9 octobre1930

Sauvetage du vapeur FOLDAMAH

 

Equipage sauvé

 

 

 

 

                                                                                                                                       

 

                 

 

 

 

Dunkerque

Il était 5 heures et demie, hier soir, lorsque l'équipage du bateau de pêche armateur Robert N° 662 eut l'attention attirée par les coups brefs et continuellement répétés d'une sirène. Un navire en danger réclamait du secours.

Le ROBERT avait quitté Dunkerque au début de l'après-midi, monté par quatre hommes : le patron, Lucien Blondel, et les marins Jules Blondel, Henri Blondel et Isaïe Leroy.

La mer était houleuse et le petit bateau qui était alors entre les bouées 6 et 7, avançait péniblement vers l'Ouest tout en péchant au chalut.

A l'appel de détresse, le patron Blondel ramena ses filets et fonça vers un vapeur anglais qui, à ce moment, la nuit commençant à s'étendre sur la mer, lançait des fusées. Le ROBERT, en abordant le steamer, faillit être écrasé sous la coque, brutalement soulevée par une lame ; son mât de chalut fut brisé et une partie de la superstructure fut arrachée dans la collision.

Le vapeur était le FOLDHAMA de Glasgow, jaugeant 580 tonneaux et se dirigeant vers Dunkerque avec un chargement de ciment. Le feu avait pris dans la machinerie d'où les mécaniciens et chauffeurs avaient dû fuir et l'hélice tournait à toute vitesse sans qu'on pût atteindre la machine pour l'arrêter. Les flammes sortaient de la cale et l'équipage avait essayé en vain de mettre à la mer le canot de babord, l'embarcation s'était brisée contre le flanc du bâtiment.

Le commandant invita le patron du bateau de pêche à sauver sans retard les hommes de son bord.

« Le bateau va sauter, dit-il, je reste avec un de mes officiers. »

Le ROBERT suivait péniblement le FOLDHAMA qui ponctuait sa course fantastique vers la mort. La houle était telle que les filins lancés du vapeur étaient, chaque fois rompus ou arrachés. A trois reprises, pourtant, les pêcheurs furent assez heureux pour recueillir sept des naufragés.

L'un d'eux, William Allen, avait la jambe gauche fracturée. Il put cependant être sauvé grâce à l'énergie et au dévouement d'un des marins du ROBERT Jules Blondel. Puis, sur l'ordre du commandant du steamer qui, à ce moment se trouvait déjà au Nord-Nord-Est de Dunkerque, le ROBERT s'éloigna de toute la vitesse de son moteur vers le port, abandonnant le FOLDHAMA emporté dans sa fuite irrésistible.

Un autre bateau de pêche, le VENGEUR s'était pourtant mis à la poursuite du vapeur sinistré, prêt à lui porter secours.

La Société dunkerquoise de remorquage fut peu après prévenue par le patron Blondel, le remorqueur TRAPU avait été sur-le-champ dépêché vers le FOLDHAMA

A 21 heures, on apprenait que le vapeur CAUDEBEC venant d'Anvers avait réussi à prendre le FOLDMAH en remorque et qu'il se dirigeait sur Dunkerque.

C’est le remorqueur TRAPU qui finalement ramènera le FOLDHAMA à Dunkerque et l’amarre au ponton du pilotage. Les pompiers mettent une auto-pompe en batterie et à minuit l’incendie est circonscrit. Le marin blessé est transporté à l’hôpital.

 

Source

Le grand Echo du Nord de la France  10 octob re 1930

 

 

 

 

 

 

 

 

Sources

Le grand Echo du Nord de la France du 8 février 1911

Patron  du Robert

Lucien Blondel

Armement du Robert

 Jules Blondel, Henri Blondel Isaïe Leroy