25 mai 1860

Sauvetage du MALABAR

Équipage et passagers sauvés

 

Ceylan, en mer

Le steamer de la compagnie péninsulaire et orientale MALABAR, sur lequel venaient de s'embarquer les ambassadeurs de France et d'Angleterre en Chine, ainsi que les autres passagers à destination de Singapour et de Hong-Kong, a fait naufrage en rade. Personne, heureusement, n'a péri. Le navire allait appareiller, lorsqu'une rafale assez forte le fit chasser sur son ancre, et peu d’instants après, il touchait sur des roches sous-marines auprès desquelles il était imprudemment mouillé.

Cette dangereuse position ne dura pas longtemps ; mais lorsque le MALABAR eut cessé de talonner sur les récifs, le mal était déjà irréparable. En effet, une voie d'eau s’était déclarée, le navire s’enfonçait visiblement, et le capitaine, pour ne pas compromettre l'existence de l’équipage et des passagers , dut prendre le parti d’aller à toute vitesse se jeter sur les bx²ancs de sable qui s’étendent au fond de la baie de Pointe-de-Galle.

Un seul bâtiment français était au mouillage, le PAUL AUGUSTE de Dunkerque, capitaine Messemaecker, et c'est de lui que vinrent, ainsi que du WEETERSEY, navire anglais, les premiers secours que réclamait la situation du paquebot naufragé. Cet exemple ne fut suivi que plus tard par les embarcations du port et d’ autres navires qui se trouvaient sur rade.

Une fois à la côte , le débarquement des passagers s'effectua assez facilement. Les bagages, les dépêches, des barres d'argent pour une somme de 12 millions de francs, en un mot tout ce qui se trouvait à fond de cale est très compromis, et si un coup de vent survenait, il serait fort à craindre qu'on ne put en opérer le sauvetage.

Source

Correspondance particulière Moniteur Universel 27 juin 1860