4 octobre  1923

-Sauvetage vapeur ERIKA-

9 personnes sauvées
 
 

 

Responsables des opérations

Lieutenant des douanes Robin

Personnel des douanes

Boullenger , Gournay , Declercq, Swyngedaux, Delar, Deldiqùe,

Schapman, Brunet , Keyser

Autres personnes

Lanes, garde maritime , Barras , Wacquet, Abraham

 

Fort Mardyck

Le 4 octobre, vers 7 h. 3/4, le brigadier Boullenger, chef de poste, était avisé par le préposé Keyser  en service de rebat sur la gauche, qu'un vapeur était dans une situation qui lui paraissait critique, à hauteur du projecteur (point de jonction avec le Clipon).

En raison de la violente tempête qui sévissait, ce sous-officier donna immédiatement l'ordre aux préposés Gournay et Declercq qui allaient partir en service de reconnaissance, de se rendre sur les lieux. Puis avec le personnel disponible de la brigade les préposés Swingedaux, Delar, Deldique, Schapman, Brunet et Keyser, ils se portèrent à leur tour rapidement vers l'endroit désigné, en emportant les engins de sauvetage à leur disposition, c'est-à-dire, un bâton plombé, une ligne et des cordages. Ils étaient accompagnés par les sieurs Baron et Wacquet.

Arrivés sur les lieux, à 8 h. 1/2, ils stationnèrent quelques instants sur le rivage afin de profiter du reflux et de se rapprocher le plus possible du navire en détresse. A ce moment M. Lanes, garde maritime arriva sur les lieux.

Vers 9 heures, les préposés Schapman et  Brunet furent renvoyés prendre leur repas dans le but de procéder plus tard à la relève des préposés Gournay et Declercq, exerçant un service de surveillance aux abords du lieu du sinistre.

Vers 9 h. 10, jugeant l'instant propice, le brigadier Boullenger prit toute disposition utile et, avec les préposés Swingedaux, Delar, Deldique,et les sieurs Barras et Waquet, s'approchèrent à environ 50 mètres du navire, dans l'eau par moment jusqu'à la ceinture et en se tenant par ia corde qui devait servir pour le va-et-vient.

La mer démontée par un fort vent de N. O. faisait à ce moment courir un réel danger aux sauveteurs ; le brigadier Boullenger fut renversé et ne dut son salut qu'à la courageuse, intervention de M. Barras  Ayant un homme sur l'arrière du navire qui faisait des appels, ils lui firent signe de se diriger sur l'avant, celui-ci plus rapproché et plus facile de ce fait à atteindre avec l'engin dont ils disposaient.

Le bâton plombé fut lancé par le préposé Swingedaux à deux reprises différentes mais sans résultat, la ligne étant trop courte. Devant leur insuccès et sur leurs signaux, le capitaine du bord fit lancer une bouée de sauvetage sur laquelle le sieur Waquet réussit à attacher la ligne ; quelques instants après le va-et-vient était établi.

La première personne sauvée fut une femme, les huit hommes d'équipage gagnèrent ensuite la terre ferme. Tous reçurent chez le sieur Abraham, cabaretier au projecteur, les soins que nécessitait leur état. Une pièce avait été chauffée à leur intention et il leur fut servi des boissons chaudes.

Réconfortés, ces naufragés furent conduits au consulat de Suède à Dunkerque par les soins de M. Lanes, garde maritime.

Le vapeur de nationalité danoise, se nomme ERIKA, capitaine Starck. Il venait d'Elsborg à destination de Dunkerque. Son chargement consiste en 500 tonnes de blé de semence et 20 tonnes de diverses. L'échouement s'est produit vers 5 heures du matin par suite d'une avarie de machine et du mauvais temps.

Les sauveteurs ont fait preuve, dans cette circonstance, d'un louable empressement et d'un courage digne d'éloges.

Le navire échoué se trouve à environ 1500 mètres du rivage et à 4 kilomètres du poste de Fort- Mardyck.

D'après les renseignements recueillis il ne sera pas possible de procéder au renflouement.

Le Lieutenant des Douanes, ROBIN.

 

 

 

Source :

BNF Gallica  Annales du sauvetage maritime