6 juin 1934

Sauvetage de   TREFFERY

 

Equipage 

 

 

 

                                                                                                                                       

 

                 

 

 

Dunkerque


 

Le naufrage sur la plage de Dunkerque du vieux remorqueur TREFFRY chargé de tabac

C'est une aventure assez bizarre, mais en tout cas sans suites fâcheuses pour l'équipage, qui s'est terminée par l'échouement sur la plage de Dunkerque, dimanche soir, de ce vieux rafiot de remorqueur anglais, le TREFFRY

Le TREFFRY appartenait depuis le 2 mars 1933 à M. Henry-George Pounds, de Portsmouth, qui en avait fait l'acquisition au prix de la ferraille. L'équipage de la dernière traversée avait été recruté à Southampton, la semaine dernière, et trois marins chômeurs avaient été embauchés pour tenir les emplois de mécanicien, chauffeur et matelot de pont, pour une durée de neuf jours..

Le remorqueur partit à Anvers, y chargea ses 2.000 kilos de tabac et reprit la mer pour la Tamise, où des ordres devaient lui être donnés indiquant le point précis de embarquement — nocturne sans doute — de la marchandise.

On ne  sait comment, drossé par la tempête, le bateau se jeta à la côte où il finira sa carrière déjà longue de soixante-quatre années.

Le TREFFRY en effet, ne vaut pas la dépense que nécessiterait son renflouement. Il suffirait d'un coup de vent un peu violent pour le disloquer et en éparpiller les pièces sur la plage où les grappilleurs ramassent déjà tous les morceaux de bois apportés par la marée.
Et si un douanier ne montait pas la garde à bord du petit bâtiment, auquel on accède à pied sec au moment de la basse mer, le dépeçage de tout ce qui est plus ou moins transportable serait vite accompli.

Quant au tabac, il appartient certes à l'expéditeur ou à son destinataire — aucun papier de bord ne pouvant apporter de précision sur ce point — mais comme ni l'un ni l'autre ne se fera connaître pour réclamer une marchandise de contrebande détériorée par l'eau de mer, la douane française en prendra sans doute possession en vue de sa destruction.

La plaisante histoire d'une complice

Au moment où, dimanche soir, le TREFFRY venait de s'échouer, un homme, ancien colonial, voyant les marins en danger, se dévêtit sur la plage et se jeta à l'eau pour aller établir, au moyen d'une amarre, un va-et-vient, dont se servirent les naufragés.

Comme la mer montait, Mme H..., de Malo-les-Bains, qui suivait cette scène de sauvetage, crut bien faire en enlevant les vêtements laissés sur le sable et que l'eau allait recouvrir.

Il n'en fallut pas plus pour laisser supposer que des complices des contrebandiers attendaient le bateau sur la plage. Mme H... a été la première à rire d'une telle interprétation de sa présence sur la grève au moment de l'échouement.

 

Source

Le grand Echo du Nord de la France 8 juin 1934

 

 

 

 

 

 

 

Sources

Le grand Echo du Nord de la France du 8 février 1911

Sauvetage individuel...