4 juin 1940*

Sauvetage  d'une baleinière

6 personnes sauvées

 

 

 

 

 

Gravelines

13 heures,  l'Autorité Allemande prévint qu'une baleinière se trouvait à environ 1 mille dans le nord du port, et faisait des signaux de détresse.

Je rassemblai un équipage de suite et partis à l'abri, accompagné d'un sous-officier allemand, qui entre temps avait donné ordre de cesser le tir. Je mis à la mer le canot de sauvetage à moteur MAURICE-PINEL dans de bonnes conditions, un mécanicien pratique s'occupa du moteur et nous amena sans incident sur les Iieux indiqués. Je trouvai cette baleinière, avec six soldats français dont deux gravement blessés comme le lieutenant Averseng, exténués de fatigue, qui allait à la dérive et vouait certainement ses passagers à la mort, car elle était mitraillée des jetées du port. Nous l’accostâmes, la prîmes à la remorque jusqu'au quai où les Autorités Allemandes nous attendaient. Les blessés furent dirigés sur une ambulance. 

Selon d'autres données ce sauvetage aurait été réalisé le 3 juin. La version ci-dessus est sans doute plus conforme à la vérité.

 

 

Sources

Annales de la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés - Rapport d'Edouard Brunet

 

 

Patron du canot

Edouard Brunet

Armement du Maurice Pinel

 

Le capitaine Rouliot, le Lieutenant Averseng et 50 hommes de la 1ère compagnie du 12ème bataillon du Génie, du 224ème RI et du 7ème GRDI décidèrent de tenter une échappée maritime à l’aide de 4 barques à rames et 3 petits voiliers1.

« Nous descendons dans cette barque à quatre rames commandée par le lieutenant Averseng du Génie et 4 de ses hommes. Nous quittons le port non sans essuyer le feu de l’ennemi…Nous prenons le cap nord-ouest vers Douvres espérant surtout rencontrer des unités de guerre qui nous accueillent…Nous n’avons aucun instrument de bord…Heureusement, le soleil est là pour nous orienter !...

Partis sans ravitaillement important, des équipages se rapprochèrent d’épaves ou de bateaux dérivants afin d’y de compléter leur maigre réserve. Suite à leur cap, naviguant dans la passe ouest, l’épuisement après quelques heures d’efforts, l’efficacité des gréements de fortune, les rendirent impuissants face aux forces marines. La houle et dérive des courants les ramenèrent vers la plage. La majorité de ces petites embarcations prenaient l’eau car la mer grossissait, les casques ne suffisaient plus à écoper. Repoussés dangereusement par la mer vers le littoral gravelinois, ils subirent les tirs des positions côtières allemandes.

« A la hauteur de Gravelines, à 1500 mètres de la côte, nous recevons des rafales de mitrailleuses et de canons légers ; les balles ricochent de tous les côtés…le lieutenant reçoit deux balles dans le dos et une troisième lui sectionne le pouce…L’affolement s’empare des hommes à bord…On tâche en ramant de s’éloigner de la côte mais l’homme qui rame à côté de moi reçoit une balle en pleine tête…Nous prenons la décision de nous rendre… »

Nota : Le 20 août 1954 le  lieutenant Averseng reviendra à Grand-Fort-Philippe afin de remercier ses sauveteurs

 

Source

SDHA "Les échappées maritimes du 4 juin 1940    Le choix de la liberté …" Olivier Vermesch