5 novembre 1869

Sauvetage du trois-mâts barque français OLIVIER JEAN MARIE

3 personnes sauvées

 

Patron de la corvette :

Pierre Louis Delugny

Patron du canot Gr 

Pierre Joseph Leprêtre

Patron remorqueur INDUSTRIE :

Boone

Armement de la corvette 

Pierre Ficquet - Joseph Vansurell

Alfred Cordier  - François Cordier

Frédéric Pieters - Joseph Olivier

Benoit Boone

Armement du canot (Gr)

Armement du remorqueur


 

Dunkerque et Gravelines :

A midi, le canot de sauvetage de Dunkerque sortit à la remorque du vapeur L’INDUSTRIE pour se porter au secours de marins que l’on avait aperçus cramponnés à une mâture par le travers de Mardyck. La mer était très grosse.

A une heure et demie, le canot de sauvetage, arrivé près du lieu du sinistre, largua la remorque et se dirigea sur l’épave. C’était un trois-mâts-barque coulé sur le banc du Polder. Deux hommes de l’OLIVIER JEAN MARIE, capitaine Le Monier, se tenaient sur la vergue du petit perroquet, qui était au ras de l’eau.

L’un d’eux avait cessé de vivre, on ne put dégager son corps de la mâture, on recueillit le second, qui respirait à peine, et le canot de sauvetage le déposa à bord du vapeur, après quoi il prit de nouveau la remorque et rentra à Dunkerque.

Il venait à peine de s’éloigner de l’épave que le canot de sauvetage de Gravelines, mis à la mer en toute hâte, arrivait à son tour, après avoir parcouru une distance de 12 kilomètres.

Le patron Leprêtre fit plusieurs fois le tour de l’épave, s’assura qu’il ne restait plus d’êtres vivants accrochés aux débris flottants, et laissa porter sur Dunkerque, l’aspect menaçant du temps et l’approche de la nuit ne lui permettant pas de songer à regagner Gravelines.

Le bateau pilote commandé par Pierre Louis Delugny accompagné de trois pilotes réussit également à sauver deux hommes.

 

Rapport de mer du commandant J. Boone

A midi, prévenu par le syndic de la Marine, que des hommes se tenaient cramponnés à une mâture par le travers de Mardyck, je fis larguer  les amarres de l’INDUSTRIE et allai prendre le canot de sauvetage en remorque. Le vent était de la partie nord-ouest, grand vent, mer très grosse . Dès que le canot pris l’aussière, je fis  marcher à toute vapeur, mais arrivé au bout des jetées, je fus forcé de ralentir la marche pour ne pas casser les remorques. Le banc franchi et quoique l'INDUSTRIE soit  fatigué par les grands coups de tangage et de roulis ainsi que par les paquets de mer qui couvrait le bateau de l'avant à l'arrière, je suis toujours sur la  bonne route.

Ai 1h20, j'étais auprès d'un 3 mâts barque coulé sur le bord du polder. 2 hommes se tenaient sur la vergue du petit perroquet qui était au ras de l'eau, je fis amener le canot par le travers de la vergue pour faciliter le sauvetage de ces malheureux. L'un d'eux était presque mort. Pour s'assurer que l'autre ne vivait plus l'équipage du canot de sauvetage fit tous ses efforts pour l'embarquer également mais il était tellement engagé par les jambes que force fut de l'abandonner dans la crainte que le mât et la vergue de perroquet ne vinrent à tomber sur le canot.

Pendant cette opération, je tenais l’ INDUSTRIE à petite distance. Arrivé le long du bord, je recueillis le naufragé et lui prodiguai  tous les soins que réclamait son état. Aussitôt que le canot fut solidement amarré, nous fîmes route à toute vapeur vers le port et nous prîmes place au quai à 2h20 . J’ai envoyé aussitôt chercher un médecin. Le docteur Lemaire vint à bord et après qu'il eut visité le naufragé, il fut décidé qu’il resterait jusqu'au lendemain. Le navire perdu est le 3 mâts français OLIVIER JEAN-MARIE du port de Saint-Servant.

 

Sources

Archives municipales de Dunkerque – Michel Dahaene « Drames en mer »

Archives municipales de Dunkerque –Fortune de mer sur les bancs de Flandre – Jean-Luc Porhel