8 février 1889

Sauvetage du dundee français du Havre ALPHA

2 hommes sauvés

 

Patron de canot :

Jacques Joseph Bommelaer

 

Armement du Nouveau Dunkerque :

Lucien Caillez - René Delaeter -Charles Lauwick -

Alfred Rees - Joseph Taylor - Edouard Weus

Saghaar - François Galloo - Louis Steilans -

Jean Vincke - Henri Weus

 

Sauveteur opérations des Douanes :

-Tellier -

 

Armement du remorqueur Marine

 

 

Dunkerque

 

Rapport du patron Bommelaer sur la sortie du Dunkerque au secours du sloop havrais ALPHA commandé par le capitaine Leréveraud.

 

Le 8 février 1889, vers huit heures vingt minutes du soir, un navire fut signalé échoué à la cote Est. Sur les conseils de M. Devries, capitaine de port, de M. Le Rond, ingénieur du port, et de M Léglise capitaine d’armement des feux flottants, membres du comité de sauvetage, je fis armer le canot LE NOUVEAU DUNKERQUE et me dirigeai à l’entrée du bassin de Freycinet où le remorqueur MARINE nous fit passer sa remorque.

 

La sortie du port avec des vents de Nord-Nord-Ouest soufflant en tempête et la mer très grosse a été difficile et fatigante pour le canot qui était submergé. Le remorqueur longea la côte de l’Est tellement près que je craignais pour lui, ma sonde ne donnait que trois brasses d’eau. La mer qui couvrait le canot empêchait de distinguer aucun point, d’autant plus que le navire à la côte ne faisait aucun signal de détresse.

 

Le remorqueur stoppa, je lui fis haler la remorque à longueur convenable pour communiquer. Je lui recommandai de continuer à faire route à l’Est en longeant la côte le plus près possible, jusque par le travers de l’épave du Portland, près de Zuydcoote.

N’ayant rien aperçu jusque-là, je fis virer de bord pour gagner le port où nous arrivâmes à onze heures quarante-cinq, le canot à la remorque du remorqueur. Tous deux nous avions beaucoup de peine à rentrer.

 

Arrivés à 11H45  à l’endroit de notre poste d’amarrage, nous fûmes reçus par M. le président du comité local de la société centrale qui me pria de féliciter mes hommes.

 

Rapport du capitaine Tellier (Douanes)

 

Le 8 février, à huit heures et demie du soir, le sloop Dundee L’ALPHA, monté par quatre hommes, était sorti le matin de Dunkerque pour se rendre au Croisic, Ayant été surpris par la tempête, ne pouvant plus tenir la mer, après avoir perdu sa grande voile et son tape-cul, n’ayant plus que sa trinquette en mauvais état, il se décida à regagner le port, mais il manqua l’entrée et alla s’échouer à 800 mètres environ de l’estacade Est face au Kursal.

Le matelot Gigezuel prit la résolution de nager à  terre. Après une lutte héroique contre les éléments il parvint à  attérir et donner l'alarme.

 

A ce moment un des matelots se sauva à la nage, et le capitaine se noya en essayant de le suivre.

Vers neuf heures la brigade (Douanes) de Dunkerque avertie du naufrage, arrivait à proximité du lieu du sinistre sous le commandement du capitaine Tellier, avec le canon porte-amarres et tous les engins de la Société centrale.

 

Le canon fut mis aussitôt en batterie et une première flèche fut lancée mais sans succès par suite de rupture de la ligne. Au second coup la ligne tomba en plein sur le milieu de l’embarcation et les deux matelots restant à bord le signalèrent par des cris et en sonnant la cloche.

 

Le capitaine Tellier leur fit passer alors le cartahu double avec la bouée culotte et la planchette d’instructions. Après vingt minutes d’attente les deux naufragés firent signal au rivage qu’ils étaient prêts, mais à peine eut-on commencé à tirer pour amener la bouée à terre que tout le matériel se détacha du navire et vint à la côte en cassant la ligne de lancement.

Les malheureux naufragés qui, sans doute étaient affolés, n’avaient rien installé, croyant qu’il leur suffisait d’avoir sur le pont une ligne de lancement pour être sauvés.

Le canon lança alors une troisième flèche dont la ligne cassa, puis enfin une quatrième flèche dont la ligne tomba sur l’avant de L’ALPHA.

 

Mais à ce moment le pilote Weus s’était fait amarrer autour du corps une corde tenue par le brigadier (Douanes) ; il s’avança dans la mer ayant de l’eau jusqu’à la ceinture, put s’accrocher au sloop et aida les deux naufragés à gagner la plage.

Ce ne fut qu’à minuit que la brigade (Douanes) rentra au poste, après avoir lutté pendant trois heures pour disputer à la mort les deux malheureux naufragés de l’ALPHA.

Le corps du malheureux capitaine du sloop fut retrouvé le lendemain par les agents (Douanes) de la résidence de Rosendaël.

Le dundee ALPHA de 59 Tx lancé en 1874 était chargé de sel à destination du Croisic.

 

 

Source

 

BNF Gallica Annales de la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés

Archives municipales de Dunkerque O.Delille 1901 Bommelaer Jacques

 

 

gallery/horloge

Durée de la sortie

3H00