Durée de la sortie

2h30

20 janvier 1881

-Sauvetage du bateau de pêche DANDY N°1-

7 hommes sauvés

 

Patron canot Dunkerquois :

Charles Gossin

Sous Patron :

Henri Versaelles

Patron canot Susan Gray :

Charles Lavie

Sous patron :

Charles Lefebvre

Armement des canots : Bouchard - Cordier - Damman - Devos - Denes -

Everaert - Fontaine - Hivin - Honore - Legrand - Michelot - Nesprias -

Ollivier - Étienne Otten - Pierre Otten - Rigault - Rivet - Smagghe

Patron de la corvette de pilotage

Auguste Cordier

Armement de la corvette du pilotage N°2

Jules Boone - Joseph Vansurelle - François Cordier - Frédéric Pieters -

Martin Truck - Antoine Fiquet - Pierre Delugny fils -  Henry Verheecken -

Philippe Cordier - Jacques Morisot - Nostens - Antoine Labat -

Armand Schabanel - Henri Weus

 

Dunkerque :

Le sémaphore ayant signalé vers 8 heures du matin un navire échoué sur le Brack-Bank, au nord-est du port, le canot LE DUNKERQUOIS fut aussitôt armé et sortit du port à l’aviron faute de remorqueur.

A 9 heures, le patron Gossin rallia l’estacade de l’est pour s’élever au vent et avoir le moins de courant possible ; il ventait alors du nord-nord-est forte brise, temps à grains et neige, basse mer et jusant.

Le canot toucha à environ 50 mètres au nord-est du bout de l’estacade et remplit deux fois. Obligé de revenir à l’ouest pour chercher le chenal mais entraîné par le courant, le vent et la grosse mer, le canot se trouva souventé et en plein courant de la rade. Ne pouvant pas gagner au vent, Gossin fut forcé de mouiller pour mâter et mettre à la voile.

Enfin, soutenue par les avirons, l’embarcation parvint à gagner dans l’est et se trouva bientôt à l’est du navire échoué, le DANDY N°1, des pêcheries françaises.

Au moment de l’aborder, Gossin fut averti par la corvette des PILOTES N°2, qui passait à ce moment à côté de lui, que les sept hommes du DANDY N°1 étaient sauvés.

Le canot retourna en conséquence au port à 11 heures 30, avec son équipage complètement mouillé par la neige et la mer, exténué de froid et de fatigue.

L’autre canot de sauvetage, le SUSAN GRAY, commandé par le patron Lavie, sortit au moment où le sémaphore signalait le canot monté par Gossin, allant en dérive dans l’ouest ; mais au moment où il atteignait l’extrémité de l’estacade, ayant été avisé que l’équipage du navire échoué était sauvé, le patron Lavie rentra au port et amarra son canot à l’écluse du barrage.

 

Rapport du pilotage

J'ai l'honneur de vous faire connaitre, 20 janvier au jour, le bateau pilote N° 2, chef Cordier Auguste étant au mouillage sur rade, tempête de vents de nord variable au N.E., aperçut un bateau de pêche échoué sur le Breedt Banck dans le nord du port à 1/2 mile de Ia bouée n° 8. Qu'après avoir pris tous les ris dans Ia trinquette et la grand voile, il virait son ancre malgré vent, neige et glace sur le pont pour se porter au secours de ce navire en grand danger, étant couvert par chaque lame qui arrivait.

Qu'après avoir louvoyé au vent, il laissait arriver sur le bateau et qu'étant arrivé à une certaine distance (ne voyant pas arriver le bateau de sauvetage, obligé de mouiller sur rade, ne pouvant gagner au vent à cause des rafales et de Ia grosse mer), il fit mettre le canot à la mer pour tenter le sauvetage de l'équipage qu'on voyait sur le pont, paralysé par le froid. Les pilotes Morisot, Nostens, Fiquet et les matelots Labat et Weus embarquèrent bien qu'aveuglés par la neige et qu'une mer furieuse s'opposait à leur manoeuvre ; ils réussirent à accoster le navire échoué et prenant les six hommes d'équipage tous blessés et le patron ayant le bras cassé. Ils réussirent à les conduire à bord du bateau pilote où leur étaient donnés les soins qu'imposait leur état car ils étaient exténués et gelés par les heures d'angoisses passées sur les bragues.

Cette opération de sauvetage qui avait duré plusieurs heures fit le plus grand honneur à l'équipage du bateau pilote et à son chef qui a montré une grande énergie, dans Ia bonne direction donnée au sauvetage. Non contents d'avoir sauvé l'équipage, ils restèrent en cap malgré le mauvais temps à attendre que Ia mer montât pour essayer de sauver le navire aussi.

A la marée montante, quoique le bateau fût à moitié plein d'eau, le chef Cordier n'hésita pas à envoyer à bord les pilotes Truck, Verheecken, Nostens et les matelots Labat et Weus avec le canot (pour se sauver au cas où le navire vînt à couler au cours de la route au port.). Et ils réussirent à l'entrer à Dunkerque après avoir hésité deux fois à l'abandonner, les lames embarquant à chaque instant par les panneaux ouverts, menaçant de faire couler le bateau.

Enfin à l'entrée du port, le remorqueur MOUETTE parvint à les remorquer et conduisit le bateau jusqu'à la cale où il coula immédiatement.

 

 

Source

BNF Gallica  Société Centrale de Sauvetage des Naufragés

Dunkerkenaers - Loods Marsch Hommage aux pilotes dunkerquois - Messiaen