1er octobre 1907

*Naufrage et sauvetage du BOULONNAIS ex  ARMINE*

2 personnes sauvées, 8 victimes

 

 

 

                                                                                                                                                             

 

 

 

 

 

 

 

 

En mer au large de Vintimille

 

Le remorqueur le BOULONNAIS, qui venait d' être vendu dernièrement à la maison Olivari de Gênes a coulé à six milles du large de Vintimille à la suite d'une voie d'eau qui s'est déclarée dans la coque pendant la tempête.

On ignore encore comment ce nouvel accident s'est produit, mais étant donné qu'une violente tempête a été signalée dans la Méditerranée, on suppose que c'est par suite du mauvais temps.

La dépêche dit qu'une partie de l'équipage se trouve à bord du navire CAROLINA

Le  BOULONNAIS qui appartenait jadis à la maison Roosyck, et qui se nommait alors ARMINE, passa ensuite à la Société dunkerquoise de remorquage qui le vendit, il y a 18 mois, à MM. Jules Merlen, directeur d' assurances et à E. Colin, constructeur.

Sous le nom de BOULONNAIS, ce remorqueur fut employé à Boulogne, puis désarmé, il avait été récemment vendu à la maison Olivari.

C'est en se rendant à Gènes que ce remorqueur s'est perdu. Il avait quitté Dunkerque, il y a trois semaines et en partant, il avait conduit au Havre le steamer ILE DE LA REUNION qui avait été lancé à Dunkerque, quelques jours avant et qui allait recevoir ses chaudières.

Le « Boulonnais » avait été construit en 1883 à Plymouth. Il était commandé par le capitaine au cabotage Emile Blondel, âgé de 34 ans avec Henri Louis Dufay comme chef mécanicien.

Sur dix hommes qui formaient l'équipage du remorqueur, deux seulement, Pierre Bezard et Jean Casanova, furent recueillis par le brigantin CAROLINA qui les a débarqués à Porto-Maurizio.

Le témoignage de Pierre Bezard

Le marin Pierre Bezard, de Saint-Malo, un des deux survivants du naufrage du remorqueur BOULONNAIS  est arrivé à Dunkerque et a été conduit à l'hôpital. Le malheureux est, en effet, fort abattu et il a besoin de quelques jours de repos pour se remettre.

Bezard, que nous avons vu à l'hôpital, nous a déclaré que le 1er octobre, à 8 heures du matin, alors que le navire se trouvait au large de Vintimille, à quelques heures de Gênes, où il se rendait, une forte voie d'eau se déclara, la coque ayant été ébranlée par le mauvais temps. La machine ayant stoppé, la pompe du petit cheval qui suffisait pour vider l'eau, ne fonctionna plus ; le remorqueur s'emplit rapidement. Le capitaine fit monter ses hommes à bord de l'embarcation et descendit le dernier. Il resta à proximité du remorqueur jusqu'à sa disparition. Quand il voulut gagner la terre qu'il aurait pu atteindre en 1 heure à la rame, une violente tempête s'éleva, et l'embarcation chavira.

Trois matelots, Bezard, Casanova et Plovier, s'accrochèrent à la quille de l'embarcation. Le capitaine Blondel et le mécanicien Dufay s'étaient cramponnés à des avirons qui flottaient, et les autres s'éloignèrent à la nage du côté de la terre, mais les malheureux ne tardèrent pas à couler, ainsi que le capitaine qui, calme et résolu, donnait des ordres pour faire redresser le canot.

Plovier fut vaincu par la fatigue au bout de quelques heures ; quant à Bezard et à Casanova, ils furent recueillis par le brigantin « Carolina », à quatre heures de l'après-midi.

 

L'équipage se composait de 10 hommes. Voici la liste des victimes de ce sinistre :

 

Emile Blondel, âgé de 34 ans, capitaine au cabotage ; Henri Dufay, de Dunkerque, chef mécanicien; Aimé Plovier, de Dunkerque, matelot ; Gaston Vanosten, de Dunkerque, chauffeur ; François Le Guillon, de Dunkerque, mousse. Ce malheureux, qui était âgé de treize ans, était le beau-frère du mécanicien, et faisait son premier voyage. Une seule victime, n'est point dunkerquoise, c'est Jean-Lelias-Marie Tilly, matelot, d'origine bretonne

 

 

 

L'ARMINE avait sauvé

 

l'équipage du bateau de pêche 1346 le 7  décembre 1903

4 personnes sur le sloop EUGENIE le 24 janvier  1905

8 personnes dans le naufrage d'un canot pêcheur le 18 aout 1907

L'équipage du remorqueur LUCIENNE le 29 septembre 1905

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source

Le Grand Echo du Nord de la France du 5 au 8 octobre  1907

 

Armement du CAROLINA

Ce remorqueur n'est pas sauvé par des sauveteurs du dunkerquois. 
Toutefois il a participé à des sauvetages cités dans ces pages. 
A ce titre il est juste de leur rendre hommage

tout comme à l'équipage de l'ABEILLE qui coule moins 40 jours avant