13 février 1853

Sauvetage du bateau de pêche dunkerquois PETIT HENRI

8 hommes sauvés

 

Patron du canot lamaneur : Noedts

 

Armement du canot lamaneur

 

 

Dunkerque :


Avant hier dimanche, vers huit heures du soir, la marée étant basse, le bateau pêcheur N°67, patron Mascot, de Dunkerque, ayant voulu entrer, quoiqu’il n’y eût pas assez d’eau, a talonné sur le banc du port. Le bateau ne se relevant pas vers onze heures, alors que la marée montait, l’équipage fit des signaux de détresse en brûlant la paille des paillasses des matelots qui ne furent aperçus qu’à minuit par le patron Noedts, du canot lamaneur N°7, qui fort heureusement veillait cette nuit-là l’arrivée du bateau à vapeur attendu de Londres.

Noedts se dirigea immédiatement avec son canot et son équipage vers le fanal de détresse, qu’il aperçut peu élevé au-dessus de l’eau, car le bateau était entièrement submergé ; une partie seulement de la mâture ne l’était pas. En approchant, les lamaneurs aperçurent les malheureux pêcheurs cramponnés aux vergues et aux bouts des mâts, se trouvant à chaque instant couverts par les lames qui s’abattaient sur eux avec fureur.

Les intrépides canotiers ne perdirent pas de temps et se préparèrent aussitôt à sauver les pêcheurs. Mais cette opération était périlleuse, car les hommes ne pouvaient s’embarquer qu’un à un, et le canot, s’inclinant par le poids de chaque homme qui y descendait, courait risque de chavirer. Ce ne fut qu’après les plus pénibles efforts que les naufrages parvinrent ainsi à se sauver.

Pendant le sauvetage, le mousse a couru le plus grand danger, car le pauvre enfant, ne pouvant résister plus longtemps aux cruelles souffrances que lui faisaient endurer le froid et la fatigue, lâcha prise, et du haut du mât où il se tenait cramponné, tomba dans l’eau ; il allait disparaître, lorsque~la main vigoureuse de l’un des canotiers l’atteignit et l’amena dans le canot, presque inanimé.

Après être restés durant trois heures dans la plus cruelle des positions, se tenant cramponnés à des morceaux de bois, au milieu d’une nuit obscure et par une gelée intense, les naufragés recueillis, ainsi que nous venons de le dire, ont été débarqués du canot lamaneur à une heure et demie du matin. C’est ainsi que, grâce au courage et au dévouement du patron Noedts et de son équipage, huit hommes ont été arrachés à une mort certaine.

 

Source

BNF Gallica Journal des débats politiques et littéraires

 

 

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