21 février  1903

*Assistance au PÊCHEUR* N°920

 

 

                                                                                                                                                                         

 

Patron du remorqueur
Agneray

Armement de l'Abeille

Patron de remorqueur

Jonnequin

Armement du Dunkerquois

Armement du canot de sauvetage

 

Samedi matin, un vent assez violent s'est élevé de la partie sud-ouest et a augmenté progressivement d'intensité. Dans l'après-midi, il soufflait avec une extrême violence ; la mer était démontée et les vagues déferlaient avec rage par-dessus les jetées.

Dans l'après-midi, vers trois heures, on avait vu passer sur rade  en face du port port, filant à toute vitesse, un petit bateau de pêche qui n'avait que sa trinquette. Un peu plus tard, le bureau du port était avisé par le sémaphoriste que ce bateau, qui devait être engagé sur le banc des «Braques», avait mis son pavillon en berne et demandait du secours.

Quelques minutes plus tard, deux remorqueurs de la Société dunkerquoise, l'ABEILLE, capitaine Agneray, et le DUNKERQUOIS, capitaine Jonnequin, sortaient du port et, à toute vapeur, se dirigeaient vers le bateau en danger.

Vers cinq heures, le canot de sauvetage était armé et se dirigeait vers la haute mer lorsque le sémaphore de Zuydcoote signala à son collègue de Dunkerque que le remorqueur ABEILLE venait de passer près du bateau pêcheur et que ce dernier, qui était dégagé, filait vers l'est du côté d'Ostende.  L'administration du port fut aussitôt avisée et le canot de sauvetage, au lieu de sortir, s'amarra près de l'écluse Trystram.

Le remorqueur ABEILLE est rentré au port à 6H30. Le capitaine a déclaré que le bateau signalé échoué était le 920, de Dunkerque.

Contrairement à ce que le sémaphoriste avait téléphoné, ce bateau n'était pas en danger. Il avait manqué la passe par suite de la tempête et louvoyait.

Le capitaine de l' ABEILLE  lui a offert sa remorque, mais le patron Nechem a refusé en disant que son bateau se comportait bien.

Le remorqueur, qui a été constamment recouvert par les vagues, a beaucoup souffert. Le capitaine et ses hommes se sont vaillamment conduits et ont droit à des éloges.

 

 

Source

Grand Echo du Nord  de la France  du 23 février 1903