16 février 1879

Sauvetage du trois-mâts anglais ADRIATIC 

28 hommes sauvés – 36 victimes 117 orphelins

 

 

 

Patron canot de Dunkerque : 
Charles Gossin

Sous-patron :
Jacques François Jeannekeyn

Armement du  canot Dk : Jean Laurent Aernoudts

Jean Baptiste Alexandre Broutin - Demester -
Eggrickx - Alexis Jules Adolphe Derycke-Edouard Léon Flamein -  

Charles Lefebvre- Marquette - Frédéric Julien Maryn – Noedts
Sion  - Vanpraet - Pierre Désiré Alfred Tanneron - Versaillie -
Henri Jean Eugène Weus

Patron canot Gravelines :
Pierre Joseph Leprêtre

Sous patron :
Ficquet

Armement  canot Gr:
Fournier -Pierre Agez - Frédéric  Agez- Dubuis -

Antoine Vérové - Evrard - Leprêtre-Plachot - Charles Vérové-

Armement remorqueur MARINE

 

Gravelines :

 

Le patron Leprêtre ayant eu connaissance qu'un grand navire était échoué sur le banc de Mardyck, à un mille au large et à trois milles à l'Est de Gravelines, le vent étant au Nord-Ouest, forte brise, mer assez grosse, fit appeler les canotiers et lancer l'embarcation de sauvetage .

Il était alors 1 heure 30 de l'après-midi, mer basse. A 2 heures 30, le canot de sauvetage était rendu auprès du trois-mâts, à bord duquel on ne remarquait du reste aucun préparatif de débarquement.

Le patron Leprêtre essaya vainement d'entrer en communication avec le capitaine de ce navire américain portant le nom ADRIATIC, il ne put que savoir par l'intermédiaire du pilote anglais qui se trouvait à bord que le dit capitaine avait l'espoir de partir à la marée montante.

Vers 4 heures 30, le vent devenant plus fort, le patron Leprêtre fit demander au capitaine ce qu'il comptait faire. Il lui fit répondre qu'il allait mettre son canot à la mer et disposer les bagages pour se rendre avec son équipage à bord de la corvette des pilotes.

A 5 heures, le capitaine qui n'a pas daigné correspondre directement avec des hommes venus là dans un simple but d'humanité et sur l'intention duquel il ne pouvait se méprendre, fit accoster le canot pour y embarquer une jeune femme.

 

Cette femme une fois à bord, le patron fit route sur la corvette pour lui faire part des intentions du capitaine de l’ADRIATIC, puis se trouvant à six ou sept milles à l'est de Gravelines, avec une forte brise de Nord-Ouest , il dut se diriger sur le port de Dunkerque où il entra vers 7 heures du soir, puis il conduisit la femme, nièce du capitaine, chez le consul américain.

Arrivé à Dunkerque, le patron Leprêtre s'est empressé de pourvoir à la sûreté de l'embarcation et de restaurer les hommes de l'équipage qui tout le temps qu'ils sont restés le long du bord de l’ADRIATIC n'ont reçu du bord aucun cordial, bien ce qu'il eût été aisé de leur en faire parvenir.

Le patron Leprêtre et ses hommes sont rentrés à Gravelines le 16 au soir et sont repartis le lendemain matin pour Dunkerque d'où ils ont ramené le canot à la voile en profitant du jusant.

Les prévisions du patron Leprêtre sur la position du trois-mâts américain se sont réalisées. Le navire qui talonnait très fortement à marée basse, a dérivé deux mille plus à l'Est à marée haute et l'équipage embarquant dans la chaloupe est entré à Dunkerque à 9 heures du soir, abandonnant le bâtiment ce qui vraisemblablement sera renfloué très difficilement, s'il se peut l'être.

 

Dunkerque :

Le 16 février l’ADRIATIC , commandé par le capitaine Taylor, s’échoue en pleine tempête au niveau de Gravelines. Les 21 hommes et la mère du capitaine sont récupérés sans peine et le déchargement du navire commença dans des conditions satisfaisantes.D
es dockers sont amenés à bord pour sauver la cargaison. Le 25 février une violente tempête s’abat sur la côte engloutissant le navire.Sortie du canot à 7h00 pour se porter au secours de l’ADRIATIC échoué au cap de Gravelines. En route il rencontra la corvette PILOTE N°3 qui lui dit qu'elle ramenait les naufragés.
Le 16 février quarante-deux hommes étaient à bord de l’ADRIATIC toujours, échoué à 6 milles de Dunkerque, et travaillaient à l'allègement de ce bâtiment. Le temps, le matin, n'avait pas mauvaise apparence.

Dans la journée la brise fraîchit. La mer devint assez grosse aux alentours du bâtiment échoué. Les télégrammes arrivés au délégué du Comité de sauvetage ne rendirent que très imparfaitement compte de la situation des hommes qui se trouvaient à bord de l’ADRIATIC.

Personne ne crut au danger que couraient ces malheureux, étant admis comme il l'est par les pêcheurs de la localité que, lorsqu'un bâtiment est échoué au plein, les équipages peuvent descendre facilement à la mer basse.

La nuit vint amener avec elle une tempête de Nord-Est.

La mer était très grosse. On réunit les canotiers de sauvetage à 9 heures du soir, mais il fut reconnu que, par une tempête aussi violente et surtout une obscurité aussi profonde, c'était tenter l'impossible que d'aller accoster une épave en pleine côte avec un canot de sauvetage.

C’était certainement exposer les canotiers à la mort, quand les ouvriers de l’ADRIATIC avaient leur salut presque certain en coupant la mâture et en filant leurs chaînes, comme ils avaient eu l'intention de le faire dans la journée.

 

Malheureusement au jour l'épave avait disparu entraînant la perte de 32 hommes, tous ouvriers du port de Dunkerque et pères de famille.

On compte au nombre des victimes le fils du capitaine que sa mère était venue embrasser la veille.La mer ne rendra que onze corps....

Le remorqueur MARINE récupérera 5 naufragés grâce à une action du pilote Sion, qui bravant tous les dangers, arriva avec un canot du remorqueur à approcher l’ADRIATIC et proposer les 5 places disponibles. Deux autres parviennent à embarquer dans un canot.

Note : Des quêtes organisées pendant le carnaval par un groupe de jeunes travestis précédés d'un orchestre ainsi que  le produit de la matinée organisée par la chorale "Les enfants de Jean Bart" viendront grossir la subvention accordée par Frédéric Darras maire de Dunkerque.

Le mémorial de l'Adriatic (Cimetière de Dunkerque)

Le Monde Illustré  Naufrage Adriatic

Durée de la sortie

5H30

Sources :

BNF Gallica Société centrale de sauvetage des naufragés 1866 – 1939

La belle époque à Dunkerque - Tome 2 Les Dunkerquois au travail : les métiers de la mer Jean Denise

BNF Gallica Le Monde Illustré

Crédit photographique Philippe Boutelier

 

 

 

Le Ministre de la Marine attribue

Témoignage offficiel de Satisfaction

Pierre Versaillie - Henri Weus

 

La Société Centrale de Sauvetage des naufragés attribue

Médaille D'or

Sion

Médaille d'Argent

Pierre Tanneron

Médaille de Bronze 

Vanpraet