14 octobre 1881

Sauvetage du trois-mâts américain HARMONY

Equipage sauvé

 

 

 

Patron : Charles Pierre Lavie

 

Sous patron : Antoine Nicolas Labat

 

Armement Susan Gray : Louis Norbert Barbrau - Jean Louis Broutin -

Louis Jules Albert Cordier - Arthur Charles Corion - François Charles Damman -

Pierre Louis Victor Devos - Arthur Léon Fourmantin - Auguste Pierre Huret -

Louis Eugène Janssoone - Louis Gustave Robert Lathouwer

Eugène Hippolyte Legrand - Ernest Georges Norbert

Pierre Victor Norbert - Jacques Louis Noyez -Augustin François Pillaert

Armand Antoine Schabanel -Louis Augustin Smette - Henri Jacques Versaelle

Edouard Joseph Weus - André Marie Louis Widhen

 

Commandant du remorqueur : Joseph Emile Noedts

 

Armement du Progrès

 

Dunkerque

Le trois-mâts américain HARMONY, de New-York, jaugeant 640 tonneaux, ayant rompu ses chaînes par suite d’une violente tempête d’ouest-nord-ouest, mer très grosse, est venu s’échouer vers trois heures et demie du soir à proximité de Ghyvelde.

Le capitaine du port de Dunkerque donna l’ordre d’armer le canot de sauvetage SUSAN GRAY qui sortit, à quatre heures trente à la remorque du PROGRES, sous la conduite du patron Lavie. Voici un extrait du rapport que celui-ci a fait au sujet de cette sortie.

Le 14 octobre, vers trois heures et demie du soir, un trois-mâts anglais qui était au mouillage sur la rade de Dunkerque, par suite de la tempête qui soufflait du ouest-nord-ouest et du courant de flot, chassa sur ses ancres et fut drossé sur le banc de Tragepegeer.

Le canot de sauvetage fut armé pour chercher à sauver les hommes du navire en danger, je fis rallier l’équipage du canot, et je pris la remorque du remorqueur Progrès, capitaine J. Noedts.

Vers quatre heures trente minutes, nous passions à l’entrée du port, le remorqueur reçut un coup de mer qui le couvrit en entier, le canot de sauvetage reçut le même coup de mer, mais heureusement, j’avais fait amarrer les hommes, sans cela certainement plusieurs eussent été enlevés par la mer.

Nous réussîmes à prendre le large et à nous diriger vers l’Est, grâce aux soins et aux bonnes manœuvres du capitaine Noedts, qui avait modéré sa vitesse pour que le canot ne se remplisse pas.

Malgré l’obscurité, les grains et la tempête, nous cherchâmes à nous diriger vers le navire en perdition. Vers cinq heures trente, la remorque cassa et je fus contraint de mouiller, mais l’ancre chassait toujours et le canot dériva ainsi jusque par le travers de Zuydcoote.

Le remorqueur chercha aussitôt à nous reprendre et ce ne fut qu’après plusieurs reprises que le canot put recevoir une nouvelle remorque. Je dus couper le câble de l’ancre après avoir amarré la remorque, car le temps était affreux, enfin ne voyant rien, la mer de plus en plus grosse et la tempête soufflant toujours, le capitaine du remorqueur et moi nous nous décidâmes à revenir au port.

Nous fîmes route ainsi pendant deux heures avec le vent debout et la grosse mer qui nous remplissait à tout instant, enfin nous atteignîmes l’entrée du port, là, le remorqueur reçut un nouveau coup de mer qui lui éteignit son fanal de tribord et vint malgré lui sur le cap au ouest-sud-ouest.

Le canot se remplit, encore une fois, enfin nous parvînmes entre les jetées, et nous arrivâmes à sept heures et demie au quai, sains et saufs.

Dans les circonstances dangereuses, pénibles, où nous nous sommes trouvés, je dois me louer de tout mon équipage pour le dévouement et le courage qu’ils ont montré dans les moments les plus critiques, ainsi que du capitaine du remorqueur qui a employé les meilleurs moyens pour sauvegarder notre canot.

 

Source

BNF Gallica Annales de la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés

 

gallery/horloge

Durée de

la sortie

4H00