4  décembre 1926 

-Assistance au KANNIK-

 

 

 

Patron du canot

Auguste Vanhille

Sous Patron

Jules Leroy

Armement du Commandant Voiellaud

Etcheverry, o Legrand, Th Thédule,

E Hendricksen, N Loyer,  E Loonis,

J Bryckaert

 

 

Dunkerque

Après une première sortie pour le MAJA le canot de la SCSN appareille à nouveau pour porter secours.

A  11 h. 45 du matin, je fus avisé à nouveau qu'un vapeur de moyen tonnage se trouvait en détresse à l'ouest du port, aux environs de Loon-Plage, je donnai aussitôt l'alarme et je me rendis au canot de sauvetage où la majeure partie de l'équipage se trouvait déjà, nous lançâmes de suite le canot et nous partîmes à midi.

Le vent soufflait en tempête du N.N.O et la mer était très grosse, se brisant en forte lame à l'entrée du port.

Nous dûmes marcher à vitesse modérée pour franchir l'entrée du port. Arrivés en rade, nous fîmes route à l'ouest, le canot, à ce cap, prenant la lame en grand par le travers de tribord fut couvert constamment par la mer ; néanmoins, le canot se portait à merveille, malgré qu'il était toujours à moitié chargé par la mer qui embarquait, le moteur marchait à outrance et donnait toute sa puissance, il nous fallut une demi- heure pour nous rendre sur les lieux, car la marée était debout.

Nous nous approchâmes du  vapeur KANNIK, 447 tonnes venant de Panderma avec de la boracite, qui était échoué à la côte en face de la bouée n° 8 de la passe ouest. Arrivés à environ 100 mètres du vapeur, et par 2 m. 50 d'eau, nous étions dans les brisants de la côte qui déferlaient avec une extrême violence, tenant le canot debout à la lame au moyen du moteur, la mer passait par dessus constamment. Voyant qu'il était impossible d'accoster le vapeur et que les naufragés pourraient débarquer à basse mer à pied sec, nous sortîmes en dehors des brisants de la côte, tout en restant le plus près possible, en faisant des signaux au vapeur qu'ils pourraient débarquer à pied sec à basse mer ; ils nous répondirent du bord par des signaux négatifs, voulant dire : n'accostez pas. Nous sommes partis au large sur le vapeur pilote qui se trouvait à proximité pour lui demander de bien vouloir signaler par le code international audit vapeur qu'ils pourront débarquer à pied sec à basse mer. Nous sommes partis au port où nous sommes rentrés à 15 heures. Le canot fut hissé dans son abri sans aucune avarie apparente.

Pendant toute cette opération, le canot s'est bien comporté et le moteur a très bien marché.

Pour me rassurer au cas où, à la marée suivante, les naufragés auraient eu besoin de secours, je me suis rendu avec le sous-patron Jules LEROY et le fondé de pouvoirs de M. FAYOL, notre Président, à bord dudit vapeur où j'ai parlé avec le capitaine qui m'a répondu que ce n'était pas la peine d'armer le canot à la marée suivante, que, lui et son équipage ne couraient aucun danger, vu que son navire était trop haut à la côte.

A.VANHILLE.

 

Le canot de Gravelines était également présent sur les lieux .Ne pouvant rentrer sur Gravelines il se fera remorquer par un pêcheur jusqu'au port de Dunkerque

 

 

Sources

BNF Gallica Annales du sauvetage maritime

Le Nord Maritime du 5 décembre 1926