11 septembre 1840

-Sauvetage du pêcheur anglais VENUS-

5 personnes sauvées

 

 

Armement de l'ESPERANCE
Guillaume Claeyssen

 

 

 

 

 

Atlantique nord

Le capitaine Guillaume Claeyssen, commandant le dogre  L’ESPERANCE de notre port, armé par M. Delahaye, revenu de la pêche en Islande samedi dernier, a donné, ainsi que son équipage, un nouvel exemple de l’empressement avec lequel nos marins dunkerquois exposent leur vie pour secourir leurs semblables.

Le 11 courant, étant par 60° IV de latitude et par 0° 7’ de longitude ouest de Greenwich pendant une tempête soulevée par des vents d’ouest et la mer couvrant son navire de l’avant à l'arrière, il aperçut, vers cinq heures du matin, le navire anglais VENUS, de Lerwig, patron Gilberton, armé pour la pêche du hareng, et qui se dirigeait sur lui en détresse, pavillon en berne.

Le capitaine Claeyssen, alors à la cape et luttant lui-même avec beaucoup de peine contre la violence du vent et de la mer, prit néanmoins aussitôt les dispositions nécessaires pour sauver l’équipage anglais. Avec des peines inouïes et après une heure et demi d’efforts, il parvint à embarquer les cinq hommes du bateau VENUS ; le patron ayant, en montant à son bord, été enlevé par une lame, il fit de nouveau des efforts pour le sauver, et y parvint.

Le bateau en perdition était la seule ressource des malheureux qui venaient d’être arrachés à la mort ; le capitaine Claeyssen voulut essayer de le sauver et de compléter ainsi sa bonne action ; il le prit à la remorque, bien qu’il fût à moitié rempli d’eau ; mais l’amarre ayant cassé, les deux navires se séparèrent. II donna alors aux marins anglais tous les soins que réclamait leur position, les fit changer de vêtements, et le lendemain, le vent ayant passé au nord et s’étant un peu calmé, il se dirigea sur Dunkerque, où il débarqua ses passagers sains et saufs.

Nous désirons qu’une récompense honorifique quelconque soit décernée au capitaine Claeyssen et à son équipage, parce qu’oublier son propre danger et l’augmenter même pour secourir son semblable est toujours une belle action qui doit être encouragée et dont il faut féliciter les auteurs. 

 

Sources

Moniteur 30 septembre 1840