23 mars 1900

*Sauvetage du brick norvégien ENIGHEDEN*

8 hommes sauvés

 

Patron du canot : Jacques François Jannekeyn

 

Armement de l'Amicia: Jean Baptiste Decanter, Louis Dechesne

Albert Hedel,   Charles Jacob, Léon Lacae, Charles Lauwick,

Oscar Legrand, Léon Georges Loyer, Joseph Pieters, Rossebek,

Joseph Taylor
 

Patron du canot : J Hars

 

Sous-patron : Pierre Louis Hars

 

Armement du Marie Boutenneff : Jules Admond, Joseph Benard,

Joseph Blanquart, Charles Druelle, Joseph Evrard, François Fatou,

Louis Pierre Hars,  Henri Wils, Edmond Zelie

 

Autres participants au sauvetage : Benoit

 

Armement du SNOW

 

 

Dunkerque

 

Je soussigné, Jacques Jannekeyn, patron pilote, patron du canot de sauvetage, déclare qu'informé par M. Charles Collet, Président du Comité local, que l'équipage du brick norvégien naufragé ENIGHEDEN, ayant talonné sur les bancs du Snow, se trouvait à bord du feu flottant SNOW.

Suivant les ordres reçus, je fis armer le canot de sauvetage AMICIA et à neuf heures trente, je pris la mer sous remorque du remorqueur DUNKERQUOIS de la Société dunkerquoise de remorquage. Les vents étaient de la partie est-nord-est et la mer très houleuse.

La traversée qui dura environ une heure s'effectua dans de bonnes conditions et vers dix heures et demie, je me trouvai le long du feu flottant SNOW. II fallut prendre des précautions infinies pour accoster car la mer qui était démontée avec des lames très courtes, menaçait à chaque instant de briser le canot de sauvetage sur le feu flottant.

 

Tout le monde y mit la meilleure volonté et aussi bien l'équipage du SNOW que dirigeait le capitaine Benoît que le personnel du canot de sauvetage, chacun fit son devoir pour transborder, homme par homme, tout le personnel qui formait l'équipage du brick norvégien ENIGHEDEN composé de sept hommes et un mousse.

 

Lorsque cette opération, qui demanda une demi-heure, fut terminée, le capitaine Benoît me donna avis que deux naufragés avaient été recueillis le matin vers 2 heures par la corvette des pilotes N°2.

 

Je me fis remorquer aussitôt dans la direction de cette corvette et, arrivé le long du bord, je m'offris au patron Sourcroy de ramener à terre les deux naufragés qu'il avait recueillis le matin. Il me répondit que ces deux hommes n'étant pas dans l'état d'être transbordés, il était dans l'obligation de les conserver à bord de sa corvette. Les deux naufragés dont il s'agit appartenaient à l'équipage du trois-mâts norvégien TRITON qui a disparu (10 hommes noyés).

 

Je fis route pour le port vers midi et m’y trouvai de retour vers une heure. Le canot de sauvetage AMICIA, dont c'est la première sortie, se comporte très bien et a de très bonnes qualités. Malgré l'état de la mer qui était très agitée, il s'est toujours très bien tenu quoique nous ayons eu constamment la lame par le travers tant à l'aller qu'au retour.

 

Je crois en raison de cette expérience pouvoir sans crainte déclarer que l’AMICIA est appelé à rendre de grands services à l'humanité. Le remorqueur DUNKERQUOIS qui a conduit le canot de sauvetage a été bien manœuvré par le capitaine et l'équipage.

 

Fort-Mardyck

Je soussigné patron du canot de sauvetage de la station de Fort Mardyck, déclare que le 23 mars 1900 on vint me prévenir vers quatre heures quarante-cinq du soir qu'un navire démâté venait de faire côte à environ 5 kilomètres de la station à l'Est.

Je m'empressai de faire armer le canot et de chercher des chevaux pour nous remorquer. Vers cinq heures et demie, nous étions en route pour l'épave, et bien armés, nous conduisîmes les chevaux avec la plus grande vitesse possible. La brise était forte de N.E la mer très grosse, c'est-à-dire qu'il faisait dur à refouler et avec ça, le temps était fort brumeux.

Arrivés en face de l'épave, nous reconnûmes un navire n'ayant personne à bord. Nous nous sommes approchés le plus près possible et après avoir bien constaté que nous n'avions qu'une épave sur laquelle ne restait plus personne à sauver et que notre présence était inutile, nous sommes retournés mettre le canot à l'abri. Il était huit heures et demie quand nous sommes arrivés et dans la manœuvre tout le monde a fait son devoir.

Note : L'épave de l'Enigheden va s'échouer à l'ouest des jetées où elle est démolie par les vagues

 

Source

BNF Gallica Annales de la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés

La belle époque à Dunkerque tome 2 par Jean Denise

 

 

 

Durée de la sortie

3H30