8 janvier 1870

Sauvetage de la goélette Phénix 0201B

Equipage sauvé

 

Patron vapeur pilotage :
Pierre Delugny

Armement vapeur pilotage: 
Charles Gossin - Pierre Ficquet -Everaert-

Damman-Lefebvre-  Arnoudts-  Vanlenbrouck

Benoit Boone-Verreken-Provoost -Soetenaye

Henry Verheecken

 

 

 

Dunkerque :

À 2h de l'après-midi,  la goélette PHÉNIX  de Marans, capitaine Augé, venant de son port d'armement avec un chargement d’orge  a touché le banc à environ 100 mètres de l'estacade ouest en tentant d'entrer dans le port.

L’état de la mer, la violence du vent, avaient rendu impossible toute manœuvre pour sauver le navire, il faisait déjà eau de toutes parts et coulait. L'équipage composé de 5 hommes n’avait d'autres ressources que de se réfugier dans les haubans de misaine et d'attendre les secours qu’on devait leur envoyer de terre et qui ne tardèrent pas à arriver. En effet aussitôt qu'il s'en fut rendu compte, monsieur Rouillé, chef à terre des pilotes, ordonna d'allumer les feux du steamer appartenant à l'administration du pilotage et de se rendre en toute hâte vers les lieux du sinistre.

Aussi dès qu'il fut possible de se mettre en route, à 3h de et demie de l'après-midi, le pilote commandé par le capitaine Deligny et monté par les sieurs Fiquet, chef en mer des pilotes, Everaert, Damman, Lefebvre, Aernoudts et Vanlenbrouck, pilotes, Benoit Boone et Verreken, tous 2 apprentis pilotes, Provoost maître mécanicien et Soetenaye chauffeur sortait du port pour aller au secours des malheureux. Ils  seront sauvés après 1h entière de fatigue et d'effort.

Vers 4h30,  nos braves et courageux pilotes opéraient leur rentrée au port ayant à leur bord les 5 malheureux qu'ils venaient d'arracher une mort certaine et au milieu des acclamations enthousiastes de la foule qui avait attendu dans l'anxiété et l'émotion le dénouement de ce triste drame.

 

Courrier du  cdt Augé

Permettez-moi  de témoigner publiquement ma reconnaissance au capitaine du vapeur du pilotage ainsi qu’à tout son équipage pour le courage et le dévouement dont ils ont fait preuve lors du naufrage de mon navire PHÉNIX à la plage ouest de ce port. Le navire avait déjà coulé. Mes hommes et moi étions réfugiés dans la mâture, nous attendant à chaque instant à être enlevés par les lames furieuses qui déferlaient sur nous quand nous vîmes sortir des jetées   le vapeur du pilotage.

Les intrépides marins qui le montaient, au risque de se noyer eux-mêmes, car à tout moment leur navire disparaissait sous les coups de mer, manœuvrèrent avec une habileté remarquable pour venir ranger le gréement du Phénix et nous recueillir. 4 fois leurs tentatives furent vaines, leur vapeur fut rejeté au large par les lames monstrueuses qui se brisaient sur le banc du port sans se décourager et bravant 1000 dangers pour nous sauver, ils revinrent 4 fois encore auprès de la mâture de mon navire et parvinrent à nous recueillir, mes hommes et moi, l'un après l'autre.

il était temps car à peine à leur bord, je voyais mon navire s'incliner entièrement sur le côté et la mâture disparaître sous l'eau. Dès notre arrivée sur le vapeur, nous fûmes entourés par le brave Deligny et tous les pilotes, de tous les soins imaginables.

Je désire exprimer ma reconnaissance et mon admiration pour l'héroïque conduite de l'équipage,  les vapeurs des pilotes et en faire toute la publicité possible ;  je me fais un agréable devoir d'en informer moi-même son excellence,  le ministre de la Marine.

 

 

 

Sources

BNF Gallica Société centrale de sauvetage des naufragés 1866 – 1939

Journal  L'Autorité du 11 janvier 1870

 

 

Le Ministre de la Marine attribue

Témoignage de Satisfaction à

Ficquet P.L