13 décembre 1950

Sauvetage du GEORGETTE

trois hommes sauvés 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

GRAVELINES

A 17 heures, M. l'Administrateur, Chef du Sous-District de l’Inscription Maritime de Grand-Fort-Philippe, est prévenu qu'un bateau de pêche est échoué à l’est du port. Brume épaisse, on ne voit guère à cinquante mètres.

J’alerte aussitôt le mécanicien Jonnekin, car le patron  et le sous-patron sont en mer et il me fait connaître qu'il semble y avoir peu de monde pour armer le canot.

Cela me décide à prendre le commandement et, suivi de deux volontaires, je cours à l'abri où se trouvent déjà Jonnekin, Jules Bomy et Julien Creton. Les moteurs sont déjà en marche.

Le MAURICE PINEL file sur sa glissière. Le temps s'est un peu éclairci et nous apercevons le bateau échoué, dont nous nous rapprochons le plus possible.

Je le hèle par porte-voix. il me répond, que son bateau est le GEORGETTE, N° 101, pêcheur de Nieuport, monté par trois hommes, et qu'il va tenter le renflouement à la marée suivante.
Le vent est au S.-E., petite houle ; voyant qu'il n'y a aucun danger pour l'équipage et que la brume revient, nous rentrons au port à 18 h. 30.

Le MAURICE PINEL est laissé à flot pour la tentative du lendemain.

Le lendemain, 14 décembre 1950, nous repartons avec deux bateaux pêcheurs (un français et un belge). Arrivés près du GEORGETTE, nous lui passons les aussières et, les trois bateaux s'y attelant, entreprennent de le déséchouer.

La pleine mer est à 16 h. 30. Jusqu’à 17 heures, nous tentons en vain de tirer le GEORGETTE de son banc ; Il est trop sérieusement échoué et l'amplitude de la marée est trop faible. D'autre part, l'eau monte dans les cales et le patron se décide à abandonner le navire.

Nous accostons ce dernier et recueillons les trois naufragés que nous ramenons au port sains et saufs.

Le GEORGETTE n’était pas assuré. Les pauvres pêcheurs nous ont remerciés de tout cœur d'avoir bien travaillé à leur égard et de les avoir aussitôt secourus.

Source

Annales de la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés - SNSM Paris

 

 

Patron sortie 1

Edouard Brunet

Mécaniciens

Louis Jonnekin - Jules Bomy

Canotiers

Julien  Creton, Maurice Wellems,
Charles Jonnekin 

Patron sortie 2

Edouard Whitehead

Mécaniciens

Louis Jonnekin - Jules Bomy,

Canotiers

Edouard Brunet  - Charles Jonnekin

 Eugene Agez

Armement du ROSNY

patron Lemaire,

Armement du RIEN-SANS-MAL

patron Jacquet

Armement du JOSEPH-ROGER

patron Charles Landy

Durée de la sortie 1

1H30

Durée de la sortie 2

 

 

Une partie de l'équipage discute des possiblités de sortir le navire de sa positon. Il est bien sur plus économique de sortir le bateau par ses propres moyens mais l'amplitude des marées ne le permet pas

Le sauvetage du bateau

Un bel acte de solidarité

Les marins philippois ont renfloué le chalutier GEORGETTE
Le 14 décembre, par une journée froide, le petit chalutier GEORGETTE d'Ostende s’échouait sur la plage de Gravelines.

Malgré tous les efforts déployés par l’équipage et par ceux d'autres chalutiers belges, il ne fut pas possible de le tirer de sa fâcheuse position. Les ressources financières du patron de ce chalutier n'avaient pas permis de faire assurer ce dernier. Il ne fallait donc pas envisager le renflouement par la société de remorquage.

L'espoir de vivre du patron et de son bateau émut beaucoup les équipages Grand-Fort-Philippois. Quelques-uns de ceux-ci décidèrent donc d’essayer le renflouement aux grandes marées. Plusieurs tentatives furent effectuées sans résultats, mais l'espoir restait vivace, car la veille de Noël , quelques tractions avaient fait déplacer le bateau.

Le jour de Noël, dans le brouillard froid, quelques patrons s’étaient réunis ; ils décidèrent de tenter un suprême effort . A la marée de midi, à l'heure dite, Le ROSNY patron Lemaire, le RIEN-SANS-MAL , patron Jacquet ; le JOSEPH-ROGER, patron Charles Landy et quelques chalutiers belges s’attelèrent à la coque alourdie du chalutier qui faisait eau. D’abord les efforts furent vains et déjà la marée baissait, lorsque quelques fortes lames firent flotter le chalutier juste assez pour lui faire prendre bonne direction. Le retour de l’eau des grèves avec le courant descendant accentua les efforts tenaces de chacun des chalutiers qui étaient obligés de prendre des précautions pour ne pas aller s’échouer à leur tour. Après de nouveaux talonnages, la GEORGETTE prenait la direction des jetées et rentrait dans le chenal. Mais de plus en plus, l'eau rentrait par sa coque et alourdissait et c’est de justesse que le bateau put enfin être échoué au pied du phare.

Félicitons sans réserve tous les hommes courageux et dévoués dont les efforts vont permettre au propriétaire du GEORGETTE de pouvoir continuer à gagner sa vie. Les charpentiers ont travaillé mardi à reclouer la bordée et calfater les fissures. Le GEORGETTE pourra sans doute être remorqué à Ostende aujourd'hui. Qu'il nous soit permis de rapporter les paroles du vice-président des armateurs M. Turpin :

Les marins Grand-Fort-Philippois peuvent être cités comme les plus courageux de notre littoral.

Source

Archives de Dunkerque Centre de mémoire Voix du Nord 27 décembre 1950

 

Source

Archives de Dunkerque Centre de Mémoire Urbaine VDN du 27 décembre