26 novembre 1898

 Assistance et sauvetage du TJALF

Huit personnes sauvées

 

 

 

 

 

 

Dunkerque

La tempête a causé jeudi un nouveau sinistre.

Le brick-goélette SCANDINAVE, allant de la Baltique à Nieuport avec un chargement de bois, s'est échoué en vue de Dunkerque.

Le brick-goélette est au plein sur  Hill Banck, banc de sable situé à l'est du port et bordant la passe de Zuydcoote. A marée basse, ce banc n'est recouvert que par trois pieds d'eau.

Ce navire avait été rencontré le matin, vers six heures, par le remorqueur COMMERCE, de la Société dunkerquoise de remorquage, qui lui avait offert ses services.

Le capitaine étranger les refusa, « ne voulant pas, dit-il, dépenser d'argent pour se rendre à Nieuport, son lieu de destination ».

Le COMMERCE s'éloigna, et peu après un pilote de Dunkerque, M. Noedts, embarqua à bord du brick-goélette. Vers 10 heures, le navire s'échouait, le vent ayant « refusé »

Le sémaphoriste ayant téléphoné l'accident, plusieurs remorqueurs sortirent aussitôt du port : le COMMERCE, le PROGRÈS, le DUNKERQUOIS et le FURET. 

La mer était mauvaise et la brume assez forte. Sur le COMMERCE, où nous étions embarqués, les paquets de mer glacés nous arrivaient par l'avant. La mer étant basse, les remorqueurs ne purent approcher du brick-goélette, qui était complètement couché sur bâbord.

A l'aide d'une longue vue, nous cherchons à déchiffrer le nom du navire placé, sur un tableau à l'arrière.

Est-ce Frial, Friclal ou Freiaf ? Impossible de le savoir. Notre remorqueur danse sur la crête des vagues et le brouillard nous gêne.

Nous voyons un canot lamaneur, le N° 3, petite coquille de noix, conduite par six vigoureux matelots qui accostent le navire échoué. Ce canot est conduit par Arsène Bossu, un vaillant canotier, qui, il y a trois jours, était second à bord du canot de sauvetage NOUVEAU DUNKERQUE, dont nous avons annoncé la périlleuse sortie.

Les matelots du brick sont cramponnés aux cordages, on les voit, ils sont huit qui refusent de descendre dans le canot lamaneur.

Ils espèrent probablement qu'à la marée montante leur navire flottera et qu'avec l'aide d'un remorqueur, ils pourront se tirer de cette dangereuse situation.

Il n'y a rien à faire pour les remorqueurs ; à trois, nous virons de bord ; un seul reste en observation ; c'est le PROGRÈS, de la Chambre de commerce, qui, cette nuit, tentera le sauvetage.

Puisse-t-il réussir !

Le COMMERCE, dont le pont est balayé par les vagues, regagne le port et que les oiseaux de mer, qui sentent la tempête, rasent la cime écumeuse des flots. 

Le brick goélette  se nomme exactement Tjalf, et appartient à la maison Fredricksen, de Sardefjord.

Ce navire, qui est commandé par le capitaine Thorsen, a pu être renfloué. Il a été conduit à Nieuport par le remorqueur le PROGRES. On ignore si le Tjalf a des avaries.


 

Le Grand Echo du Nord de la France

26 et 27 novembre 1898

 

 

Patron du canot lamaneur

Arsène Bossu

Armement du canot lamaneur N°3

Armement du Commerce

Armement du Progrès

Armement du Dunkerquois

Armement du Furet