4 juillet 1874

Sauvetage du  SAINTE MARIE

 1 personne sauvées  - 1 péri en mer

 

Armement du Marie

 

 

 

Dunkerque 

 

Selon la presse

3h-4h00 du matin à l'entrée du chenal, le patron du bateau de pêche Béharé, sur le SAINTE MARIE, allant à la pêche aux crevettes est abordé par le remorqueur MARINE qui rentrait un navire.

Le capitaine du remorqueur n’eut ni la prévoyance ni la charité de s'occuper du bateau abordé qu'il venait de chavirer. Le patron luttait contre le flot qui devait l’engloutir, pendant que le mousse se cramponnait au bout de mâture qui surnageait.

Le mousse est sauvé mais le patron disparaît sous les flots.

L’équipage de la goélette MARIE qui entrait  au port  fut assez heureux pour arracher à la mer cette nouvelle proie mais hélas,  il était trop tard pour le patron du SAINTE-MARIE.

Rapport du capitaine Breynaert commandant le MARINE

Le 3/07/1874, vers 4h15 du matin, les vents étant d'ouest sud-ouest, mais rebelle, j’arrivais au port avec mon remorqueur tenant en remorque la goélette française MARIE commandant Bourgain.

Arrivé en suivant la direction de l'axe du chenal,  je vis par mon lof bâbord, à 15 mètres de distance, un petit bateau de pêche faisant route à la voile pour le port. J'avais tout lieu de croire que ce bateau, dont la vitesse était sensiblement égale à la mienne, allait continuer sa route, quand tout à coup, il vira de bord sur l'ouest, me présentant son travers.

Avec l’allure qu'il avait conservée,  il passa à tribord et je l'aperçus par mon coté  correspondant. La faible distance qui nous séparait ne me permettant pas de venir sur tribord sans risque de le couper en 2, et  ne pouvant venir sur bâbord dans la crainte d'aborder la jetée de l'est, je fis immédiatement stopper en donnant au patron le conseil, qui fut en même temps répété par tout mon équipage de loffer. Mais au lieu d'exécuter cette manœuvre , le bateau arriva et vint s'engager dans mon porte roue de tribord, à droite de l'arbre de couche. Le choc fut insignifiant, ce qui  se démontre à l'évidence par l'inspection de la partie abordée qui  n’ a fait découvrir aucune trace d'avarie dans le bourrelet de bois formant défense du tambour, ni même de rayures dans la peinture.

Le bateau abordeur se dégagea immédiatement et alla ensuite tomber dans le lof tribord de la goélette MARIE. C'est à la suite de cet abordage qu'il coula, ce que voyant, à mes cris et ceux de mon équipage, le capitaine du MARIE, fit amener son canot dans lequel un homme fut  recueilli.

Dès que ce sauvetage fut terminé, je rentrai au port toujours avec la goélette MARIE en remorque

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source

Journal L’Autorité des 1er 2 et 3/7/1874

Analyse Alain Derenoncourt

 

 

 

L'analyse du texte et des faits par Alain Derenoncourt

 

Arrivé en suivant la direction de l'axe du chenal,  je vis par mon lof bâbord  sur ma gauche, à 15 mètres de distance, un petit bateau de pêche faisant route à la voile pour le port. J'avais tout lieu de croire que ce bateau, dont la vitesse était sensiblement égale à la mienne, allait continuer sa route, quand tout à coup, il vira de bord sur l'ouest, me présentant son travers. Avec l’allure ici  la vitesse  qu'il avait conservée,  il passa à tribord et je l'aperçus par mon coté  correspondant.  Côté droit La faible distance qui nous séparait ne me permettant pas de venir sur tribord sur ma droite sans risque de le couper en 2, et  ne pouvant venir sur bâbord sur ma gauche  dans la crainte d'aborder la jetée de l'est, je fis immédiatement stopper en donnant au patron le conseil, qui fut en même temps répété par tout mon équipage de loffer. Se  rapprocher du lit du vent  Mais au lieu d'exécuter cette manœuvre , le bateau arriva s'écarta du lit du vent et vint s'engager dans mon porte roue de tribord, roue à aube de droite   à droite de l'arbre de couche. Axe de la roue à aube Le choc fut insignifiant, ce qui  se démontre à l'évidence par l'inspection de la partie abordée qui  n’ a fait découvrir aucune trace d'avarie dans le bourrelet de bois formant défense du tambour, ni même de rayures dans la peinture.

Le bateau abordeur se dégagea immédiatement et alla ensuite tomber dans le lof tribord côté droit de la goélette MARIE.