17 novembre 1928

Sauvetage du BONNE VEINE

Equipage sauvé

 

Dunkerque

Vers 2 heures du matin, le trois mâts BONNE VEINE de Boulogne se disait en perdition et réclamait en urgence l'assistance de remorqueurs . A la Société Dunkerquoise de remorquage et de Sauvetage, on répondit de façon affirmative et presque immédiatement des mesures sont prises pour que deux navires puissent se porter au secours du navire en perdition.

Les remorqueurs FRANCE, capitaine Neuquelman, et YSER, capitaine Verhulst furent désignés et malgré le temps mirent le cap sur le navire sinistré.

Rapport du capitaine Neuquelman

Je soussigné Neuquelman Emile capitaine du remorqueur FRANCE d’une force de 450HP armé au cabotage et monté par 8 hommes d’équipage, déclare ce qui suit : Le 17 novembre, vers 3 b. 15 du matin. me trouvant au bassin, près du musoir est de l’écluse Trystram, je reçus l'ordre de partir au secours du trois mâts BONNE VEINE qui se trouvait à 5 milles dans le nord de Calais, désemparé et fuyant la tempête de O.S.O .

Les démarches nécessaires pour passer immédiatement, avant été faites aussitôt par l'employé de service, je quittai le sas Trystram, accompagné du remorqueur YSER capitaine Verhulst. Nous fîmes route à l'ouest à toute vitesse. Arrivant à la bouée 6 , nous vîmes le trois mats BONNE VEINE qui, avant perdu ses deux ancres, était mouillé avec une ancre à jet et un fil d'acier à environ 800 mètres en dedans de cette bouée.

Ce navire qui dérivait vers la côte , n'allait pas tarder à s’échouer. J’ai offert nos services au capitaine du trois mats, lesquels furent acceptés aussitôt. L’on me fit passer une forte aussière à tribord arrière que je fixai à mon croc de remorque, tandis que le remorqueur YSER s’attelait à l’avant. Nous parvînmes à remettre le BONNE VEINE dans la passe au bout de quelques temps d’efforts. Puis nous fîmes route vers le port où nous arrivâmes vers 8H30.

Tel est mon rapport, déclaré sincère et véritable, me réservant le droit de l’amplifier si besoin est.

Le BONNE VEINE s’amarra au port au quai de la Fuite. Ce navire venant du Havre faisait route vers Saint-Laurent-du Maroni. Construit à la Seyne, son armateur est M Marcel Potel de Paris. Trois-mâts acier de 83,93 m par 12,34. Profondeur 6,87 m 2617 tonnes brutes 1905 net.

Source

Le Nord Maritime 18 novembre 1928