27 juillet 1868

Incendie de la goélette américaine BILLOW

2 personnes sauvées

 

 


sauveteurs: Richard Quéva - Alphonse Hivin

Auguste Hivin - LouisPonchez - Jean-Baptiste Dupont

 

Dunkerque :

Le BILLOW goélette américaine de 90 tonneaux est arrivée le 27 juillet à Dunkerque, venant de Boston, avec 481 fûts de pétrole et 9 fûts d’essence de houille, elle s’est amarrée au quai des Anglais

A bord se trouvaient : la femme du capitaine, ses filles, âgées, l’une de six ans, l’autre de deux, et l’équipage, se composant, outre un marin qui n’était pas de la famille, du second, d’un autre marin et du mousse, tous trois fils du capitaine.

Dès son entrée, une odeur particulière avait attiré l’attention et on avait procédé à quelques vérifications demeurées sans résultat. Dans la soirée de mardi, les promeneurs qui passaient à proximité du navire étaient presque suffoqués par l’odeur de pétrole qui s’en exhalait. La chaleur atmosphérique était d’ailleurs accablante.

Mercredi au matin, le capitaine demanda à sa femme, qui se trouvait dans sa chambre avec ses deux petites filles, une poulie sur laquelle elle ne put mettre la main. Pour la chercher elle eut la fatale pensée d’allumer une allumette chimique, afin de mieux voir. Une épouvantable explosion de gaz de pétrole qui s’était concentré dans cette partie du navire fit voler en éclats, à une hauteur prodigieuse, le capot de chambre et la claire-voie, et la malheureuse mère fut aussitôt entourée par les flammes ainsi que ses deux enfants.

Une partie de l’équipage sauta sur le quai, le capitaine et le second capitaine, son fils, se précipitèrent vers l’arrière au secours des trois victimes que la mort menaçait déjà, mais ils ne purent sauver que la femme qu’ils déposèrent sur le pont, presque entièrement brûlée.

L’enfant de sept ans devra la vie, s’il ne succombe à ses brûlures, au courage et au dévouement du sous brigadier des douanes Richard Queva, qui pénétra résolument dans la chambre, au milieu des flammes, pour en arracher cette charmante et infortunée créature, au risque presque certain de périr avec elle. Quant à sa sœur, âgée de deux ans, ses cendres sont restées mêlées à celles du navire qui fut son berceau.

A ce moment, raconte l’Autorité de Dunkerque, l’incendie prit une nouvelle intensité, et tout espoir de rien sauver était désormais perdu.

Il fallait se résigner à lui laisser achever son œuvre de dévastation, et il ne restait plus qu’à mettre en sûreté les navires qui se trouvaient dans le voisinage, mesure qui fut exécutée avec autant d’intelligence que de promptitude, grâce aux ordres donnés par les officiers de port.

A midi, il ne restait plus qu’un vaste brasier, et navire et cargaison, tout était anéanti. Les jours de la malheureuse femme sont gravement compromis, et sa vue est entièrement perdue.

Les brûlures de sa compagne d’infortune donnent moins d’inquiétude, et toutes deux reçoivent à notre hospice les soins les plus empressés. Le quai voisin de l’incendie est complètement calciné, et, pour comble de malheur, le navire, bien qu’assuré en Angleterre contre les risques de mer par une compagnie d’assurance maritimes mutuelles, ne l’était pas contre l’incendie.(23)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source

BNF Gallica Le Monde Illustré

 

 

 

sa Majesté la Reine d'Angleterre

 

décernera au brigadier Quéva

 

une médaille pour ce sauvetage

Reine d'Angleterre