10 novembre 1912.

-Sauvetage de la JEUNE MARGUERITE-

8 personnes sauvées

 

 

 

Patron du canot

François Jules Leprêtre

Sous Patron

Alfred Brunet

Armement de la Sainte-Sophie

Jean Francois Jean baptiste Agez - Emile Henri Joseph Brunet -

Jean Baptiste Creton - Julien Athanase Dollet -

Pierre François Dollet  - Charles auguste Dubuis -

Narcisse Firmin Adolphe Dufour - Pierre Auguste Fournier -

Joseph Eugène Lemaire - Charles Joseph Auguste Leprêtre

 

 

Gravelines

Dans la nuit du 10 au 11 novembre 1912, la JEUNE MARGUERITE N°467 patron Demazières,  amarré au bout de la jetée ouest a rompu son câble et, comme le vent était de O-N-O, n'a pu s'élever de terre et est venu s'échouer à l'est de la jetée. Le temps étant très mauvais, j'ai donné l'alarme et fait armer le canot de sauvetage SAINTE SOPHIE

La nuit très noire et la marée basse rendirent le lancement difficile, la violence du courant de flot paralysait nos efforts, mais un vapeur qui prenait la mer nous donna la remorque jusqu'à la sortie des jetées.

Au moment où nous les franchissions, les signaux de détresse par torches que faisait le bateau naufragé cessèrent malheureusement tout à coup et nous mîmes le cap trop à l'Est.

Lorsqu'à la lueur des phares nous reconnûmes notre erreur, il nous fallut, tant la mer était furieuse, deux heures de nage pour faire les 100 mètres qui nous séparaient de ceux que nous allions sauver.

Nous perdîmes trois avirons et des gaffes. Nous étions constamment rejetés vers la côte.

Nous avons pu nous haler et accoster enfin à l'aide d'un bout filé par le bateau dont les huit hommes se sont immédiatement jetés dans notre canot.

Le capitaine et deux hommes manquaient, nous les avons vainement appelés pendant vingt minutes. Puis comme nous ne recevions pas de réponse et que le bateau n'était plus tenable et la SAINTE SOPHIE se démolissant sur le bateau naufragé, comme nous étions tous épuisés nous avons fait côte et débarqué, je ne dirai pas sains et saufs,car un de nous avait un doigt écrasé et le sous-patron Brunet projeté par un paquet de mer sur le bordage était légèrement contusionné ; ils ont dû s'aliter. Moi-même, tombé à l'eau au moment du lancement, je souffrais d'être resté trois heures complètement mouillé.

 

Le Grand Echo du Nord de la France donne une autre version des faits

Un beau sauvetage à Gravelines

Dans l'après-midi de dimanche dernier, le bateau de pêche n* 467 du port de Gravelines. patron Demazières, armateur Talleux-Gaffet, était sorti pour la pêche au hareng- Mais une tempête s'étant déchaînée, le patron résolut de regagner le port de Gravelines, ce qu’il fit, mais la force du vent était telle que le bateau se mit à la côte. Dans la nuit, la mer était si furieuse que l’équipage dut faire les signaux ci détresse.

Aussitôt le canot de sauvetage de la station de Grand-Fort-Philippe (patron Leprêtre et sous-patron Brunet) sortit du port et, malgré des difficultés sans nombre, parvint près du bateau échoué et réussit à sauver l'équipage.

Comme accident on n'a à signaler que le sous-patron du canot de sauvetage Alfred Brunet, déjà décoré de la Légion d'honneur, qui est tombé sur le bord du canot et s'est blessé à la poitrine. Cette blessure nécessitera un long repos. Le bateau échoué est complètement démoli et il n'en reste plus aucune trace.

NDLR Dans cet article on ne parle pas de la disparition du patron et le bâteau est à la côte et non pas amarré au bout de la jetée.

 

 

Source

 

BNF Gallica Annales de la Société Centrale de sauvetage des naufragés.

Le Grand Echo du Nord de la France  du 15 novembre 1912

 

LA SCSN décerne

prix Baron de Joest  et  Jean Dufour

au canot  de Gravelines

 

Médaille d'Or Vice-Amiral de Jonquières

 François Jules Leprêtre