8 décembre 1860

Sauvetage du SAINT MARC

Equipage sauvé, 1 décès

 

 

 

Armement du bateau pêcheur

 

 

 

Dunkerque

 

L’équipage du bateau le DON DE DIEU annonçait qu'un évènement terrible avait eu lieu à bord du bateau SAINT MARC.

4 hommes étaient blessés et ils avaient mis un de leurs hommes à bord afin d’ aider ceux qui étaient valides à ramener le bateau au port. L’anxiété des familles des marins composant cet équipage était au comble.

A la marée du soir, le bateau SAINT MARC arrive. Le patron Pierre-Jean Byl, âgé de quarante et un ans, était grièvement blessé. On se hâte de le transporter à l’hospice civil, mais quelques minutes après il rend son dernier soupir.

Un autre homme a été blessé ; on craint qu’il n'ait l’épaule luxée, un autre a reçu un coup dans les reins, et le quatrième a le genou fortement contusionné.

L’équipage rend compte des événements :

Le bateau dérivait sur son chalut ; Il fut arrêté par un obstacle au fond de la mer. Etait-ce un caillou, une ancre ou la carcasse d’un navire ? Nul ne le sait. Le patron donna l’ordre de virer au cabestan afin d’embarquer le chalut, espérant que venant à pic de celui-ci, l’obstacle aurait été enlevé avec lui. La mer était grosse : La résistance éprouvée laissait supposer que le chalut était pris dans une carcasse de navire.

Il s’apprêtait à filer le câble et attendre le jusant quand une lame souleva le navire et fit déraper les palettes du cabestan, qui se mit à déraper en jetant les hommes violemment contre les parois du bateau. C'est dans cette position que les hommes qui n’étaient point blessés firent des signaux de détresse, et le patron du DON DE DIEU y envoya un de ses matelots, nommé Pierre Eugène.

Le patron Byl laisse une famille dans la désolation, huit enfants dont l’aînée est une fille de 15 ans, une autre de 12, une de 6 et une de 6 mois, 4 garçons dont l’aîné a 11 ans et le plus jeune 4 ans. La mère du patron Byl, 72 ans, comme !a veuve et ses enfants restent sans aucune ressources.

Le journal comptait ouvrir une souscription publique mais l’armateur du bateau M Verharne, avec une touchante sollicitude, avait devancé les intentions de la presse.

 

Source

Moniteur Universel 13 décembre 1860