15 juillet  1949

*Sauvetage du yacht hollandais ORANJE

3 personnes sauvés

 

 

Patron Canot Amiral Ronarc'h

Auguste Brunet

Sous-patron

Louis Bossu

Mécanicien

Joseph Bouteille

Canotiers

Marceau Bossu, Louis Dewitte

Marcel  Legrand

 

 

 

 

 

Dunkerque

Vers 22 h. 40, le 15 juillet 1949, je fus prévenu téléphoniquement par le service d'alerte du canot de sauvetage que des fusées avaient été aperçues en direction du banc dangereux dénommé « Gros Jacques ». Je pris la décision de sortir immédiatement et je demandai de faire rallier le reste de l’équipage.

A 22 h. 50, j’arrivai au pilotage suivi du sous-patron Louis Bossu, des mécaniciens Vanhille Auguste, et Bouteille Joseph. J’ordonnai alors au sous-patron d'aller chercher le complément de l’équipage : Bossu Marceau, Dewitte Louis, et Legrand Marcel.

Nous appareillâmes à 23 h. 10. Par nuit noire, temps orageux, grains, petite houle du nord, nous fîmes route cap à I'est, et, avant d'arriver à la bouée N°7, j’aperçus une traînée blanche sur le Hills Bank . La sonde à la main, nous nous en approchâmes, mais nous avons alors constaté que c’était la mer qui brisait sur le banc.

Ayant continué la route et arrivant à 300 milles de la bouée 5 est, nous vîmes un maigre feu blanc qui oscillait d'une manière prononcée. Nous fûmes alors persuadés qu'un bateau était échoué sur le Gros Jacques . La sonde à la main, nous nous en sommes approchés et nous avons constaté que c’était un yacht et qu’il y avait des gens à bord.

II s'agissait du yacht ORANJE, d'Yirnuiden qui avait perdu son hélice. Ce petit bateau gîtait sur bâbord, puis sur tribord, avec la houle et donnait de forts coups sur le banc avec sa quille, prenant des inclinaisons de plus de 50° de chaque bord. L'eau commençait à entrer à bord. Vu le peu d'eau et le courant de jusant, je mouillai mon ancre à l’est du yacht et fis marche arrière jusqu’à sonder 1 m. 10 dans les creux des lames, ce qui me plaçait à une dizaine de mètres du bateau.

A l’aide d'une ligne de jet à la main, je réussis à lui envoyer notre remorque. Cette manœuvre réussit et nous avons pu ainsi le conserver en remorque jusqu’au port où nous accostâmes au quai du pilotage à 2 h. 35 le 16, avec ses 3 occupants.

A notre arrivée, le patron du yacht me déclara :

Ah, si les secours avaient tardé, mon bateau se serait certainement rempli d'eau et brisé.

 

 

Sources

Annales de la société centrale de sauvetage  des naufragés année 1950 - Archives de la station  de Dunkerque

Annales de la société centrale de sauvetage  des naufragés année 1949- Archives de la SNSM Paris

 

 

 

 

Equipage MAURICE MARGUERITE