24 octobre 1882

Sauvetage de la drague hollandaise MAASMOUND

7 personnes sauvées

 

Patron canot : Antoine Ficquet

 

Sous-patron : Pierre Emile Marquette

 

Armement Susan Gray :  - Aufray - Brandt - Cailliez - Cogge 

Cordier - Maryn - Questroy - Vanlerbreghe – Henri Versailles

Vondard

 

Patron remorqueur : Eugène Jules Pierre Charet

 

Armement remorqueur Dunkerquois

 

Dunkerque

Sortie du canot de sauvetage SUSAN GRAY pour se porter au secours de la drague hollandaise MAASMOUND n° 6, échouée et coulée sur le Hills Bank, à environ deux milles et demi dans l’Est-Nord-Est de la jetée Est du port.

 

Les sept hommes de ce bâtiment ont été sauvés par le canot. Voici le rapport, du patron Ficquet sur ce sauvetage, qui a présenté des dangers et des difficultés peu ordinaires en raison de la position du MAASMOUND sur un banc à peine couvert d’eau, sur lequel la mer déferlait avec force, et rendait l’accostage on ne peut plus périlleux pour le canot, qui talonnait et menaçait à chaque coup de mer de se briser.

 

A trois heures du soir le Bureau du port prévient que la drague MAASMOUND était échouée sur la partie Ouest du Hills Bank et demandait, un prompt secours, je me rendis immédiatement au canot remisé dans l’abri, et avec l’aide d’une foule de personnes accourues à l’annonce du sinistre, le canot fut lancé.

 

Je partis à l’aviron vers trois heures trente. Le vent soufflait en tempête, j’eus beaucoup de mal à doubler le banc du Port. Grâce à l’énergie de mes canotiers je parvins à réussir.

 

Le remorqueur DUNKERQUOIS, capitaine Charet, était en panne en rade attendant le canot.

 

Je fis route dessus et il nous donna la remorque. Aussitôt amarré, le DUNKERQUOIS se dirigea vers le navire naufragé et mouilla au bout de vingt minutes par son travers. Je larguai alors la remorque et fis nager vers le navire, à environ cinquante mètres je fis mouiller, mais quand le canot rappela sur son ancre, il donna plusieurs coups de talon et fut couvert par la mer.

 

Je fus forcé de lever l’ancre, et après de nouveaux efforts à l’aviron, le canot talonnant tout le temps, je parvins à m’approcher à une vingtaine de mètres de la drague, mes canotiers avaient cassé trois avirons ; les naufragés filèrent une bouée de sauvetage que nous pûmes attraper avec nos grappins : ce fut le moment le plus périlleux du sauvetage, le canot talonnant constamment et se remplissant à chaque instant ; en réunissant nos efforts sur la ligne du MAASMOUND nous fîmes glisser le canot jusqu’à environ six mètres du lof de tribord, nous lançâmes les grappins à bord, et, au moyen d’un va-et-vient, nous halâmes dans le canot les sept hommes composant l’équipage.

 

Je fis larguer les grappins et border les avirons pour tâcher de gagner la profondeur de la rade, ce qui nous donna beaucoup de mal : le canot talonnait tout le temps et était continuellement couvert par la mer.

 

Après bien des efforts, je doublai le banc et m’approchai du DUNKERQUOIS qui m’envoya la remorque et fit route à l’Ouest, à environ un mille, au vent du port, je fis larguer la remorque et établir la voilure, ce qui ne se fit pas sans danger.

 

La mer était furieuse et remplissait le canot à chaque instant, je fis route pour le port, vers six heures du soir, je fus assez heureux pour y entrer avec l’équipage du MAASMOUND.

 

Je dois rendre justice au courage et à l’énergie de mes canotiers et à l’habileté du capitaine Charet qui avec son remorqueur a si puissamment aidé à ce sauvetage.

 

 

Source

BNF Gallica  Annales de la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés

 

 

Décoration des Pays Bas
gallery/gossin

Le gouvernement des  Pays-Bas décerne 

une médaille d'or à Eugène Charet