3 novembre 1919

-Sauvetage de la goélette UNION-

1 personne sauvée

 

 

 

 

 

Patron du canot

Vanhille

Armement de l'AMICIA

Armement du remorqueur FRANCE

 

 

Dunkerque

 

Gros mauvais temps à grains d'E-N-E mer grosse. Vers 9 heures, je reçus des ordres de la Direction du port d'armer le canot de sauvetage et de me porter au secours d'une goélette coulée aux accores de terre de l'Hills-Banck, dans le N-O du sémaphore de Zuydcoote.

La goélette UNION portait un chargement de phosphate et jaugeait 10 tonnes. Elle faisait route dimanche matin de Gand sur Saint-Brieuc, lorsque sans doute trompée par le balisage et poussée par l'ouragan, elle s'échoua sur un banc situé à deux milles environ au N-O de Zuydcoote.

La mer était tellement houleuse que l'infortuné navire ne tarda pas à sombrer.

Bientôt les lames inexorables enlevèrent le capitaine et deux matelots puis les engloutirent à jamais

Les deux hommes dont l'un, le jeune mousse qui restaient encore, réussirent à grimper dans la mâture et à faire des signaux de détresse mais le pauvre mousse, réduit au dernier souffle lâcha prise et coula aussitôt à plc.

Son compagnon d'infortune, plus heureux que lui faisait des signaux de détresse.

Le canot AMICIA lancé alla aussitôt rejoindre le remorqueur FRANCE qui était amarré au quai des Monitors et de là nous fîmes route à la remorque, à toute vitesse. Quand nous fûmes arrivés en dehors des jetées, nous reçûmes un paquet de mer qui emplit à moitié le canot et nous dûmes demander au remorqueur de réduire son allure..

Arrivé sur les lieux du sinistre vers 11 heures, je fis larguer la remorque et nous nous dirigeâmes avec les avirons sur le grand-mât de flèche où un homme était cramponné.

Arrivés à 10 mètres, nous reçûmes un paquet de mer qui jeta le canot sur bâbord et nous manquâmes l'opération. Nous fîmes appel de nouveau au remorqueur qui nous donna une remorque plus longue grâce à laquelle nous pûmes accoster le grand mât sans larguer la remorque et recueillir l'homme exténué.

Nous explorâmes encore les lieux du sinistre pour nous assurer qu'il ne restait plus personne à sauver

Les malheureuses victimes de ce dramatique naufrage sont le capitaine Sauvignon, les matelots Lefouest, Leroux, le novice Vaillant et le mousse Palvadeau.

N'ayant rien vu, nous fîmes route sur le port où nous arrivions à midi. J'ai remis le naufragé entre les mains du gendarme de la Marine de service sur le port, avec ordre de l'envoyer à l'hôpital.

 

 

 

Source :

Bnf Gallica Annales du sauvetage maritime

Bnf Gallica Presse Ouest Eclair 6 novembre 1919