27 décembre 1886

Sauvetage de la goélette française INES

Equipage sauvé

 

Patron du canot :
Charles Lavie

Sous patron :
Charles Gossin* puis Jules Loyer*

Armement du Susan Gray :
Charles Agnieray - Eugêne Barbier -Joseph Bateman*

François Brandt* - Charles Corion* - Jean Dekeyser -

Adolphe Eggrickx* - Pierre Eggrickx - François Fisterre -

Jules Fresier -Jean-Baptiste Houvenaghel* - EdouardHedel

Laurent Kedel - harles Kinze - Louis Lavallée - Charles Lavie

Charles Lauwick - Jean Pfister - Alfred Sokeel -

Adophe Tavernier - Lucien Top* - André Widhen

Patron remorqueur : 
Lacroix

Armement remorqueur Marine 

Patron remorqueur : 
Eugène Charet

Armement remorqueur Dunkerquois 

Douanes de Petit-Fort-Philippe :  
Lieutenant des Douanes Barbier et sa brigade

 

 

Dunkerque :

 

Deux sorties ont été effectuées le 27 décembre par le canot de sauvetage SUSAN GRAY pour se porter au secours de la goélette INES commandée par le capitaine Verne, d’Audierne, qui par forte tempête du nord, mer très grosse avait été signalée en détresse, vers 10 heures du matin, à l’Est de Gravelines. Voici le résumé des rapports du patron Lavie sur ces deux sorties :

1° sortie : Le 27 décembre 1886, vers 10 heures du matin, le capitaine du port vint me prévenir qu’un navire était en détresse dans l’Ouest, entre Gravelines et Mardyck.

Je me rendis immédiatement au canot et formai l’équipage composé de matelots, de feux flottants et de lance-amarres. Je sortis du port vers 10 heures 40 à la remorque du vapeur MARINE, capitaine Lacroix, pour nous rendre sur le lieu du sinistre ; il ventait en tempête du nord, la mer était démontée sur le banc du port, nous reçûmes plusieurs coups de mer remplissant le canot qui se vidait aussitôt.

Dès que nous eûmes atteint le milieu de la rade, nous fîmes route à l’ouest jusqu’auprès du feu flottant Snow. Je demandai au capitaine du remorqueur par signal s’il ne voyait rien. Aveuglés par la mer, la pluie, la neige, nous courûmes encore pendant quelque temps à l’Ouest mais continuant à ne rien voir du navire en détresse nous décidâmes, le capitaine du remorqueur et moi, de retourner au port. En donnant dans les jetées le remorqueur reçut un coup de mer par tribord arrière qui le fit venir brusquement du cap du sud-sud-est à l’ouest. Dans cette embardée, le canot manqua d’être jeté sur l’estacade de l’Est par la mer et le courant de flot ; nous réussîmes cependant à doubler le bout de la jetée et nous rentrâmes au port sans accident.

2° sortie.

Après une première sortie infructueuse où nous n’avions rien aperçu du navire signalé en détresse, le capitaine du port, dès notre retour, nous prévint que le navire était coulé à la côte à cinq milles à l’Est de Gravelines et que les hommes se tenaient dans la mâture. Il était environ 2 heures de l’après-midi, la tempête était toujours dans toute sa fureur.

Nous reprîmes la mer le plus promptement possible à la remorque du vapeur le DUNKERQUOIS, capitaine Eugène Charet, pour nous rendre sur le lieu du sinistre.

Sur la barre du port, la mer était terrible et le canot fut rempli plusieurs fois, nous réussîmes cependant à atteindre le milieu de la barre et nous fîmes route à l’Ouest.

Arrivés auprès du navire naufragé à environ sept milles dans l’Ouest de Dunkerque, nous trouvâmes le navire en dedans des brisants, la coque hors de l’eau et beaucoup de monde à la plage en train d’opérer le sauvetage de l’équipage. N’ayant plus rien à faire sur le lieu du sinistre, nous fîmes route pour le port où nous rentrâmes vers 6 heures du soir sans accident.

Petit Fort Philippe :

Il est 7 heures du matin, un coup de canon se fait entendre au Sémaphore, une goélette française, l'INES, a brisé ses chaînes sous l'effort de la tempête, et vient de sombrer à la côte; son équipage est dans la mature; on entend ses cris de détresse, la mer baisse, l'équipage met un canot à la mer; une lame le fait chavirer et emporte l'homme qui y était descendu ; il est assez heureux pour gagner la terre à là nage.

En ce moment arrive sur le lieu du sinistre, M. le lieutenant des douanes Barbier; aidé de quelques hommes courageux il remet le canot de l'INES à flot et s'élance à travers les lames pour atteindre le navire ; après des efforts inouïs, ils l'accostent, recueillent un matelot et un mousse ; mais le pauvre enfant, excédé de froid et de fatigue, expire en arrivant à terre.

Le lieutenant Barbier ne se décourage pas, il tente un second voyage, parvient au navire, recueille un matelot; un coup de mer remplit l'embarcation qui sombre, sauveteurs et naufragés n'ont plus pour salut que les cordages qui pendent le long du navire, ils parviennent à remonter sur le pont de l'INES.

Seul M. Barbier est toujours à la mer cherchant si quelque naufragé n'a pas besoin de son appui et un de ses compagnons à bout de forces l'appelle; il nage vers lui, saisit une amarre et le maintient hors de l'eau jusqu'à ce qu'enfin on ait pu venir à leur secours.

Dans le naufrage de l'INES, le lieutenant Barbier a courageusement fait son devoir, c'est à lui qu'est dû le sauvetage de l'équipage; il l'a accompli au péril de sa vie

 

Sources

BNF Gallica Société centrale de sauvetage des naufragés 1866 – 1939

Archives municipales de Dunkerque  O.delille 1901 - Bommelaer

 


 

gallery/horloge

Durée de la sortie

5H00