30 octobre 1866

Sauvetage du lougre MARIE JOSEPHE

9 personnes sauvées

 

 

 

 

Patron du canot :

Pierre Joseph Leprêtre

Armement  du canot de sauvetage

 

 

Gravelines :

 

Un grand nombre de bateaux appartenant aux ports de Boulogne et de Calais avaient été contraints par le gros temps à chercher un refuge dans le port de Gravelines. Vingt d’entre eux réussirent à y entrer mais deux autres moins heureux, les lougres la MARIE JOSEPHE et le SAINT-ESPRIT, firent côte à 200 mètres dans l’Est, et si près l’un de l’autre qu’ils ne tardèrent pas à s’aborder en talonnant.

 

La situation était critique. Il était alors trois heures du soir, et la mer avait encore deux heures à monter.

 

Le sieur Leprêtre, décoré déjà de cinq médailles de sauvetage, patron du canot de sauvetage placé à Gravelines par la Société centrale, réunit immédiatement l’équipage, et, bien que l’embarcation n’eût encore jamais pris la mer pour secourir des navires en détresse, moins de dix minutes suffirent pour la lancer.

 

Les deux lougres se trouvaient aux milieu des brisants. Le canot de sauvetage alla se placer sous le vent, prêt à recueillir les équipages naufragés. Les marins, du SAINT-ESPRIT voyant que leur bateau ne fatiguait pas trop, préférèrent rester à bord jusqu’à ce que la mer, en se retirant, les laissât à sec.

La MARIE JOSEPHE, au contraire, avait ses pavois défoncés. Son équipage ne se trouva pas en sûreté à bord et réclama l’assistance du bateau de sauvetage. Après trois tentatives infructueuses, l’opération difficile du transbordement put s’effectuer sans accident, et les neuf naufragés furent ramenés au port sains et saufs.

Les matelots de la flottille de pêche, retenus à terre par le mauvais temps, se pressaient sur le rivage pour suivre les opérations du sauvetage. Tous ont admiré l’habileté et le sang-froid du patron, le dévouement de l’équipage, composé presque entièrement de jeunes marins en congé renouvelable, et la manière remarquable dont s’est comporté le canot lui-même au milieu des brisants et des coups de mer qui l’ont assailli

 

Source

BNF Gallica  Annales de la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés