8 mars 1858

Sauvetage de la goélette INDUSTRIE

4 hommes sauvés

 

Patron du bateau :

Augustin Creton

Armement du Hareng  

 

Gravelines :

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Vers trois heures du matin, le vent soufflant N.-O. avec violence, toute la nuit, la mer très grosse et affreuse, la goélette INDUSTRIE Capitaine Guégo, du port de Saint-Brieuc, allant de Rouen à Londres, avec un chargement de pommes de terre, fait naufrage sur le banc du Godwin-Sand, à 11 lieues dans le N.-O. du port de Gravelines.

L’'équipage, composé de quatre hommes tout compris, se précipita dans la frêle chaloupe du navire, et vogua ainsi pendant six heures à la merci des flots, luttant avec courage contre le danger qui les menaçait à chaque instant. La mer, grossissant toujours avec force, le vent passant au S.-O., soufflant avec intensité, remplissait d'eau à tout moment la chaloupe. Ces malheureux naufragés, dont le courage diminuait ostensiblement dans la position périlleuse où ils se trouvaient.

Ils allaient être infailliblement engloutis, lorsque tout à coup, ils reprennent espoir et courage en apercevant, vers 8 heures du matin, à la levée des lames, un bateau pêcheur qui faisait route sur eux.

Ce dernier venait à leur secours, bravant la tempête pour les arracher à la mort.

A l'approche du bateau-pêcheur commandé par le patron Augustin Creton, armateur M. Legoulon Denève, de Gravelines, les naufragés, dont les forces s'épuisaient, engourdis et presque morts de froid, allaient disparaître sous les flots ; mais, dans cette circonstance déplorable, le patron susnommé et son équipage parvinrent, par leur courageux dévouement, à leur sauver la vie.

Le certificat suivant, rédigé et signé par le capitaine Guégo, atteste la véracité de la relation que nous venons de reproduire :

« Je soussigné, capitaine de la goélette INDUSTRIE , du port de St-Brieuc, naufragé le 6 mars avec mon équipage, certifie à tous ceux qu'il appartiendra, et pour rendre hommage à la vérité, que le patron Creton, du bateau nommé HARENG, N°18, du port de Gravelines nous a sauvé la vie, au péril de ses jours dans une tempête, par une mer affreuse, en nous retirant de notre chaloupe remplie d'eau. Nous étions engourdis, à moitié morts de froid.Il était 8 heures 30 du matin et nous étions restés depuis 3 heures du matin dans cette position désespérée. Sans son courageux dévouement et celui de son équipage, nous étions perdus sans ressources; il ne s'en est fallu que de quelques secondes

Signé Guego

Sources :

Archives municipales de Dunkerque – Michel Dahaene « Drames en mer »

Archives municipales de Dunkerque –Fortune de mer sur les bancs de Flandre – Jean-Luc Porhel

Journal l' Autorité