crossma Gris-Nez demanda assistance à l’EMILE ALLARD, bâtiment des Phares et Balises... II appareillait à 18 h et était sur place à 19 h. En zodiac, les sauveteurs de la S.N.S.M. passèrent les cordages aux plongeurs. Une opération difficile dans cette mer houleuse ; un matelot du SAINT GEORGES fut d'ailleurs blessé Les autres bateaux sur place tentaient de faire un barrage à la houle. De nouvelles élingues devaient être placées sous le trémailleur afin que le bâtiment des Phares et Balises puisse le soulever. Les plongeurs auraient alors peut-être pu rentrer dans l’épave. C'est dans cette manœuvre que les cordages ont cédé. le REMY MATTHIEU coulait à pic

Jamais ce bateau n'aurait dû aller au fond !!!

Les pêcheurs ne comprennent pas la logique du crossma et ce dernier assure que les secours étaient adaptés à la situation

 

Après le naufrage du REMY MATTHIEU c'est un sentiment de colère qui anime les marins pêcheurs. Ceux qui étaient sur place, que ce soit les hommes du JONATHAN ou du SAINT GEORGES ne comprennent pas, ne s'explique pas la logique du plan de sauvetage mise en place par Crossma.

Pourquoi arrivée vers 14h sur les lieux en même temps que la vedetteJEAN BART  les pêcheurs ne pouvaient rien tenter ?

Il fallait attendre l'arrivée des plongeurs pour savoir s'il était possible de pénétrer à l'intérieur du bateau explique Jean-Pierre Seysen, patron du SAINT-GEORGES, les plongeurs venus de l'extérieur ont commencé leurs recherches vers16H00.

Pourquoi ne pas avoir réquisitionné les plongeurs du port autonome ou ceux du remorquage ?  

Cette question et d'autres chacun se les posent aujourd'hui.

Pendant ce temps on entendait par VHF le  chef du crossma envisager différentes interventions.

Nous on attendait !!! 

Mais pourquoi donc n'ont-ils pas délégué les pouvoirs plutôt à ceux qui étaient sur place comme cela se fait couramment en pareil cas.

 

Cette question c'est le patron du SAINT GEORGES qui la pose comme celui du JONATHAN et les équipages

Au début le cross a refusé les propositions des pêcheurs explique un des hommes Bruno Bordet, mécanicien à bord du SAINT GEORGES . Selon lui

à 14h30, si nous avions eu l'autorisation de mettre nos élingues nous le prenions et 1h après il était à quai.

Ses propos sont repris par son patron voulait aussi par d'autres matelots

Toujours selon les pêcheurs avec la marée haute et les vents favorables les conditions étaient réunies pour réussir une telle opération. Ils affirment encore aujourd'hui qu’au moins un des hommes de l’équipage répondait à leurs appels

 

Lorsqu'on frappe 3 coups dans la coque que vous entendez 3 coups en réponse, que vous en tapez deux et en entendez deux,  vous ne me ferez pas croire que c'est un bidon il y avait bien un homme vivant

 

Alors que le REMI MATTHIEU avait dérivé vers l'est l'ordre fut donné au JEAN BART de le remorquer. L’opération était risquée en raison de la marée basse le bateau de la SMSM était obligé d'éviter les bancs et de faire un plus long parcours. Le remorquage fut d'ailleurs abandonné. Nous avons eu l’autorisation de nous mettre en couple avec le trémailleur, de passer nos élingues pour le maintenir à flot mais le temps passait et un peu avant 17h à l'intérieur du bateau on ne répondait plus à nos coups

Si les marins-pêcheurs affichent leur colère ils posent aussi d'autres questions.

Sur le minck on ne comprends pas que les hélicoptères ne puissent pas se ravitailler à Dunkerque, qu’à aucun moment on ait envisagé d'insuffler de l'air dans la coque, on ne comprend pas certaines phrases entendues par VHF vers 19h :

 

Ii n'y a pas de médecin à Dunkerque on va chercher un Boulogne

Réponse du directeur du Crossma

 

Je comprends le désarroi des pêcheurs. Il ne faut pas vouloir chercher des responsabilités à n'importe quel prix. Sur place j'ai utilisé tout ce qui pouvait l'être.

Pour lui les secours en surface ont été délégués au sémaphore dès la présence de la JEAN BART et de la PHILIPPOISE sur les lieux vers 16h donc chacun lui rendait compte.

Si l'hélicoptère a pris en charge les plongeurs de Calais et ce n'est pas par ostracisme vis-à-vis de ceux Dunkerque j'ai utilisé les moyens de l'état adapté au secours en mer ; s'il avait fallu d'un renfort je savais pouvoir compter sur les pompiers de Dunkerque qui avait d'ailleurs mis des moyens à notre disposition

le chef de centre précise I il faut savoir que plus il y a de monde sur place plus la coordination est difficile à gérer j'avoue avoir eu peur pour les sauveteurs quand les conditions météo étaient difficiles si les plongeurs avaient été débordés j'aurai appelé ceux de Dunkerque de même pour les remorqueurs. Les bateaux sur place travaillaient intelligemment j'avais en outre fait décoller de Cherbourg immédiatement des moyens de levage et des plongeurs supplémentaires au cas où il aurait fallu assurer une seconde relève.  

