23 août 1917

-Sauvetage du steamer anglais VOLODIA-

13 personnes sauvées
 

 

 

 

Commandant du chalutier 

Charles Fournier

Equipage du Grondin

Leberre et l'armement du chalutier

 

 

 

 

Lorient,

Ce matin, le chalutier à vapeur GRONDIN  capitaine Fournier, rentre au port avec une partie de l'équipage d'un grand steamer anglais, le VOLODIA  coulé au large de nos côtes. .

Le capitaine Fournier, qui vient de remplacer le capitaine Pené, malade, à bord du déjà célèbre GRONDIN mérite les plus vifs éloges pour l'action méritoire qu'il vient de remplir. Par une mer démontée, alors que son bateau était à la cape et subissait les furieux assauts de la tempête, le second du bord, le matelot Leberre, signalait au loin une barque semblant désemparée. N'écoutant que son courage, le capitaine Fournier, bravant les vagues qui, à chaque instant menaçaient d'engloutir son bateau, fit route sur l'embarcation signalée et parvenait, après bien des efforts, à embarquer les naufragés au nombre de 13.

Détail horrible. : sur les 17 hommes qui restaient des 63 hommes de l'équipage sinistré, les autres, montés dans trois autres barques légères, canadiens et chinois pour la plupart, 13 seulement purent être sauvés.

Alors qu'il allait de Montréal à Londres, le VOLODIA avait été torpillé le 21 août précédent par le sous-marin allemand U-93 à 285 milles dans l’W. ¼ S. de l’île d’Ouessant, par 46° 30’N et 11° 30’ W

Ces malheureux restèrent entre ciel et terre durant 3 jours sans manger pendant lesquels ils virent disparaître tour à tour 4 des leurs dont le second officier. Le premier jour, c'est d'abord deux hommes blessés par une explosion qui, en mer, meurent et sont abandonnés, puis, avec la tempête, c'est la barque qui chavire avec ses quinze survivants. Le second officier et un homme disparaissent alors que treize des rescapés se cramponnent à l'épave et parviennent à remettre l'embarcation à flot ; puis après trois jours d'angoisse, ils sont enfin aperçus par le GRONDIN.

Il était temps, car quelques heures de plus et le mousse du bord allait mourir d'épuisement et de misère. Grâce à la pharmacie du bord et surtout aux soins empressés de l'équipage dont l'éloge n'est plus à faire, ce brave petit gars était rappelé à la vie et il est actuellement tout à fait hors de danger. Les naufragés ont reçu au 3e dépôt tous les soins que exigeait leur état. M. Joubert, consul d'Angleterre à Hennebont (56) s'occupe dès maintenant de leur rapatriement, qui vraisemblablement sera chose faite dès avant ce soir.

Dès l'arrivée au port du GRONDIN, M. l'amiral Pavereau, préfet maritime, commandant en chef, s'est empressé d'adresser, à l'héroïque équipage du GRONDIN  ses plus chaleureuses félicitations, en attendant celles du gouvernement. 
 

 

 

 

 

 

 

Source :

Bnf Gallica Journal officiel  du 14 octobre 1917

Le Progrès du Morbihan, n° 35, Samedi 1er septembre 1917

https://forum.pages14-18.com/

 

 FOURNIER Charles, né le 23 juillet 1872 à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) 

Il est inscrit au quartier de Gravelines, f° 580, n° 1.160 ; classe 1892, n° 1.823 au recrutement de Dunkerque.
 

Le U93 à la mer . Il disparaîtra avec  son équipage de 43 hommes vers le 15 Janvier 1918