27 Février 1859

Sauvetage DEUX ERNESTINE

7 personnes sauvées
 

Sauveteurs

Benard  Jamelie

Bouville Derycke,

Couvreur

 

 

 

 

Dunkerque

 

Vers 6 heures du soir, le lougre les DEUX ERNESTINE, de Bordeaux, capitaine Rouxel, ayant 7 hommes d’équipage, manque le port et vient s’échouer à son entrée, près de l'estacade de l'ouest. Le vent est nord, la mer grosse.

 

Rapport du commandant des DEUX ERNESTINE

 

Le 27 février à 6H45, le signaleur Benard qui se trouvait seul à l'estacade sonnait l'alarme. Deux matelots de douanes, Bouville el Derycke, ainsi que les sieurs Couvreur, gardien du phare et Jamelie sous-brigadier des douanes, tous quatre présumant qu'un accident vient d'arriver sont accourus au son de la cloche.

En arrivant, ils trouvent le sieur Bénard avec un plan et une ligne à la main pour établir un va-et-vient ; ayant concentré leurs efforts avec la ligne et le plomb de sonde, ne voyant pas de possibilité d’atteindre le navire, DEUX ERNESTINES de Vannes, capitaine Rouxel, le sieur Benard a conseillé de prendre un ballon de signaux pour l’ envoyer et joindre le susdit navire. L’équipage se préparait à mettre un canot à la mer mais cela leur fut défendu et comme il faisait nuit, on prévint qu’ un ballon allait venir rejoindre le navire. Sur ces entrefaites, un matelot des DEUX ERNESTINES se jetait à l'eau, amarré sur le va-et-vient. L’équipage ayant prévenu les sauveteurs, ceux-ci se sont précipités sur le va-et-vient pour sauver le matelot, qui, une fois arrivé sur la jetée, a demandé si le navire était en danger et si l’équipage pouvait rester à bord. Derycke ayant pris la parole, lui a demandé si le navire était en bon état et quel était son chargement. Ayant appris qu'il était chargé de vins venant de Bordeaux, et que le navire, quoique ayant 10 années de navigation, était en très bon état, il fut répondu unanimement au matelot que le navire et l’équipage étaient en sûreté. Cela fait, les sauveteurs sont restés en observation sur le va-et-vient jusqu’à 9 heures 30, heure à laquelle il n'y avait déjà plus de danger.

G. ROUXEL, capitaine des DEUX ERNESTINE

L’équipage est conduit à la Société Humaine, où il reçoit les soins que réclamait sa triste position. On désespère de sauver le navire. La marine a prix la direction du chargement.

Source : L’Autorité 1er mars 1859