Le directeur reconnaît également avoir suggéré d'insuffler l'air dans la coque. Pour cela il faut dégonfler une bouteille à l'intérieur mais avec d'infinies précautions. Les plongeurs m'assuraient que cela leur était impossible en raison de la présence de filets autour de la coque de la houle et de l'obscurité. iil rend hommage aux personnes sur place marins-pêcheurs compris en assurant n'avoir jamais interdit de faire ce qu'il y avait à faire ; il précise avoir le sentiment qu’il n'y avait pas de survivants à bord mais d’avoir  tout fait pour sauver quelqu'un s'il y avait eu quelqu'un à bord. C'est pourquoi la manœuvre de remorquage été interrompue quand le bateau s'est mis à rouler. J’ai alors donné l’ordre de stopper, de soulager la coque et tenter une seconde investigation. Le remorquage s’annonçait mal j'ai demandé au EMILE ALLARD d'intervenir. Je savais qu’à terre les secours disposaient de tout le matériel pour sortir le bateau de l'eau si on arrivait jusque là. De toute façon toutes les conversions VHF ont été enregistrés s'il y a constitution de partie civile elles auront accès au dossier. Certaines familles l'envisagent.

Trémail Art dormant

Chalut Art trainant

Sources

La voix du Nord

Site Ifremer (Pêche au chalut et trémail)

Crédit photo La Voix du Nord et Philippe Boutelier

 

 

Le VIRGINIE

La nuit du 21 au 22 décembre 1987, le chalutier dunkerquois VIRGINIE coulait au large de Calais.

A son bord, sept marins dont le patron, Emile Hervé, 39 ans, et son beau-fils, Marc Ramout, 21 ans. L’un laisse quatre fils, I'autre  deux enfants.

Christophe Hervé a été miraculeusement épargné car, au dernier moment, il n'a pas accompagné son père

C'est le chalutier dunkerquois MEUCHK dont le propriétaire est Eddie Lancry qui, hier, a découvert la coque retournée du REMY MATTHIEU , du côté du Banc du Ratel. II I'a reconnue rapidement car, dit-il

"C'est le seul bateau dont la coque soit de couleur marron-clair".

II a tourné sur place pendant une demi-heure, ne découvrant dans les parages qu'un "Bombard" fermé, flottant dans sa coquille. Eddie Lancry a donné immédiatement l'alerte, prévenant tour à tour le Sémaphore de Dunkerque, Ia Tour Watier... La Capitainerie du port recevait le message à 14 h 10 et tout le dispositif de sauvetage on mer se mettait on branle avec le Crossma Gris-Nez pour la coordination. L'hélicoptère du Touquet, de la Marine Nationale, est intervenue avec un plongeur tandis que Ia vedette "Jean Bart" de Ia SNSM et celle des Douanes faisaient route. De leur coté plusieurs bateaux de pêche dunkerquois se portèrent au secours du "Remy Mathieu", avec le soutien d'un hélicoptère beige et anglais...

Est-ce précisément une forte lame qui est à l'origine du drame ? Robert Pannekoucke, le beau-père de Christophe Hervé n'est pas loin de le croire. Christophe aurait on effet téléphoné chez lui vers 10 h pour dire qu’il rentrait à cause du mauvais temps... Ce qui est sûr, c'est que le bateau a quitté le quai, hier 4 h du matin, pour une sortie d’une douzaine d'heures. II y avait cinq hommes à bord, d'après l'épouse d'un des disparus. Construit en19 89, au chantier Blamangin de Boulogne, le REMY MATTHIEU était en très bon état. II venait de passer sa visite de sécurité le 14 mai. Ce trémailleur à coque plastique, de 12 tonneaux de jauge, avait une longueur de 12 m pour 4m de large environ. La puissance de ses moteurs atteignait 240 cv. Après plusieurs investigations, l’épave devait être remorquée, hier soir au port de Dunkerque ; tout espoir de survie ne semblant pas écartée des plongeurs de la gendarmerie de Calais avaient pu identifier des coups frappes sur la coque... Mais, vers 19 h 30, a la suite d'une rupture de câble, le bateau a coulé a deux milles de la cote I Ce drame sera sans nul doute cruellement ressenti par les familles éprouvées. Surtout par Ia famille Herve qui a déjà pays un lourd tribut avec Emile et Marco, lors du naufrage du VIRGINIE. Dans la famille, il y avait alors un "miraculé", en la personne de Christophe Hervé qui n'était pas monte a bord du "Virginie" avec son père... Mais quelques années plus tard, la mort l’attendait sur le REMY MATTHIEU

Les plongeurs de la gendarmerie nationale, des douanes et des démineurs de la marine nationale ont exploré l’épave du REMY MATTHIEU gisant par 12 mètres de fond et réussi à entrer dans le carré, la machine et poste de pilotage sans trouver de corps.

Ils ont trouvé un bidon cabossé qui pourrait être à l’origine des coups entendus dans la coque. Les marins pêcheurs entament des recherches pour essayer de trouver les corps des disparus.

Christophe Hervé            Thierry Hervé                               Alain Sorel                            Daniel Tabeling                          Michel Leduc

Février 1989  Christophe Hervé 3eme à partir de la gauche à la sortie des établissement Debussche de Saint-Pol-sur-Mer qui ont équipé complètement le REMY MATTHIEU

Présence des  sauveteurs sur place 

au premier plan, sans doute, le JEAN BART

Participants au sauvetage

Marins-pêcheurs - SNSM Dunkerque et Gravelines-
Douanes - Gendarmerie -  Phares et balises -
Patrouilleur Marine Nationale

Plongeurs démineurs de la Marine Nationale

Hélicoptères anglais, belges et français

 

Le mémorial financé par la famille quai du Risban

Pensez y ....