15 avril 1902

*Sauvetage des  goélette CHARMEUSE*

10  personnes

 

 

 

Commandant de la goélette

Vanhille

Armement de la Jeune Léonie

 

Mer d'Islande

Le capitaine Vanhille commandant la goélette dunkerquoise, JEUNE LEONIE, est en pêche au large de Myre Bank, par temps sombre et vent violent quand  il rencontre un navire, la goélette CHARMEUSE qui demandait du secours.

Malgré le mauvais temps, il manoeuvre pour se porter à son secours.

Dix hommes de ce navire montèrent dans leur canot du bord et parvinrent à embarquer à bord de la JEUNE LEONIE.

 

Malheureusement, ils n'eurent pas la présence d'esprit  de  prendre avec eux une aussière, de façon à établir un va-et-vient entre les deux navires et il fut impossible de retourner à bord de la CHARMEUSE, qui ne tarda pas à couler bas d'eau avec les neuf mousses qui restaient à bord du bateau.

Arrivé par le travers de la CHARMEUSE,  le capitaine Vanhille fit carguer les voiles de sa goélette. Mais au moment où il allait envoyer son canot, la CHARMEUSE pencha sur tribord et disparut engloutissant les neuf hommes qui restaient à bord.

Le capitaine fit borer le foc pour se dégager et resta en observation jusqu'au matin.

Ne voyant plus rien, il se dirigea vers les iles Féroès, la glace l'empéchant d'entrer dans les eaux islandaises. Il arriva à l'ile de Midvaag le 18 avril où les survivants furent débarqués.

 

Le récit du naufrage vu par un rescapé

Le 15 avril vers 9 heures et demie du soir, la CHARMEUSE se trouve prise dans les glaces. Bientôt le navire se trouve défoncé par tribord devant. On allume le fanal pour appeler du secours. Comme rien ne vient, on met le feu aux paillasses. Cette fois, le signal a été vu. On met le canot à la mer et les dix survivants dont nous avons cité les noms y prennent place. 
A ce moment, Charles Louis Daullé, père du mousse Louis Daullé, remet à son fils, dont il va se séparer; une boîte contenant quelques objets et chocolats et lui remet un biscuit en disant

Tiens, tu donneras ça à ta mère.

Le père et l'enfant se quittèrent pour ne plus se revoir. Le petit ne cessa dès lors  de supplier les matelots d'aller sauver son père.

Lorsque le canot de la CHARMEUSE après avoir manqué une première fois la goélette JEUNE LEONIE, y parvint enfin, il s'écrasa contre cette dernière. Chacun se cramponna comme il put pour embarquer. Avec l'aide d'Auguste Landy, le mousse put également se sauver.

L'équipage allait organiser le sauvetage des autres, mais on vit soudain la CHARMEUSE s'enfoncer dans les ondes entraînant les neuf malheureux qui y étaient restés. Le mousse a raconté qu'à Médoi, ville des îles Féroé, il trouva une hospitalité digne de tous éloges ; il y fut soigné, nourri, vêtu.  la brave femme qui le reçut ainsi lui donna son portrait et a demandé au mousse de lui envoyer le sien. Le mousse concluait

«Ces gens-là sont bons pour nous ;   ce sont des marins et ils savent ce que c'est que le métier». 

 

Liste de ceux qui ont disparu dans cette terrible catastrophe

 

Philippe Lemaire Gossart, capitaine ; Pierre Lefebvre, lieutenant ; Charles Louis Daulé, saleur ; Julien Leprêtre Désiré Coubel, Jules Lefebvre, Jules Paillart matelots.

 

Liste des survivants

 

Joseph Lemaire, second ; Charles Brunet, lieutenant; Gaston Stekelororn, tonnelier ; Charles Landiy, saIeur ; Henri Talleux, Joseph Leprétre; Jacques Carru, Edouard Tacquet, Eugène Agez, matelots ; Louis Daulé, mousse:

 

Sources

 

Le Grand Echo du Nord de la France du 3 mai 1902

Pêcheurs à Islande "du banc de prière au banc de misère" de Raymond Delahaye et Georges Dupas.