3e jour de l'opération  DYNAMO

Sauvetage du DOUAISIEN  par plusieurs bâtiments 

 

 

Le cargo  dunkerquois DOUAISIEN  capitaine Charles Desse transporte un millier d'hommes, dont l'équipage du cargo français ADEN, coulé le 27 mai, il a appareillé la veille, à 22 h 30, de Dunkerque, accompagné des patrouilleurs auxiliaires français CERONS et SAUTERNE et du dragueur auxiliaire français GATINAIS.

0H10 soudain une formidable explosion. Le personnel de quart sur la passerelle est projeté au sol. La barre, le compas, les échelles de descente de la passerelle sont arrachés ; l'ancre de tribord se mouille toute seule et se capelle sur le bâti du guindeau ; la soupape de sûreté de la chaudière bâbord est sectionnée à ras ; le circuit électrique est détruit, l'antenne TSF est cassée. C'est certainement une mine qui a explosé. Le navire abat sur tribord, draguant son ancre et s'immobilise à 250 mètres environ au sud de la bouée .A 3 heures, le commandant envoie des signaux de détresse.

Les embarcations et le youyou sont mis à l'eau. Ils ne peuvent évidemment recueillir 1200 passagers.

Des rescapés sont recueillis, au petit jour, par l'aviso COMMANDANT DELAGE  et des bateaux de pêche, dont le DUGESCLIN matricule DG 910, réquisitionné en 1939 et le SURCOUF, matricule C 5760 (Caen), réquisitionné en 1940 et qui sera saisi par les Anglais le 11 novembre 1941. Celui-ci transporte des blessés à bord du dragueur auxiliaire français ANGELE MARIE, commandé par le pilote dunkerquois Auguste Brunet futur patron du canot de sauvetage qui se rend à Dunkerque, chargé de munitions ainsi que du dragueur de mines auxiliaire le CHASSE-MAREE. Les derniers à 9H00.

 L'ex capitaine de l'ADEN signalera plus tard la calme et le sang froid de l'état major du DOUAISIEN qui a contribué à inspirer confiance aux personnes embarquées et à faciliter l'évacuation du bord dans un ordre parfait.

Parmi les rescapés Robert Laloux responsable de la Défense portuaire de Dunkerque et son épouse Lucienne née Gardie tous deux dunkerquois.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Douaisien est déjà cité pour son sauvetage du  27 mai

Journée du  29 mai 1940

Sauvetage du DOUAISIEN

près de 400 personnes  sauvées*

Le futur patron du canot de sauvetage de Dunkerque Auguste Brunet est commandant de l'ANGELE MARIE - AD71  qui participe au sauvetage du Douaisien.

Merci au site DK épaves dont est tiré l'essentiel des pages sur la bataille de Dunkerque

Sources

Site Dunkerque Epaves

Données Llyods Ltd

Le cdt desse raconte  :Extrait du "Nouveau Nord" en 1956.

Société Dunkerquoise d'Hisoite et d'Archéologie Olivier Vermesch

 

 

Cie des Bateaux à Vapeur du Nord à Paris

1936  Renommé "Douaisien".
Port d'attache:
Dunkerque.
5 500 tonnes.
L:
103.20m, l: 14.71m, tirant d'eau: 6.73 m

Vitesse 10 Noeuds

Le commandant Desse raconte

Sortis du port , nous prenions place dans un convoi de 7 bateaux marchands dont certains étaient bourrés de munitions. La passe ouest était devenue naturellement inutilisable, en raison de l’avance allemande le long de la côte. Nous devions donc mettre le cap à l’est pour prendre le West-Hinder et faire le tour par les côtes anglaises. Hélas nous ne devions pas aller bien loin… Il devait être minuit, juste avant d’arriver à la passe de Zuydcoote, une sourde explosion souleva l’avant du Douaisien : sur la passerelle, jumelles en mains, j’ai été projeté jusqu’au plafond. Puis les événements se précipitèrent ; le cargo faisait eau de partout ; on mettait les baleinières à la mer ; tandis que le navire s’enfonçait lentement, on mesurait la distance qui nous séparait du rivage : un mille à peine.
 Des hommes ont-ils tenté de gagner la côte à la nage? 
Personne car, heureusement, les autres cargos du convoi et de nombreux chalutiers belges et français eurent le temps de nous porter secours et de prendre à leur bord les 1200 soldats parmi lesquels l’explosion avait fait une cinquantaine de blessés ainsi que tous les marins. Seuls mes chats, deux magnifiques Siamois ont dû se noyer….Conformément aux traditions maritimes, je fus le dernier à quitter le Douaisien pour m’embarquer sur un chalutier qui devait me ramener à Dunkerque
En définitive, comment avez-vous quitté Dunkerque?   Sur un chalutier que commandait M. Henri Wallyn; il me débarqua à Douvres