3 juin 1925

Sauvetage de l’ AFRICANIC

Equipage sauvé
 

 

 

Patron du remorqueur

Gens

Armement du remorqueur NORD

 

 

 

 

En mer

Une radio du Finistère annonce que le vapeur suédois AFRICANIC,  capitaine Hagstrom, et le vapeur anglais NORTHLEA sont entrés en collision au large de La Corogne le 3 juin courant. Le vapeur NORD, capitaine Gens , de la Compagnie des bateaux à vapeur du Nord (CBVN) qui avait quitté Alger le 30 mai, faisant route sur Dunkerque passant dans ces parages, aperçut l'AFRICANIC que ses avaries mettaient dans une position très critique. Ayant réussi à prendre l'AFRICANIC sous remorque, le NORD se dirigeait avec lui sur la Corogne quand le navire remorqué sombra. Après bien des difficultés, le NORD réussit à sauver l'équipage de l'AFRICANIC qu'il recueillit et continua sur Dunkerque où il est incessamment attendu. Sans l’intervention du NORD, cet équipage aurait sûrement péri.

Le vapeur SUEDOIS AFRICANIC d'une jauge brute de 3.921 tonneaux, est parti le 11 avril des Iles Christmas pour l'Europe,a  passé Ténériffe le 29 mai ; quant au NORTHLEA, vapeur de 3295 tonneaux, il avait quitté BARRY le 30 mai pour Venice ; on n'a reçu aucune nouvelle concernant ce dernier navire.

 

Revenu à Dunkerque le capitaine Gens déclare

 

Le 5 juin à 13 heures 20, nous passions non loin de la Corogne. Le brouillard tombait. A ce moment nous perçûmes de nombreux coups de sifflet à intervalles très courts. Nous répondîmes à ces appels de détresse en nous portant le plus rapidement possible vers l'endroit où on les avait lancés. Bientôt nous nous trouvâmes en présence du vapeur SUEDOIS AFRICANIC. Ce navire venait d'être abordé par le travers en pleine chaufferie par le steamer NORTHLEA

Une remorque fut passée à bord du bâtiment sinistré et nous décidâmes de faire le maximum pour sauver bateau et équipage. Cependant vers 17H00 l’AFRICANIC qui gouvernait de plus en plus difficilement fit d’inquiétantes embardées. Une demi -heure plus tard les remorques raidissaient et le bateau ne répondant plus aux manœuvres, nous décidâmes de stopper. Cette détermination fut effective quand les câbles se brisèrent. Devant ces faits, qui allaient marquer la fin du vapeur suédois AFRICANIC, puisque son gaillard avant était déjà recouvert d’eau, il ne nous restait plus qu’à sauver l’équipage. Malgré une grosse houle de Nord-Ouest, nous arrivâmes à mettre les embarcations à la mer et à les faire accoster sur les flancs du navire qui sombrait. Quelques instants plus tard l’AFRICANIC se mettait en chandelle, s’enfonçait rapidement, mettant à peine 5 minutes pour disparaître.

Quand la cheminée du vapeur fut immergée, une explosion se produisit. Elle ébranla notre navire puis ce fut tout. On eût dit l’éclatement d’une mine.

Heureusement l’équipage fut compté complet à notre bord et chacun de nous se dépensa pour lui offrir tout ce dont il pouvait avoir besoin.

 

Remerciements des naufragés

 

Quand le NORD fut amarré au Freycinet, l’équipage de l’AFRICANIC se réunit sur le pont pour débarquer. Comme aucun n’avait oublié l’accueil que les officiers et marins du vapeur dunkerquois leur avait réservé, ce fut une touchante manifestation de sympathie. Les mains se tendirent et, pendant un moment,il y eut de vigoureux “Shake bands”. Les mots “Au revoir” et “Merci camarades” venaient constamment sur leurs lèvres. C’était un des plus beaux éloges que les suédois pouvaient faire à l’équipage du NORD.

Le capitaine Hagstrom répondit par l’intermédiaire du consul M. Beggren “ L’accueil que nous avons reçu à bord du vapeur NORD a été touchant. Nous avons de suite été considérés comme de véritables frères, la plus large hospitalité nous étant offerte. Nous avons pris nos repas à la même table et partagé les couchettes. Nous restons très touchés des marques d’affection qui nous ont été prodiguées. Nous nous en souviendrons toujours.

 

Déclaration du consul de Suède :

Je vais être très heureux à mon tour de traduire toute ma reconnaissance, à M Vanhamme directeur de la CBVN ainsi qu’aux officiers et à l’équipage du NORD pour toute l’humanité qu’ils ont montrée en pareille circonstance.

 

 

Sources :

Le Nord Maritime édition du 7 juin 1925