14 janvier 1876
Sauvetage du brick anglais CYDONIA

7 hommes sauvés

 

 

 

Patron de l'Aigle :
Charles-Pierre Lavie

Armement de l'Aigle

Patron du Miroir de Justice  
François Marie

Armement du Miroir de Justice

 

Patron du remorqueur Marine:
Eugène Jules Pierre Charet

Participants au sauvetage :
Jean Charles Louis François Kempe -
Charles Antoine Lavie -

Henri Charles Gilbert Le Carlier de Veslud
Jules Alphonse Alexandre Leroy - 

Jean Baptiste Ferdinand Luyckx -
Jean Louis Naessen - François Jean Rabau -

Emile alfred Rees - Eugene Louis Vanzurelli –
Edouard Joseph Weus 

 

 

Dunkerque :

 

Le brick CYDONIA est naufragé à l’Est du port. Le remorqueur MARINE (Capitaine Charet) et le bateau L’AIGLE (patron Charles Lavie) vont le secourir.

 

Hier, vers deux heures de l'après midi, le bateau de pêche MIROIR DE JUSTICE , de Dunkerque, patron François Marie, a ramené dans le port une chaloupe qu'il avait recueillie en rade et contenant le capitaine, deux hommes et le mousse formait une partie de l'équipage du brick anglais CYDONIA, de Sunderland, capitaine Hildebrand.

 

Ce navire était parti de Shields le 11 courant, se rendant à Port-Louis (Guadeloupe) chargé de charbon, et s'est perdu à environ 8 milles dans le Nord-Est du port en touchant sur un banc, vers dix heures du matin.

 

Quatre autres hommes formant le solde de l'équipage, n'ayant pu se sauver dans la même chaloupe, la bosse de celle-ci s'étant cassée, ont dû se réfugier dans le gréement. Un remorqueur le PROGRES est sorti peu de temps après pour aller à la recherche de ces malheureux, mais a dû revenir au bout de deux heures sans avoir aperçu aucune trace du navire.

 

Le drame maritime que nous avons signalé dans notre numéro du 15 n'a pas eu un dénouement aussi tragique que celai qu'on pouvait craindre.

 

Pendant que le remorqueur le Progrès, mal dirigé par le capitaine même du navire perdu, rentrait sans avoir pu rencontrer les trois malheureux marins du CYDONIA, réfugiés dans les haubans du navire coulé, un patron de pêche de notre port, le nommé Lavie, un nom prédestiné, découvrait les naufragés et luttait contre l'élément furieux pour les arracher à une mort inévitable.

 

Après bien des peines, ce brave pêcheur parvint à faire arriver jusqu'aux naufragés une corde qui fut saisie par le novice. Le jeune matelot s'amarra et se précipita dans la mer, et fut ainsi hissé à bord du bateau de pêche ; il était sauvé ! Après avoir épuisé leur courage en vains efforts pour arracher les deux autres marins restés dans les haubans, Lavie et ses hommes rentrèrent au port avec leur naufragé, il était environ trois heures du matin.

 

Le premier soin de Lavie fat d'aller prévenir le remorquage, sur un ordre, le brave capitaine Charet fit chauffer le remorqueur MARINE, qu'il commande, et pour ne pas s'aventurer la nuit sur des indications qui n'auraient pas été assez précises, comme l'avait fait la veille le PROGRES, le capitaine Charet prit à son bord le patron de pêche Lavie, qui dirigea le bateau-sauveteur sur le point même où étaient les pauvres abandonnés qui, depuis plus de trente heures, mouraient de faim et de froid, perchés dans les mâts du navire coulé.

 

Quelques heures plus tard, le remorqueur MARINE recueillait les deux dernières victimes du brick anglais CYDONIA, et les ramenait à Dunkerque, où ils retrouvaient le reste de l'équipage, sauf le second, qu'une vague avait enlevé du bord avant la perte totale du navire.

C'est à ce courageux marin, à ce brave et dévoué patron de pêche Lavie, que les trois derniers marins du CYDONIA doivent d'avoir été sauvés.

Dire que voilà plus de soixante sauvetages dans lesquels cet homme expose sa vie et qu'il recommencerait demain, si la mer menaçait encore d'engloutir des infortunés !

 

 

Sources

 

BNF Gallica Société centrale de sauvetage des naufragés 1866 – 1939

BFN Gallica Le XIXe siècle