4 septembre 1913

-Naufrage du  NOTRE DAME DE FRANCE-

4 personnes sauvées - un noyé

 

 

 

 

Patron du remorqueur

 

Armement de l'Europe

 

 

 

 

 

 

 

 

Dunkerque :

Le vapeur danois SVEND a abordé en rade et coulé le voilier français NOTRE DAME DE FRANCE, dans les circonstances suivantes :

Jeudi matin, à 1 heure 55, le sloop français NOTRE DAME DE FRANCE, capitaine Legoascon, effectuait sa sortie pour se rendre à Brest, avec une cargaison de phosphate, lorsqu'à environ un millier de mètres dans le N-E du port, il fut abordé par le steamer danois SVEND, capitaine Smith qui, arrivant de Saint-Pétersbourg, avec un chargement de bois, évoluait pour effectuer son entrée au port.

Le choc fut très violent et le petit voilier, presque coupé en deux, coula aussitôt.

Le remorqueur EUROPE de la Société dunkerquoise de remorquage et de sauvetage, qui se trouvait dans ces parages, se porta à grande vitesse au secours de la NOTRE DAME DE FRANCE, et recueillit le capitaine Legoascon et trois hommes mais le novice Ange Guelton*, âgé de 17 ans, qui se trouvait dans le poste, coula avec le petit bâtiment.

* Le corps d'Ange Guelton sera découvert le 11 septembre par des douaniers sur la plage de Saint-Pol-sur-Mer

Le sloop NOTRE DAME DE FRANCE qui jaugeait 66 tonneaux, avait été construit en 1900 aux Sables-d'Olonne et appartenait au Comptoir des Salines, à Bayonne. Il était arrivé le 24 août, avec un chargement d'orge et avait aussitôt chargé en phosphate.

Les survivants  ont été entendus par l'administrateur de la marine.

Le capitaine Legoascon, les matelots Pierre et Antonin Frioux et le mousse Raymond Madec, ont déclaré qu'ils avaient quitté le port à 1 heure, remorqués jusqu'à l'entrée des jetées par le remorqueur PREMIER. Ils firent ensuite route, cap à l'ouest, lorsque quelques minutes plus tard, l'équipage vit arriver sur lui un vapeur qui portait un feu rouge et un feu blanc en tête de mât. Les hommes soufflèrent dans les cornes de brume et sonnèrent la cloche pour signaler leur présence, mais le vapeur, qui n'était autre que le SVEND continua sa route et vint aborder le navire à tribord arrière, à hauteur des haubans.

Le NOTRE DAME DE FRANCE ouvert jusqu'au milieu, donna aussitôt de la bande et commença à couler. Le capitaine chercha à sauver les papiers du bord, mais sa cabine était déjà envahie par l'eau.

Comme le navire était complètement couché sur le côté, les hommes durent s'accrocher au bordage. Le capitaine Legoascon demanda du secours au vapeur abordeur, mais  le capitaine déclara qu'il était impossible de mettre les canots à la mer. Il fit le tour de petit voilier français et coupa, sans la voir  une remorque qui maintenait le canot du bord, à la traîne.

En voyant leur embarcation partir à la dérive, les naufragés se crurent perdus. Fort heureusement arriva à toute vitesse l'équipage du remorqueur EUROPE, qui avait entendu les appels de détresse des naufragés.

Le capitaine Lemaire, qui commande ce remorqueur, manœuvra. pour approcher tout près du navire en perdition, mais cette opération en raison de la grosse mer et de l'obscurité, était très dangereuse, néanmoins, voyant le navire s'enfoncer de plus en plus et n ayant pas le temps de mettre un canot à la mer, le capitaine du remorqueur, comme il le dit dans son rapport de mer, fit amarrer sur ses lignes toutes les bouées de sauvetage disponibles, puis dirigeant l'étrave de son remorqueur vers le sloop en perdition, il tenta de l'aborder au risque de couler, lui-même pour sauver l'équipage, mais au moment précis où il allait l'atteindre, le navire coula à pic à moins d'un mètre du remorqueur.

Il mit alors machine en arrière à toute vitesse, puis revint et fit jeter à la mer toutes ses bouées de sauvetage en les tenant à son bord avec des filins. Les quatre  naufragés purent ainsi, après bien des efforts, être recueillis au moment, où ils allaient disparaître, mais le cinquième, un novice, ne put être retrouvé, malgré toutes les recherches du vaillant équipage du remorqueur.

Les naufragés, qui avaient tout perdu dans ce sinistre, ont été ramenés à terre où ils ont reçu des effets. On les a logés provisoirement à la Maison du Marin.

L'équipage du voilier NOTRE DAME DE FRANCE avait été formé, il y a un mois, au Croisic. Le novice qui a trouvé la mort dans ce naufrage était âgé de 17 ans et demi et le soutien d une veuve.

 


Source :

BNF Gallica Presse Grand Echo du Nord de la France 6 septembre 1913

 

 

Remorqueur Dunkerque

Remorqueur Europe